La période des Royaumes combattants est aussi
une étape essentielle dans l'histoire de la pensée chinoise.
Dès la fin des Zhou occidentaux les traditions divinatoires sont
transcrites sous le titre de Mutations des Zhou (Zhou Yi) et les poèmes
de cour sont recueillis dans le Livre des Odes (Shi). Avec la montée
en puissance des principautés, les assistants du pouvoir noble s'attachent
à conserver les paroles solennelles des rois et leurs hauts faits
dans des Ecrits (Shu) et des Annales de royaume dont les premières
sont celles du royaume de Lu "Printemps et automnes" (Chun qiu).
Au VIème siècle, les transformations
de la société et du politique favorisent la constitution
d'écoles indépendantes dans le cadre des clientèles
de cour, celles-ci s'ouvrent à tous les domaines du savoir avec
un prédilection pour les questions sociales, morales et politiques.
Les plus grands courants de pensée de l'époque sont:
-
le Confucianisme, ou pensée de Confucius (Kongzi)
qui fut chef de file de l'Ecole des Lettrés et conseiller du royaume
de Lu au début du Vème siècle, il chercha dans une
période de déclin de la noblesse à définir
l'idéal de l'honnête homme. Ses disciples les plus célèbres
au IVème siècle sont Mencius (Mengzi), promoteur des
vertus de la morale en politique, et Xunzi, aux interprétations
plus sectaires en matière d'éducation et de contrainte sociale;
ainsi que Mozi, chef de fil de l'Ecole des Lettrés et fondateur
d'une véritable secte organisée développa une pensée
plus originale, fortement opposée à l'aristocratie et à
la recherche d'un idéal égalitaire et altruiste- le Légisme,
né de l'Ecole des légistes qui rassemblaient au IVème
et IIIème siècles, des théoriciens de l'Etat. Ses
plus grands représentants sont Shang Yang, réformateur
de l'Etat de Qin et l'écrivain Han Feizi. Les légistes
sont partisans d'une centralisation absolue et d'une uniformisation étatique;
ils proposent également leurs conseils en matière de politique
économiques et militaire.
-
le Taoïsme, formalisé à travers deux ouvrages,
le Dao De Jing attribué à Laozi, et le Zhuangzi,
le taoïsme est une pensée basée sur le paradoxe et qui
prône une morale du détachement.
A l'essor de la philosophie, s'ajoute les progrès
de la littérature, la prose atteint sa perfection, et dans le Sud
se développe, sous l'influence des traditions locales, une forme
poétique originale les Poèmes de Chu (Chu ci).
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