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 Commémoration  : cinquantième anniversaire de la RPC, le 1er octobre 1999
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CHINE : DERNIERES TRACTATIONS AVANT L'ENTREE A L'0MC (extraits de Nord Sud Export, 30 avril 1999)

Au terme d'un marathon de treize ans, la Chine est entrée dans la dernière ligne droite des discussions pour son adhésion à l'OMC.La reprise des pourparlers sino-américains à la fin du mois, et sino-européens, le mois prochain, devrait permettre de conclure les négociations à temps pour que la Chine (22% de la population mondiale) participe au "Round" de discussions commerciales de l'an 2000. Les pressions de Washington n'ont pas manqué de créer des tensions au sein même du microcosme politique chinois.Mais les États-Unis ont surtout fait de  l'ombre à l'OMC qui semble avoir été exclue des négociations sur l'adhésion de la Chine.

Les exigences de Washington n'ont pas perrnis aux discussions sino-américaines sur l'entrée de la Chine à l'Organisation Mondiale du Corrunerce (OMC) d'aboutir. Charlène Barshefsky, la représentante du commerce américain, a été intraitable sur la question des exportations chinoises vers les Etats-Unis, exigeant même le droit de maintenir des quotas sur les importations de produits textiles cinq ans après que ses partenaires de l'OMC les auront levés. Parrni les autres revendications des États-Unis nous retiendrons leur souhait d'exercer un contrôle sur les conditions d'exportation de produits manufacturés chinois, pour éviter toute pratique de dumping ; leur de mande d'ouverture du secteur financier aux établissements de prêts et aux sociétés de courtage étrangers, y compris sur le marché des valeurs chinoises ; enfin, l'ouverture aux banques étrangères du marché du crédit aux particuliers et notamment celui destiné à l'acquisition de voitures.

Ces exigences étaient d'autant plus délicates à faire passer que le système financier chinois est encore très fermé. Le secteur bancaire fait actuellement l'objet d'une profonde réforme. La politique de crédits à la consommation pour l'achat de véhicules est récente et très controversée. Immédiatement suspendue après son lancement en 1997, elle a repris en fin d'année dernière sans trop de conviction. En premier lieu parce que le développement du transport individuelfait peser de lourdes menaces sur l'avenir (en terme d'espace et de pollution). En second lieu parce que, faute d'avoir imposé la mise en gage du véhicule pendant la durée du crédit, les autorités, n'ont pas véritablement incité les constructeurs à se lancer dans la brèche. Quant au marché des  valeurs chinoises, créé en 1986, il ne fonctionne pour l'instant qu'en vase clos. L'État craint que son ouverture ne se traduise par une fuite massive de capitaux vers l'étranger.

En montrant qu'il pouvait dire non aux exigences américaines, le Premier rninistre, Zhu Rong-ji, a cloué le bec à ses détracteurs à Pékin, en leur prouvant qu'il n'était pas prêt à tout pour que la Chine puisse entrer à l'OMC. Depuis février dernier, début des négociations engagées avec les Etats Unis, des voix dans le Parti Communiste Chinois (PCC) s'étaient élevées sur le caractère prématuré de l'ouverwe totale d'une éconornie et d'un marché encore fragiles.

La volonté, affichée par Zhu, de mener à bien ces négociations avec Washington s'inscrit dans lasuite logique de sa carrière. Une  carrière qu'il a consacré à la réalisation des réformes initiées par Deng Xiao-ping en 1978. On retiendra de sa visite aux États-Unis quelques "petites phrases" : "la Chine et les Chinois peuvent désormais absorber le choc d'une compétition globale"; "une
compétition avec l'étranger peutfortifier l'économie nationale"; et "ce n'est qu'au contact d'une concurrence étrangère que la productivité de nos entreprises d'Etat pourra se développer". Si ce discours a de quoi séduire les industriels occidentaux, l'attitude de "fonceur" du Premier ministre chinois alimente les récriminations des mécontents dans son propre pays et tout d'abord celles des ministres directement concernés par des négociations, mais qui n'ont pas eu leur mot à dire.

La colère gronde de plus en plus ouvertement en se rapprochant dangereusement de Zhu. Li Lan-qing  (vice premier ministre et allié du tandem Jiang-Zhu dans l'Administration Li Peng) n'a pas du tout apprécié que le Premier ministre lui préfère madame Wu Yi, conseillère d'Etat, pour diriger les tractations avec les Etats Unis. Mais il fallait bien que Zhu fasse un geste envers celle qui incarna longtemps la politique du commerce extérieur chinois (1991-1997) avant de devoir céder son portefeuille à Shi Guang-shen. De son côté, Wu Ji-chuan, le ministre des industries de l'information, ne s'est pas privé de faire connaître son mécontentement de ne pas avoir été consulté sur les concessions faites dans le secteur des télécommunications.

La grogne s'installe également dans les provinces. Elles redoutent que l'ouverture du marché chinois aux produits étrangers fasse ombrage à leurs productions. A ceux que les concessions nécessaires à l'adhésion de la Chine à l'OMC mécontentent, s'ajoutent les adversaires de principe aux réformes engagées par Zhu depuis son intronisation au poste de Premier ministre, il y a un peu plus d'un an. Les militaires, sommés de cesser toutes activités commerciales (jusqu'à présent très rentables) au 31 décembre 1998, sont les premiers. Suivis de près par les dirigeants et les salariés des entreprises d'État. Endettées jusqu'au cou (et même au-delà pour certaines), improductives, paralysées par des sur-effectifs estimés à 20-30% de leur main-d'oeuvre, beaucoup de ces entreprises ont été déclarées faillite et placées en liquidation. D'autres sont en passe de l'être ; dans un cas comme dans l'autre provoquant des licenciements massifs. Les patrons de celles qui restent, inquiets pour leur avenir, ne sont certes pas des supporters du Premier ministre. Or, si la Chine ne réussit pas son entrée à l'OMC avant la fin de l'année, stpus ses opposants e feront un plaisir d'entraver la poursuite des réformes.

En dépit des apparences, "la guerre des chefs" n'est pas ouverte à Pékin. Il est un fait cependant que la presse chinoise a fait passer la visite de Zhu Rong-ji aux Etats Unis après celle de Li Peng, des réformes ancien Premier ministre et actuel président de l'Assemblée populaire, au Pakistan. Qui, lui-même était traité derrière les différentes allocutions du président Jiang Ze-min. Cette préséance médiatique a été interprétée, à tort, par la presse étrangère comme une volonté du régime de discréditer le Premier ministre. En réalité, elle ne reflétait que l'habitude prise par la presse chinoise de rapporter les évènements, non pas suivant l'importance des faits, mais selon le rang des personnalités qui participent à cette actualité. Il existe bien une rivalité de fait entre Li Peng, le numéro deux du régime, et Zhu Rongji, le numéro trois. Elle oppose au sein du PCC, le clan des conservateurs, représenté par le premier, à celui des réformateurs, incarné par le second. Un affaiblissement de la position du Premier ministre (et donc des seconds) permettraient aux premiers de reprendre le devant de la scène politique.

Celà dit, Zhu ne veut pas entrer dans les querelles partisanes du microcosme politique local.Ancien maire de Shanghaï, appellé à Pékin au début de la décennie pour remettre de l'ordre dans une économie menacée de surchauffe, Zhu a toujours affirmé qu'il ne s'engagerait pas dans des réformes d'ordre politique, mais qu'il se considérait avant tout comme un technocrate. A ses yeux
(et à ceux de Jiang), sa mission consiste à renforcer la position économique de la Chine en introduisant des réformes en profondeur. Et pour mener à bien cette tâche, Zhu n'a pas beaucoup de concurrents. L'entrée de la Chine à l'OMC lui permettrait de quitter la scène politique avec les honneurs. Dans le cas contraire, c'est sur ses amis réformateurs que les
retombées se feront sentir lors de la relève de l'ancienne garde.

Même si le climat entre Pékin et Washington s'est considérablement refroidi ces derniers temps -certains ont même été jusqu'à comparer la tournée américaine de Zhu à la traversée d'un "champ de mine" - le Premier ministre n'a jamais élé lâché par Jiang, au contraire. En réunissant pas moins de quatre fois le Bureau politique du Comité central quelques jours avant le départ de son bras droit, le président a voulu signifier qu'il resterait solidaire de son Premier ministre et que ce dernier ne partait "pas seul". Il fallait afficher cette solidarité sans ambiguité pour faire échec au lobby qui souhaiterait que Taiwan puisse intégrer l'OMC avant la Chine. Et les partisans de cette solution sont de plus en plus nombreux, à Washington comme à Genève, le siège de
l'organisation.

Paradoxalement, Jiang ne doit pas être si mécontent du report d'un accord sino-américain. Le président chinois veut assumer (seul ?) la responsabilité des échanges intemationaux. Il s'enorgueillit d'avoir su renforcer les relations avec les États-Unis, lors de la visite de Bill Clinton à Pékin en juin dernier. Dans les couloirs du palais, certains affirment que le président craint parfois que son Premier ministre lui fasse de l'ombre. Ce qui se présente comme un échec de la diplomatie sino-américaine s'avère être un "mal nécessaire" pour aboutir à la préservation du statu-quo diplomatique. Zhu a bien su rattraper la fin de sa visite. "Si nous avions signé  l'accord trop rapidement, les Américains auraient pensé que vous avez fait trop de concessions,  et les Chinois auraient également pensé quej'ai fait trop de concessions " déclarait-il au locataire de la Maison Blanche, avant que les deux hommes ne se mettent d'accord pour la reprise des négociations, à Pékin fin avril.

Comme le commentait la presse chinoise, la visite de Zhu aux Etats-Unis peut être considérée comme "une victoire à 99". Comme les Chinois excellent à le faire, la balle est désormais dans  le camp adverse. C'est désormais à Bill Clinton, Charlène Barshefsky et au patronat américain de convaincre les élus du Congrès de la nécessité d'un soutien des États-Unis à l'entrée de la  Chine à l'OMC d'ici la fin de l'année. A Pékin, les observateurs internationaux s'attendent à un dénouement décisif des négociations pour le mois de mai. Reste encore à finaliser les discussions avec l'Union Européenne. Les pourparlers avec Sir Brittan, le représentant de Bruxelles, sont prévus en mai également.

 Après un parcours du combattant de treize ans, l'année 1999 réunit les conditions pour voir aboutir ces négociations. Quoiqu'il arrive, la Chine a déjà assuré ses arrières en se préparant à jouer les martyrs si elle n'atteint pas l'objectif qu'elle s'est fixée d'intégrer l'OMC à temps pour participer au "Round de l'an 2000". Comme l'annonçait le China Economic Times du 13
avril, "si la Chine n'intègre pas lOrganisation mondiale du commerce, l'organisation se privera de 22% des consommateurs du globe. Dès lors, on ne pourra pas la considérer comme une organisation à caractère mondial. "

LE DUEL TAIPEH PEKIN 
Dans la foulée de la rétrocession de Hong Kong en juillet dernier, et celle de Macao en décembre prochain, toutes deux négociés par Deng Xiao ping, Jiang Ze-min a fait du retour deTaiwan dans le "giron de la mère patrie" l'un de ses objectifs prioritaires. Ce sera, pour le président, la trace qu'il entend laisser dans l'histoire. Or tout ce qui pourrait retarder la réalisation de cet objectif est
à combattre. Pour Pékin, le seul moyen de contraindre - car il n'y a manifestement pour l'instant à ses yeux aucun moyen de convaincre - les dirigeants de Taipeh, c'est d'isoler totalement l'île rebelle sur la scène internationale. L'adhésion deTaiwan à l'OMC avant la Chine serait un revers cuisant pour Jiang et encouragerait sans doute Taiwan à lui tenir tête un peu plus longtemps. 

La barque de Zhu Rong-ji tangue, mais continue à voguer de l'avant. Le dossier de l'OMC sera très certainement bouclé à temps.
A défaut, la tempête que la non-adhésion de la Chine soulèvera provoquera un raz de marée dont les États-Unis et l'Europe peuvent craindre le pire. Jiang n'en tirera probablement pas un avantage décisif sur Taiwan. Là aussi, la statu-quo risque de se prolonger. Ce qui, dans le fond, n'est pas pour déplaire à Pékin. Les dirigeants chinois ont suffisament de pain sur la planche avec la réforme des banques et des entreprises d'État. Et sur ce front, un fort coup de vent est à prévoir, dont les conséquences sur le plan intérieur chinois seront profondes. 



Le virus informatique ``Tchernobyl'' s'est montré virulent de la Turquie à la Chine (AP, 27/4/99)
Alors qu'on penserait que les choses se passeraient plutôt mieux qu'avec le virus ``Melissa'', le virus informatique ``Tchernobyl'' a finalement causé pas mal de dégâts lundi sur les réseaux informatiques du monde, notamment de la Turquie à la Chine. Découvert l'été dernier, ce virus originaire semble-t-il de Taïwan est pourtant bien connu. Un antivirus existe et plusieurs sociétés proposent gratuitement des outils de défense sur Internet contre ce virus qui est capable d'effacer un disque dur et d'empêcher l'ordinateur de se relancer, Il a été surnommé ``Tchernobyl'', ou CIH, car sa version la plus répandue a été programmée pour entrer en action le 26 avril sur les ordinateurs utilisant Windows 95 et 98, soit au jour du 13e anniversaire de la catastrophe nucléaire en Ukraine. Il existe également une version moins connue qui s'attaque aux ordinateurs tous les 26 du mois. En revanche, la Turquie et la Corée du Sud ont été parmi les pays les plus touchés avec chacun 300.000 ordinateurs mis hors d'usage. En Turquie, il a sévi à l'aéroport d'Izmir, à l'académie militaire d'Ankara, à la radio-télévision d'Etat, tout en perturbant des transactions bancaires, selon le quotidien ``Radikal''.  En Corée du Sud, le virus a paralysé près de 4% du parc informatique, a reconnu mardi le vice-ministre de l'Information et des Communications Ahn Byung-yop. Mais l'agence de presse Yonhap a cité des responsables industriels selon qui le virus a affecté près de 15% des ordinateurs et causé jusqu'à 250 millions de dollars de dégâts (1,5 milliard de FF/232 millions d'euros).  Des centaines d'ordinateurs sont également tombés en panne aux Emirats arabes unis, soit entre 5 et 10% du parc informatique, selon le quotidien ``Khaleej Times'' qui précise que le ministère du Travail et des Affaires sociales en a été victime.  En Inde, entreprises, banques et maisons d'édition ont dû fermer leurs portes lundi, selon le quotidien ``Indian Express''. Au moins 10.000 possesseurs d'ordinateurs ont signalé la présence du virus. Au Bangladesh voisin, 10.000 ordinateurs ont également été touchés, notamment à Dacca et Chittagong. ``C'est le pire désastre informatique du pays'', a estimé Ahmed Hassan, secrétaire général de la Société informatique. En Chine, les médias d'Etat ont rapporté mardi que ce sont au moins 7.600 ordinateurs qui ont été infectés par ``Tchernobyl''. Mais selon Liu Xu, directeur général de la société pékinoise Ruixin, No1 chinois de la lutte antivirus, ce sont en fait 100.000 ordinateurs qui ont été affectés.  Les Etats-Unis ont également été touchés: selon le Centre de secours informatique (CERT) de l'université Carnegie Mellon de
Pittsburgh, un ``grand nombre'' d'ordinateurs personnels sont tombés en panne lundi soir. Selon son porte-parole Bill Pollak, qui a refusé de préciser le nombre d'ordinateurs endommagés, le centre a reçu de nombreux e-mails d'appels à l'aide. Dan Schrader, directeur du marketing chez Trend Micro, qui développe des programmes anti-virus, a déclaré de son côté avoir été informé de 150 cas de défaillances. Seuls deux d'entre eux concernaient des entreprises. Une centaine d'ordinateurs appartenant à des étudiants de Princeton sont également tombés en panne, moins de deux semaines avant la date-limite imposée pour qu'ils rendent leurs travaux, selon des responsables de l'université.  ``Les ordinateurs ont été tellement touchés que le disque dur est devenu inutilisable'', a précisé le porte-parole de Princeton, Justin Harmon. Pour sa part, l'Europe occidentale n'a été que peu touchée. Mais on a quand même recensé 2.000 ordinateurs en berne en Norvège, selon le quotidien ``Aftenposten''. ``C'est la pire attaque d'un virus jamais recensée'', a même estimé Jan Kristensen, directeur de la société Norman ASA, No1 national de la lutte antivirus Paul Ducklin, directeur de recherche à Sophos, une société basée à Abingdon en Grande-Bretagne, a précisé qu'une vingtaine de sites informatiques avaient alerté ses services. Dans la moitié des cas, ``Tchernobyl'' avait causé des dégâts maximaux. 

Pékin inflige un nouveau camouflet à Washington en jugeant un dissident (AFP, 26/4/99)
Forte de son succès à l'ONU où elle a évité une condamnation devant la commission des droits de l'homme, la Chine a infligé un nouveau camouflet aux Etats-Unis en jugeant lundi un ancien cadre du régime, auteur d'un appel en faveur de réformes politiques. Prévu initialement le 6 avril, juste avant la visite du Premier ministre chinois Zhu Rongji aux Etats-Unis, le procès avait dans un premier temps été reporté sine die à la suite de pressions de Washington. Mais depuis le retour mercredi dernier à Pékin de M. Zhu sans le feu vert que la Chine attendait de Washington concernant son adhésion à l'organisation Mondiale du Commerce (OMC), la volonté de ménager les Etats-Unis paraît s'être largement évaporée. 
Agé de 44 ans, Fang Jue, ancien haut fonctionnaire gouvernemental à Fuzhou (sud-est), avait été arrêté en juillet dernier après avoir publié au début de 1998 un essai réclamant des réformes démocratiques en Chine. Son procès intervient également trois jours après le succès remporté devant la Commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève où la Chine a, comme prévu, réussi vendredi à torpiller un projet de résolution présenté par Washington pour le dixième anniversaire du massacre du Printemps de Pékin. Pékin a aussitôt crié victoire, relevant que Washington s'était retrouvé "complètement isolé" à Genève en s'efforçant de jouer son "mélodrame anti-chinois" devant la Commission des droits de l'homme. "Il s'agit d'une tentative d'ingérence dans les affaires intérieures chinoises sous prétexte de droits de l'homme" avait réaffirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Sun Yuxi, dans sa première réaction après l'échec du projet de résolution américain. Il avait également assuré que la Chine faisait "des efforts sans relâche pour promouvoir et améliorer la situation des droits de l'homme".

La Chine pourrait adhérer à l'OMC d'ici novembre (AFP, 26/4/99)
Le directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), Renato Ruggiero, a estimé que la Chine pourrait y adhérer avant le mois de novembre. Des "signes encourageants" ont été constatés lors d'une récente visite à Washington du Premier ministre chinois Zhu Rongji, a-t-il déclaré dans un entretien à l'International Herald Tribune. "Je pense que depuis la visite du Premier ministre chinois, il y a beaucoup de signes encourageants et je crois que la Chine pourrait intégrer l'OMC d'ici novembre, lorsque l'organisation entamera la prochaine série de négociations sur l'agriculture, les services et l'électronique", a précisé le directeur général.

Chine-Xinjiang : Pékin rejette le rapport d'Amnesty International sur le Xinjiang (AFP, 22/4/99)
La Chine a catégoriquement rejeté jeudi le rapport d'Amnesty International faisant état de violations "systématiques" des droits de l'homme au Xinjiang, région à majorité musulmane située dans l'ouest du pays.  "Certaines organisations aiment porter préjudice à la Chine, c'est pourquoi elles propagent ce type de rumeurs" a déclaré le porte parole du ministère chinois des affaires Sun Yuxi qui a rejeté les accusations portées par Amnesty comme étant "dénuées de tout fondement et séditieuses". Dans un rapport de 92 pages, l'organisation de défense des droits de l'homme avait dénoncé le recours à la torture, les exécutions sommaires et les détentions arbitraires d'opposants politiques dans cette région en proie à de fortes tensions entre la majorité ouïgoure, de confession musulmane, et les Hans (Chinois de souche) qui ne représentent que 38% de la population.    Le rapport avait également souligné que les autorités chinoises avaient ces derniers temps eu la main particulière lourde au Xinjiang en ce qui concerne les condamnations à mort et que la plupart des 200 exécutions répertoriées au Xinjiang depuis janvier 1997 concernaient des Ouïgours reconnus coupables "d'avoir mené des activités subversives ou terroristes" à l'issue de "procès injustes ou sommaires". M. Sun a démenti ces allégations, affirmant que le Xinjiang connaissait la "stabilité politique". "De ce fait, le problème des Ouïgours opprimés ou persécutés ne se pose pas" a-t-il ajouté. 

Jiang Zemin prône des mesures "énergiques" pour réformer le secteur public (AFP, 23/4/99)
   Le président chinois Jiang Zemin a appelé à prendre des mesures "énergiques" pour poursuivre la délicate réforme du secteur public qui se traduit par des millions de licenciements, a rapporté vendredi l'agence Chine nouvelle. M. Jiang "a appelé les responsables de l'administration à tous les niveaux à s'immerger parmi les masses, à faire leur propre analyse et à imaginer les mesures énergiques et appropriées permettant de promouvoir la réforme et le développement du secteur public", a indiqué l'agence officielle. Le président chinois, qui se trouvait jeudi à Chengdu (sud-ouest) pour un forum consacré à la réforme des entreprises d'Etat, a reconnu que le processus, engagé lors du dernier congrès du Parti communiste chinois (PCC) en septembre 1997, se heurtait à des "difficultés". "Nous devons faire des efforts supplémentaires pour résoudre les problèmes bien enracinés auxquels les entreprises d'Etat sont confrontées, et accroître leur vitalité", a-t-il déclaré. M. Jiang était resté relativement discret ces derniers mois sur la réforme des entreprises d'Etat, dont il avait semblé laisser la responsabilité --et l'impopularité-- à son Premier ministre Zhu Rongji. Dans un grand discours prononcé en décembre dernier pour le 20ème anniversaire du lancement des réformes économiques en Chine, le président n'avait ainsi pas eu un mot pour évoquer la réforme du secteur public.Cette restructuration, qui s'est déjà traduite par la mise à pied de 20 millions de salariés d'entreprises non-rentables, pourrait être suivie par au moins 10 millions de lienciements supplémentaires cette année, suivant les différentes estimations officielles. 

Le parti démocrate chinois invite les Chinois à se souvenir de Tiananmen (AFP, 22/4/99)
   Le parti démocrate chinois (PDC, interdit) a invité jeudi la population chinoise à se souvenir de la répression sanglante menée par l'armée contre les étudiants sur la place Tiananmen le 4 juin 1989. "Les Chinois doivent réfléchir sérieusement aux événements du 4 juin, promouvoir l'esprit du 4 juin et oeuvrer en vue de la réforme politique et de la démocratisation de la Chine",
relève le PDC dans une lettre ouverte dont une copie est parvenue à l'AFP.  La lettre est publiée 10 ans jour pour jour après le début du second "Printemps de Pékin" qui avait démarré par une manifestation monstre d'étudiants à Pékin à l'occasion des obsèques du dirigeant réformiste Hu Yaobang.Ce dernier avait lui-même été limogé de ses fonctions de secrétaire général du parti communiste chinois en 1987 pour avoir fait preuve de laxisme face aux manifestations étudiantes de l'hiver 86-87. Les funérailles de Hu avaient marqué le début de six semaines de manifestations pro-démocratiques qui s'étaient achevées dans un bain de sang lorsque l'armée avait ouvert le feu sur les étudiants durant la nuit du 3 au 4 juin 1989.  "Le sang des victimes n'a pas coulé en vain", note la lettre du PDC, signée notamment par le dissident pékinois Zha Jianguo.  "Nous continuerons, ajoute la lettre, à lutter pour la démocratie, la liberté et les droits de l'Homme. C'est la meilleure façon de commémorer le 4 juin". 

La Chine s'attend à un ralentissement de son économie au 2ème semestre (AFP, 20/4/99)
   La Chine a confirmé mardi qu'elle s'attendait à un ralentissement de sa croissance économique au deuxième semestre de cette année, après un premier trimestre inquiétant pour les exportations et l'investissement étranger."Nous devrions pouvoir maintenir un rythme de croissance de 8% au premier semestre, mais la croissance ralentira au deuxième semestre à mesure de l'achèvement des grands travaux d'infrastructures engagés l'an dernier", a déclaré Zheng Xinli, porte-parole de la Commission
d'Etat (ministère) au Plan et au Développement, au cours d'une conférence de presse. Le produit intérieur brut (PIB) chinois a augmenté de 8,3% au premier trimestre, largement au-dessus de l'objectif de 7% assigné par les autorités pour l'ensemble de l'année, contre 7,8% réalisé l'an dernier. Mais la semaine dernière, un autre responsable de la Commission, Wang Chunzheng, avait déclaré dans la presse officielle que la croissance se ralentirait sensiblement durant l'année pour tomber à 6% au deuxième semestre en rythme annuel. "La croissance du PIB pour les six premiers mois de 1999 sera d'environ 8%, puis de 6% au dernier semestre, ce qui permettra d'atteindre l'objectif de 7% en moyenne sur l'année", avait-il déclaré. Ces prévisions surviennent alors que la Chine a annoncé dans la matinée une baisse de 14,6% des entrées de capitaux étrangers au premier trimestre par rapport à la même période de 1998, à 7,34 milliards de dollars. Selon le Bureau national des statistiques (BNS), les contrats d'investissements étrangers futurs se sont cependant maintenus à 8,72 milliards de dollars, soit pratiquement le même
niveau qu'en 1998 à la même période. De source officielle, les entrées de capitaux étrangers ont stagné en 1998 (+0,7%) à 45,6
milliards de dollars, un chiffre mis en doute début mars par un économiste du ministère du Commerce extérieur et de la coopération économique. Cet expert avait évalué l'investissement étranger à 30 milliards de dollars en 1998 et prévu une baisse d'environ 30% cette année, à moins de 20 milliards de dollars. Les pays d'Asie, victimes d'une grave crise financière depuis juillet 1997, ont traditionnellement apporté à la Chine près des trois quarts de ses capitaux étrangers. La Chine est depuis le début de la décennie la deuxième destination mondiale de capitaux internationaux, après les Etats-Unis. La crise financière asiatique a également provoqué un net ralentissement des exportations chinoises, qui ont baissé de 7,9% au premier trimestre, alors que les importations progressaient de 11,6%. 

Zhu Rongji met en garde les Taïwanais (AP, 21/4/99)
Le Premier ministre chinois a affirmé mardi que la Chine n'avait pas rejeté la possibilité d'un recours à la force afin de récupérer l'île de Taïwan, un territoire qu'elle persiste à revendiquer. Zhu Rongji, qui en était à la dernière étape d'une visite de six villes canadiennes, était reçu mardi à Vancouver par l'establishment sino-canadien dans le cadre d'un dîner organisé en son honneur.  Il avait toutefois été précédemment accueilli froidement par environ 300 manifestants. Certains d'entre eux militaient pour la
libération du Tibet, mais la majorité réclamaient l'indépendance de Taïwan. Le Premier ministre chinois, qui a été confronté à des manifestations dans presque toutes les villes canadiennes, s'est empressé de référer à l'histoire pour ensuite livrer un sérieux avertissement. Il a ainsi rejeté la thèse, également soulevée lors de son récent voyage aux Etats-Unis, selon laquelle Taïwan n'a jamais fait partie de la Chine. 
``Je pense que ces gens ont trahi ou ont oublié leurs ancêtres'', a-t-il affirmé via un interprète, ajoutant que plusieurs empereurs
chinois ont tenté de reprendre ou de maintenir le contrôle de Taïwan. 
``C'est ce que j'ai appris dans les livres d'histoire à l'école et je ne l'oublierai jamais parce que je suis Chinois'', a-t-il déclaré devant un auditoire de quelque 1.000 personnes, lors de la réception en son honneur. 
``Nous avons toujours dit que nous ferons de notre mieux pour conclure une réunification pacifique, a-t-il lancé. Mais nous n'avons pas pris l'engagement de ne pas recourir à la force et je crois que le but de tout cela est de réaliser une réunification pacifique.'' 
Taiwan a servi de refuge au gouvernement nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek lorsqu'il a été défait par les communistes en
1949. Depuis, les deux gouvernements affirment représenter la Chine, mais le gouvernement de Chine continentale est
actuellement reconnu par la communauté internationale. L'arrêt de M. Zhu à Vancouver, qui comprenait entre autres un tour de bateau du havre pittoresque de la ville, symbolisait à la perfection le déroulement de l'ensemble du voyage: un accueil officiel chaleureux, mais un accueil parallèle nettement plus froid provoqué par l'omniprésence de manifestations au sujet des droits de la personne, du Tibet et de Taïwan. M. Zhu, serrant la main de sa femme Lao An, a par exemple été accueilli à sa sortie de l'avion, à Victoria, par environ 200 Sino-Canadiens brandissant des drapeaux et applaudissant. En revanche, à son arrivée au centre-ville de Vancouver, c'était une autre histoire: des manifestants l'ont bruyamment accueilli à son entrée au centre des congrès et du commerce de la ville, où il allait être reçu par le ministre fédéral des Pêches et Océans, David Anderson. 

 Visite de M. Weizman en Chine (AFP, 19/4/99)
 Le président israélien Ezer Weizman doit entamer une visite officielle en Chine  du 25 avril au 1 mai, a annoncé lundi la présidence de l'Etat à Jérusalem. M. Weizman et son épouse Rauma seront les hôtes à Pékin du président chinois Jiang Zemin
et se rendront également à Changaï et à Hong Kong, dont ils rencontreront le gouverneur.    M. Weizman sera accompagné d'une importante délégation économique, composée notamment de représentants de sociétés spécialisées dans les nouvelles technologies et l'agriculture. Ils s'entretiendront avec de hauts responsables économiques chinois et des accords de
coopération entre des sociétés israéliennes et chinoises seront signés.  Jérusalem et Pékin ont noué des relations diplomatiques en janvier 1992, et depuis leurs relations économiques et culturelles n'ont cessé de se renforcer. 

Pékin et Moscou dénoncent les projets américains de défense anti-missiles (AFP, 16/4/99)
   La Chine et la Russie ont dénoncé vendredi un projet américain de système de défense anti-missiles en Asie, mettant en garde contre les risques d'instabilité régionale et de reprise de la course aux armements, a rapporté l'agence Chine Nouvelle. 
   "Parce que les Etats-Unis ont annoncé leur intention de préparer le déploiement de systèmes anti-missiles, le traité anti-missiles balistiques (ABM) fait l'objet d'une menace grave, ce qui soulève une vive inquiétude de la Chine comme de la Russie", selon un communiqué de presse sino-russe diffusé par l'agence officielle chinoise. "La mise en place de ce projet serait une violation des obligations fondamentales du traité ABM, qui interdit la création de systèmes de défense anti-missiles à l'échelle d'un territoire ainsi que la préparation de tels systèmes", ajoute le communiqué. Pékin et Moscou mettent en garde contre les risques "d'instabilité régionale, voire mondiale" si les Etats-Unis poursuivent leur projet de déploiement d'un parapluie
anti-missile sur leur territoire. "Cela pourrait fournir une excuse à une reprise de la course aux armements", avertit le
communiqué, qui cherche à prendre à témoin la communauté internationale. La Chine, qui ne fait pas partie du traité ABM signé en 1972 par les Etats-Unis et l'URSS, soutient les efforts de la Russie visant à empêcher toute modification du pacte. Les deux
parties mettent implicitement en garde Washington contre l'inclusion du Japon ou de la Corée du Sud dans ce projet, "qui risque d'accroître la tension dans les points chauds de la région Asie-Pacifique".  La Chine redoute particulièrement l'inclusion éventuelle de Taiwan, qu'elle considère comme un province rebelle, dans les projets nippo-américains. La secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright a indiqué en janvier que les Etats-Unis souhaitaient modifier le traité ABM afin de pouvoir mener à bien leur projet de développement d'un système de défense anti-missiles de leur territoire. Le traité ABM limite les capacités des systèmes anti-missiles des pays signataires, afin d'éviter une course aux armements et la tentation pour le pays le moins bien protégé de mener une frappe nucléaire préventive. 

Entretiens des Premiers ministres chinois et canadien sur le commerce (AFP, 16/4/99)
Le Premier ministre chinois Zhu Rongji et son homologue canadien Jean Chrétien ont mis de côté leur différends sur les droits de l'Homme vendredi, concentrant leurs entretiens à Ottawa sur la coopération économique et la perspective d'une admission de la Chine au sein de l'OMC.M. Zhu a qualifié les discussions de "très franches, amicales et efficaces", au cours d'une conférence de presse conjointe. La rencontre s'est bien passée, "comme nous l'avions prévu", ont de leur côté indiqué des responsables canadiens. Les deux hommes ont exprimé l'espoir que Pékin intégrerait prochainement l'OMC, M. Zhu soulignant pour sa part que les négociations avec le Canada et d'autres pays avaient été plus faciles qu'avec les Etats-Unis. M. Chrétien a quant à lui estimé que la Chine avait fait assez de progrès pour être admise dès cette année au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). "La Chine a maintenant en partie franchi le seuil de l'OMC et je suis convaincu qu'elle sera membre de l'OMC cette année", a déclaré M. Chrétien. "Nous avons pu parvenir à un accord de principe sur le commerce des biens, dont l'agriculture, et nous sommes presque au but en ce qui concerne les services", a précisé M. Chrétien au sujet des négociations sur l'OMC avec le Canada. Les deux dirigeants ont par ailleurs assisté à la signature de trois accords bilatéraux dont l'un sur la lutte contre la criminalité, principalement dans le domaine du trafic de drogue, dans le secteur financier et la contrebande. Le deuxième accord concernait les modalités de l'exportation d'embryons bovins chinois et le troisième la protection de l'environnement notamment pour l'énergie, la gestion de l'eau, des forêts et dans les transports. Quelque 300 manifestants s'étaient assemblés non loin pendant les entretiens. MM. Zhu et Chrétien ont minimisé lors de leur conférence de presse conjointe les différends des deux pays concernant les droits de l'Homme. "Nous avons des désaccords sur ce qui s'est passé en Chine", a simplement déclaré M. Chrétien, qui a repoussé les questions des journalistes sur les droits de l'Homme. "J'ai admis que la Chine n'avait pas été parfaite en matière des droits de l'Homme", a pour sa part dit M. Zhu. A un journaliste qui comparait la situation au Tibet à celle du Kosovo, M. Chrétien a rétorqué: "Ils (la Chine) ont leurs propres lois. Ils ont des procès d'un type différent des nôtres. Mais au Kosovo ils ont le meurtre et le viol. Ce n'est pas la même chose". M. Zhu a affirmé de son côté que le dialogue était préférable à la confrontation, soulignant que seuls deux pays, le Canada et l'Australie, menaient actuellement un dialogue avec Pékin sur la question des droits de l'Homme. Affirmant que la Pékin s'efforçait d'améliorer la situation des droits de l'Homme, M. Zhu a lancé: "vous n'écoutez que les dissidents". Interrogé sur le fait de savoir si la situation au Kosovo avait été abordée lors des entretiens M. Zhu a répondu avec humeur que l'opposition de la Chine aux bombardements de l'OTAN était connue et qu'il n'allait pas l'évoquer à nouveau.

Ottawa et Pékin veulent renforcer leurs relations, malgré des désaccords (AFP, 13/4/99)
Malgré des désaccords notamment sur les droits de l'homme et le Kosovo, la Chine et le Canada vont essayer de renforcer leurs relations lors de la visite cette semaine du Premier ministre Zhu Rongji qui traversera tout le pays, de Terre-neuve à la Colombie britannique. Le dirigeant chinois, qui parle du Canada comme de sa "deuxième patrie" parce qu'il y est déjà venu deux fois, débutera sa visite mercredi à Terre-Neuve, au nord-est du continent glacé. ll se rendra ensuite à Ottawa et à Toronto pour des entretiens politiques et des rencontres avec des hommes d'affaires. Puis, il s'adonnera aux joies du tourisme au parc national de Baff (Alberta) et dans la capitale de la Colombie-Britannique, Victoria. L'étape finale de sa visite sera Vancouver, où il rencontrera notamment des représentants de la communauté canadienne d'origine chinoise. A Ottawa, M. Zhu, 71 ans, aura des entretiens avec le Premier ministre Jean Chrétien consacrés à la situation au Kosovo et l'opération de l'OTAN, à laquelle le Canada est partie prenante, et aux réformes économiques et politiques en Chine, selon des responsables canadiens. Plusieurs contrats devraient également être signés à l'occasion de cette visite, dont un entre la société d'assurances Sun Life Assurance pour un projet de société conjointe. M. Chrétien doit aussi aborder en privé la question des droits de l'Homme en Chine, ont assuré des responsables canadiens. Mais il devrait toutefois être plutôt discret en public sur cette question. Depuis 1970 et l'établissement de relations diplomatiques avec la Chine contre l'avis des Etats-Unis à l'époque, Ottawa s'est efforcé de bâtir une politique étrangère indépendante vis-à-vis de la Chine. "Le Canada estime que seuls des relations systématiques et de grande portée favoriseront une plus grande ouverture et une plus grande liberté en Chine, tout en faisant avancer les intérêts canadiens dans ce pays", peut-on ainsi lire dans un document rédigé par le gouvernement canadien sur les relations bilatérales. "Le Canada a pris l'engagement d'aider la Chine à developper des politiques et des institutions qui favorisent le développement durable en tenant compte des liens entre croissance économique, développement social et protection de l'environnement", poursuit le texte. De telles vues ne sont pas forcément partagées par Washington, des groupes de défense des droits de l'Homme ou de l'environnement qui continuent de se plaindre des violations des droits de l'Homme, de l'occupation du Tibet et de projets douteux
sur le plan écologique, tel que le barrage des Trois Gorges. Mais, rappellent des responsables canadiens, plus de 350 entreprises opèrent aujourd'hui en Chine, le pays le plus peuplé du monde avec un taux de croissance économique de 9% et où vont un tiers des investissements mondiaux dans les pays en développement.

Echec des efforts sino-américains sur une accession de la Chine à l'OMC (AFP, 9/4/99)) - Les Etats-Unis et la Chine ont échoué jeudi à boucler un accord complet sur les conditions d'accession de Pékin à l'Organisation Mondiale du Commerce en raison, selon le Premier ministre chinois Zhu Rongji, d'un climat politique américain néfaste.
Le président Bill Clinton a cependant qualifié "d'importants" les progrès accomplis dans les négociations sino-américaines à ce
sujet, et a souligné lors d'une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche que les deux pays s'engageaient "à travailler à résoudre toutes les questions en suspens cette année". Il a nouvelle une fois plaidé vigoureusement en faveur d'une accession de la Chine l'OMC en faisant valoir que l'ouverture du marché chinois qui en résultera est dans le plus grand intérêt des Etats-Unis. "Le problème n'est pas l'écart (entre Pékin et Washington dans les négociations), même si les Etats-Unis pensent que cet écart est significatif, mais un problème de climat politique", a dit M. Zhu. Il se référait au sentiment anti-chinois au Congrès. La question des droits de l'homme en Chine, l'explosion du déficit commercial américain avec ce pays (plus de 40 milliards de dollars) et la récente affaire d'espionnage, ont fortement accru l'hostilité des élus américains à l'égard de Pékin.
Mercredi, Trent Lott, le puissant chef de file de la majorité répulicaine du Sénat, avait déclaré qu'il "serait mauvais" de conclure un accord avec la Chine sur l'OMC car "il y a des preuves irréfutables que Pékin a volé des secrets nucléaires à l'Amérique et
détourné des technologies sensibles à des fins militaires". Concernant les négociations sur l'accession de la Chine à l'OMC, M. Zhu a affirmé que Pékin "avait déjà fait beaucoup de concessions". Il a cité par exemple la levée de l'interdiction chinoise d'importer du blé américain de régions touchées par le parasite dit TCK. Dans une déclaration conjointe sino-américaine, il est indiqué que la Chine et les Etats-Unis sont parvenus à des accords sur l'accès au marché chinois pour des produits agricoles (blé, agrumes et viandes notamment) et industriels américains ainsi que pour un large éventail de services.
Mais, souligne le texte, "des questions restent à régler dans le secteur bancaire y compris les crédits automobile, le courtage
financier et les services audiovisuels". M. Clinton a de son côté confirmé la signature de plusieurs accords sectoriels dont le principe avait été dévoilé la veille. Il s'agit d'un accord sur le transport aérien qui permettra de "doubler le nombre de passagers et le frêt" transportés entre les deux pays d'ici deux ans. Il a enfin souligné que Pékin avait accepté sous la pression américaine de prendre une directive visant à assurer que les ministères chinois et autres agences gouvernementales utilisent exclusivement des logiciels ordinateurs non piratés.
Cette mesure, qualifiée d'importante par Washington, devrait contribuer à mieux protéger les droits de la propriété intellectuelle en Chine. M. Clinton a aussi souligné que "l'économie chinoise avait grâce au leadership de M. Zhu résister à la crise asiatique et contribuer à en limiter l'impact sur les autres pays de la région". L'incapacité sino-américaine de parvenir dès jeudi à un accord complet permettant aux Etats-Unis de soutenir une accession de la Chine à l'OMC n'a pas surpris les analystes.
"Pour que M. Clinton ait une chance de vendre un accord au Congrès sur l'entrée de la Chine à l'OMC, cet accord devra satisfaire
toutes les demandes américaines" d'ouverture des marchés chinois, a estimé plus tôt Robert Kohlmeyer, président de World
Perspectives, une firme d'experts agricoles proches des discussions. Pour M. Kohlmeyer et plusieurs autres experts du commerce, la réunion ministérielle de l'OMC à la fin novembre à Seattle (Nord Ouest) semble être désormais la véritable date butoire pour un accord sur l'entrée de la Chine à l'OMC.

Sommet sino-américain: un accord commercial possible (AFP, 8/4/99)
Le Premier ministre chinois Zhu Rongji rencontrera jeudi à Washington le président Bill Clinton : l'accueil sera frais mais un accord sur les questions commerciales n'est pas exclu.M. Zhu, qui a entamé mardi une visite de neuf jours aux Etats-Unis, est arrivé mercredi soir dans la capitale fédérale.Il devait avoir un entretien informel vers 21H00 locales (01h00 GMT jeudi) avec le président américain, a indiqué la Maison Blanche.Cette rencontre qui se déroulera à la Maison Blanche et qui n'était pas initialement prévue, sera "informelle et privée", a déclaré un porte-parole présidentiel, Barry Toiv. Au cours du sommet qui débutera jeudi matin et sera suivi d'une conférence de presse commune, les deux hommes devraient aborder toute une série de sujets délicats, des droits de l'Homme aux allégations d'espionnage nucléaire chinois en passant par les divergences au sujet de la situation au Kosovo.Mais ce sont bien les questions économiques et commerciales qui seront au coeur des discussions. En guise de prélude, les Etats-Unis et la Chine ont conclu un accord aérien prévoyant un doublement des vols hebdomadaires
entre les deux pays d'ici avril 2001, a annoncé mercredi la Maison Blanche.Mais les négociateurs américains et chinois redoublent surtout d'efforts pour tenter de sortir d'un blocage vieux de 13 ans sur les conditions d'accès de la Chine à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Un accord sur l'entrée de Pékin dans l'organisation ouvrirait toutes grandes les portes de l'énorme marché chinois aux exportations américaines, notamment dans les secteurs agricole et des télécommunications. Lors d'un déjeuner mardi à Los Angeles, le Premier ministre chinois a estimé que le déséquilibre des échanges commerciaux avec les Etats-Unis "n'était pas une question importante dans les relations" bilatérales.Washington ne l'entend pas ainsi et voudrait bien rééquilibrer ces échanges en obtenant un meilleur accès au marché chinois pour
les investisseurs et les exportateurs américains. Quelques heures avant l'arrivée de son hôte, le président Clinton a d'ailleurs vigoureusement plaidé pour une accession de la Chine à l'OMC selon des termes commercialement acceptables."Si la Chine accepte les responsabilités qui découlent d'une accession à l'OMC, cela donnera aux Etats-Unis un large accès aux marchés chinois tout en accélérant les réformes internes dans ce pays", a déclaré M. Clinton dans un discours de politique étrangère. "Si la Chine est disposée à respecter les règles du commerce international, ce serait une grave erreur pour les Etats-Unis de dire
non" à son accession à l'OMC, a encore lancé le président américain. Un accord sur l'OMC restait pourtant incertain, le New York Times relevant que les conseillers de la Maison Blanche restent divisés sur le sujet. Américains et Chinois négocieraient toujours notamment sur la relative libertée accordée aux sociétés financières américaines en Chine ainsi que sur les quotas textiles américains. En outre, la Maison Blanche est parfaitement consciente du besoin de s'assurer du soutien du Congrès de façon à ce que l'accord soit ratifié par la majorité républicaine. M. Clinton a ainsi mis en garde la majorité républicaine du Congrès contre toute tentation de durcir la politique américaine vis-à-vis de la Chine, à la suite d'informations sur des fuites possibles de secrets nucléaires vers Pékin. Il a souligné l'importance de la poursuite de sa politique de dialogue avec la Chine.
"Les seuls qui gagneraient (à ce durcissement) seraient les éléments les plus rigides et rétrogrades en Chine", a déclaré M.
Clinton devant l'Institut américain pour la Paix à Washington. Une affaire d'espionnage, qui aurait permis à la Chine de prendre connaissance de données ultra-secrètes sur la miniaturisation de têtes nucléaires dans les années 80, suscite une vaste polémique avec les Républicains. Les droits de l'Homme restent enfin une pierre d'achoppement dans les relations bilatérales et M. Clinton a aussi appelé la Chine à faire des progrès sur cette question. "Souvent, une poigne de fer est le signe d'une main faible", a déclaré M. Clinton. "L'expérience du reste de l'Asie pendant la crise économique actuelle montre que les risques de remettre les réformes à plus tard sont plus grands que ceux de les entreprendre".

Bill Clinton défend sa politique chinoise (AP, 8/4/99)
A la veille de l'arrivée du Premier ministre chinois pour une visite de neuf jours aux Etats-Unis, Bill Clinton a défendu mercredi sa politique de coopération avec Pékin, qui est critiquée par les défenseurs des droits de l'homme. Quelques heures avant l'arrivée de Zhu Rongji, le président américain a souligné dans un discours consacré à la politique étrangère des Etats-Unis que les liens établis avec la Chine avaient permis aux Etats-Unis de négocier un gel nucléaire avec la Corée du Nord, il y a cinq ans. Ils ont également permis de persuader Pékin de cesser la vente de matières nucléaires à usage militaire au Pakistan et à l'Iran, a-t-il ajouté. Cette politique d'engagement favorise la promotion des valeurs et des intérêts américains, a plaidé M. Clinton, qui a aussi estimé que la répression en Chine était un signe d'''insécurité, (mais) pas de force''. Il a toutefois évité de critiquer ouvertement Pékin sur la question des droits de l'homme.  Les défenseurs des droits de l'homme reprochent au chef de la Maison Blanche son manque de fermeté envers Pékin. L'administration Clinton a bien présenté lors de l'actuelle session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève, une résolution condamnant la Chine mais seulement après d'intenses pressions du Congrès. 

C'est un Premier ministre chinois sans grande illusion qui est arrivé hier aux Etats-Unis pour un voyage d'une semaine. Neuf mois après une visite idyllique du président Bill Clinton en Chine, les relations se sont sensiblement tendues entre Pékin et Washington. (Les Echos, 7 avril 1999)

Zhu Rongji amorce aux Etats-Unis une visite sans illusion 

  On est loin de l'enthousiasme qui avait marqué, l'été dernier, la visite de Bill Clinton en Chine. Le président américain n'avait pas eu de mots assez flatteurs pour qualifier le sens des responsabilités des dirigeants chinois durant la crise financière asiatique. La Maison-Blanche avait troqué sa politique de confrontation, jugée stérile, pour une stratégie d'« engagement constructif » qui consistait à intégrer progressivement la Chine à la communauté des grandes puissances et à lui faire jouer progressivement un rôle politique accru. L'ambiance était telle ­ Bill Clinton parlait alors d'une « nouvelle ère » dans ses relations avec Pékin et prédisait une vague de changements démocratiques ­ que le Japon s'était inquiété de ce soudain rapprochement sino-américain. Neuf mois plus tard, alors que le Premier ministre chinois arrive ­ par Los Angeles ­ aux Etats-Unis pour une visite de neuf jours, la lune de miel a tourné court et le Congrès américain est remonté contre la Chine. Preuve du nouveau malaise qui caractérise  les relations entre les deux pays, la Maison-Blanche a décidé la semaine dernière de déposer devant la Commission des Nations unies pour les droits de l'homme une résolution condamnant la Chine. C'est probablement le domaine dans lequel les déconvenues américaines ont été les plus vives. Malgré les ouvertures manifestées tant par les Etats-Unis que par les européens, les autorités chinoises n'ont cessé de resserrer l'étau sur les dissidents au cours des derniers mois. Point de cristallisation du dialogue entre Pékin et Washington, ce durcissement sur les droits de l'homme a peu à peu terni l'ensemble des relations. L'opposition sur Taiwan a repris de l'importance après l'initiative américaine d'inclure l'île dans un bouclier antimissiles qui pourrait être déployé en coopération avec le Japon et la Corée du Sud. Sur le plan économique, la politique de non-dévaluation du yuan qui avait tant réjoui la Maison-Blanche a fait place à un gonflement des exportations chinoises vers le continent américain, en compensation du manque à gagner subi sur le reste de l'Asie, en pleine dépression. Résultat, l'excédent commercial chinois a atteint l'an dernier 57 milliards de dollars (52 milliards d'euros) vis-à-vis des Etats-Unis, un niveau jugé insupportable par le Congrès.
Les vives critiques de Pékin aux bombardements de l'Otan en Yougoslavie ne sont pas de nature à réchauffer le climat. La ferme opposition du gouvernement et de l'armée chinoise à l'opération alimente depuis plusieurs jours un véritable flot de propagande
dans les médias où l'on accuse les interventions de l'Otan d'avoir provoqué un désastre humanitaire et où l'on fait « finement » observer la similitude des initiales Nato (Otan) et du mot nazi. La polémique devrait en rester là cependant car, après la controverse sur l'espionnage chinois au laboratoire de recherche nucléaire de Los Alamos, la Chine ne veut pas prendre le risque
d'endommager davantage ses relations avec les Etats-Unis.

Sauver les apparences 

Pékin espère bien tirer quelque avantage de cette visite même si Zhu Rongji sait qu'il joue les importuns : « Je m'attends à rencontrer une atmosphère inamicale, voire hostile », reconnaissait-il il y a une dizaine de jours à Pékin. Le numéro deux chinois, qui doit rencontrer Bill Clinton jeudi à la Maison-Blanche, ne désespère pas cependant d'obtenir un accord sur l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Malgré les discussions de dernière minute qui ont fait dire lundi soir au principal négociateur chinois, Long Yongtu, que « les deux partenaires ont fait plus de progrès au cours des huit dernières semaines, que durant les huit dernières années de discussions », les Américains ne semblaient pas très chauds pour signer cette semaine un accord bilatéral sur l'adhésion de la Chine. L'autorisation donnée par Pékin à quatre nouvelles sociétés d'assurances étrangères, dont deux américaines, d'opérer en Chine (lire page 29) n'a pas suffi à convaincre. Les Chinois ont beau assurer qu'ils ont fait des concessions très importantes en faveur des agriculteurs et des industriels américains, les responsables américains considèrent qu'il reste encore beaucoup à faire avant de parvenir à un accord final. Tout au plus Zhu et Clinton devraient-ils signer, pour sauver les apparences, un accord de principe réaffirmant le soutien américain à l'adhésion de la Chine à l'OMC.

Accession de la Chine à l'OMC: Washington et Pékin font le forcing (AFP, 5/4/99)
Pékin et Washington ont repris leurs tractations lundi pour tenter de réduire leurs divergences sur les conditions d'accession de la Chine à l'OMC d'ici le sommet sino-américain jeudi, mais les chances de succès paraissent minces."Nous ne faisons aucun pronostic à ce point", a déclaré à l'AFP Jay Ziegler, le porte-parole de Charlene Barshefsky, la représentante américaine pour le Commerce. Le Premier ministre chinois Zhu Rongji est attendu mardi aux Etats-Unis."Nous avons des divergences dans nombre de domaines que nous devons résoudre ", a-t-il ajouté, soulignant que "ces négociations sont complexes et que le temps est compté". Il s'agit de l'accés au marché chinois des assurances, de la banque, du courtage financier, des télécommunications et des produits agricoles. Se déclarant "ni pessimiste ni particulièrement optimiste", M. Ziegler a néanmoins estimé qu'il était "possible de régler ces problèmes mais que cela dépendait de propositions supplémentaires du gouvernement chinois". Et "nous n'avons pas pour cela de calendrier... ça pourrait survenir avant, pendant ou après la visite de M. Zhu", a-t-il dit. "Cela reste une question ouverte". Le principal négociateur chinois, M. Long Yongtu et son homologue américain Robert Cassidy, ont repris, lundi matin à Washington, des négociations intenses entamées deux semaines auparavant à Pékin pour s'efforcer de boucler un dossier vieux de treize ans.Plusieurs responsables américains avaient dans un premier temps qualifié les propositions chinoises de "très encourageantes" mais à l'issue d'une visite impromptue de 24 heures en Chine de Charlene Barshefsky le week end passé, elle avait fait état de la persistance de "divergences majeures" tout en reconnaissant des "progrès importants". Lundi, les négociateurs américains et chinois "examinaient point par point les tarifs douaniers dans l'agriculture et les services pour essayer de réduire les divergences", a précisé Jay Ziegler. Mais "la participation de Mme Barshefsky à ces discussions n'est
toujours pas prévue", a-t-il ajouté. Les représentants des milieux d'affaires se montraient également peu optimistes lundi sur les probabilités d'un accord des Etats-Unis sur l'accession de la Chine à l'OMC. "Un accord de principe sur cette question ne parait pas possible cette semaine", a ainsi estimé Gary Blumenthal, un lobbyiste de World Perspectives qui représente les intérêts agricoles américains dans ces négociations. "Les Chinois ne sont pas prêts à donner ce que les Etats-Unis demandent pour parvenir à un accord acceptable pour le Congrès", a-t-il ajouté. "Le sentiment dominant actuellement à Washington et surtout au Congrès n'est pas favorable à la Chine", a expliqué M. Blumenthal, citant la multiplication des contentieux sino-américains. Outre l'obtention illégale par Pékin, comme l'affirme Washington, de technologies américaines de missiles nucléaires intercontinentaux, Américains et Chinois s'affrontent sur la question persistantes des droits de l'Homme, le souhait de Washington de fournir à Taïwan un bouclier anti-missiles et l'aggravation du déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine (plus de 40 milliards en 1998). De plus, Pékin critique vivement l'intervention militaire de l'OTAN en Yougoslavie. Avec un déficit aussi lourd, a expliqué M. Blumenthal, la Chine devra offrir une très grande ouverture de ses marchés pour convaincre le Congrès de soutenir son accession à l'OMC et de voter un octroi permanent à Pékin de la clause de la nation la plus favorisée. Ces avantages commerciaux sont actuellement attribués à ce pays sur une base annuelle. Tout en partageant le pronostic pessimiste sur la probabilité d'une percée dès cette semaine sur la Chine et l'OMC, Bob Vastine, un lobbyiste de "la Coalition of Services", qui représente les intérêts des industries des télécommunications, des assurances et des banques, a estimé qu'une surprise était toujours possible lors de la visite de M. Zhu Rongji à Washington jeudi et vendredi."C'est lui qui fera probablement les dernières offres et prendra la décision finale", a estimé M. Vastine. "Je pense, a-t-il aussi relevé, qu'Américains et Chinois font un très gros effort pour conclure un accord" malgré un contexte défavorable.

Visite houleuse en perspective pour le Premier ministre chinois aux USA (AFP, 5/4/99)
 Frappes en Yougoslavie, OMC, Taïwan, droits de l'homme: la visite aux Etats-Unis qu'entame mardi à Los Angeles le Premier ministre chinois Zhu Rongji mettra en évidence les multiples sujets de divergences entre les deux pays. Depuis la visite en Chine du président Bill Clinton, il y a neuf mois, les relations entre les deux pays se sont dégradées et le Congrès américain est particulièrement remonté contre Pékin.La situation parait bloquée sur l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce, objectif principal du premier ministre. Aucune percée n'est en effet attendue de négociations de dernière minute, lundi, entre des responsables américains du Commerce et Long Yongtu, le principal négociateur chinois.Le sommet de jeudi entre MM. Zhu et Clinton pourrait ne déboucher sur rien de concret, si ce n'est, selon certains experts, un accord de principe réaffirmant le soutien américain à l'adhésion de la Chine à l'OMC."L'atmosphère est très mauvaise," estime Minxin Pei, un expert chinois à l'institut d'études Carnegie Endowment for International Peace qui cite notamment la colère du Congrès sur des questions allant des droits de l'Homme, au déficit de la balance commerciale américaine en passant par des affaires d'espionnage."Sans un accord sur l'OMC, la visite sera considérée comme un échec et sur d'autres fronts il n'y aura pas de progrès" car le Premier ministre chinois a fait de l'économie sa priorité, selon M. Pei. Même en cas d'accord sur l'OMC, l'administration du président Clinton sait qu'elle aura fort à faire pour convaincre le Congrès, à majorité républicaine, que les conditions négociées sont acceptables."L'environnement est on ne peut plus mauvais pour obtenir un accord sur le commerce, et encore moins un accord sur le commerce avec la Chine", selon Stephen Yates, un spécialiste de ce pays à l'institut Heritage Foundation. "Je m'attends à rencontrer une atmosphère inamicale, voire hostile, aux Etats-Unis", reconnaissait M. Zhu le 15 mars dernier lors d'une conférence de presse. De fait, il semblait que les Chinois avaient même envisagé d'annuler la visite, Pékin se refusant jusqu'à la semaine dernière à confirmer les dates pour la visite, la première d'un premier ministre chinois depuis 1984. Les différents points de friction, outre le commerce et les droits de l'Homme, comprennent aujourd'hui l'intervention militaire de l'OTAN contre la Yougoslavie et les relations entre les Etats-Unis et Taïwan. Pékin est particulièrement mécontent de la décision américaine de faire condamner la Chine à Genève par la Commission des Nations-Unies pour les droits de l'Homme.
Et sur la question cruciale de Taïwan, qui a toujours dominé les relations entre les deux pays, Pékin va réaffirmer son opposition à toute inclusion de l'île dans un système américain anti-missiles qui pourrait être déployé en coopération avec le Japon et la Corée du sud. Le Congrès américain, quant à lui, s'inquiéte ouvertement des efforts d'espionnage chinois qui auraient permis à Pékin de dérober des secrets de fabrication américains et de miniaturiser ses têtes nucléaires. Le responsable chinois du renseignement militaire, pour sa part, aurait contribué au financement occulte de la campagne du président Clinton en 1996, selon la presse. Outre sa visite à Los Angeles et Washington, M. Zhu doit également visiter, Denver, Chicago, New York et Boston. Des manifestations anti-chinoises sont prévues à chacune de ses étapes.

La Chine célèbre la fête des morts sous haute surveillance (AFP, 5/4/99)
 La Chine a célébré lundi le Qing Ming, la fête traditionnelle dédiée à la mémoire des défunts, sous haute surveillance avec l'interpellation d'une série dissidents qui s'apprêtaient à rendre hommage aux victimes du massacre de la place Tiananmen en 1989.Alors que des millions de Chinois se rendaient sur les tombes de leurs ancêtres, les autorités chinoises montraient des signes d'extrême nervosité face à toute utilisation éventuelle de cette fête, point de départ de manifestations politiques dans le passé, pour rendre hommage aux victimes de Tiananmen.D'importantes forces de police étaient ainsi massées lundi aux abords du grand cimetière de Babaoshan, où sont déposées les urnes d'une partie des centaines d'étudiants tués par l'armée dans la nuit du 3 au 4 juin 1989.Pour éviter tout débordement ou toute célébration intempestive, la police avait interpellé les principaux dissidents encore en liberté à Pékin, dont certains dès dimanche soir, tandis qu'un dissident vivant aux Etats-Unis était contraint à la dernière minute de renoncer à son projet de venir à Pékin pour rendre hommage à la mémoire de son père, récemment décédé. Parmi les personnes interpellées figurent Ding Zilin, porte-parole des familles des victimes du massacre de Tiananmen en 1989, très brièvement détenue lundi matin alors qu'elle se préparait à sortir de sa résidence pour honorer la mémoire de son fils tué dans la nuit du 3 au 4 juin 1989."La police m'a interpellée alors que je tentais de sortir du campus, elle a essayé de m'emmener de forcer. Certains policiers en civil m'ont même traitée de traître" a déclaré Ding Zilin à l'AFP en précisant que l'incident avait duré 20 minutes.Mme Ding, qui vit en résidence surveillée depuis le début du mois dernier, avait fait savoir la semaine dernière qu'elle entendait sortir du campus universitaire où elle vit recluse pour acheter des crevettes fraîches, la nourriture préférée de son fils défunt, avant d'organiser une cérémonie privée à la mémoire de celui-ci à son domicile.Mais les autorités chinoises semblent avoir été particulièrement irritées par l'annonce, à grand renfort de publicité, de l'arrivée
imminente à Pékin de Wang Xizhe, un vétéran de la dissidence chinoise qui s'était enfui clandestinement aux Etats-Unis en 1996 après avoir purgé 12 ans de prison en Chine.Trois heures avant son arrivée prévue à Pékin, on apprenait ainsi à Séoul qu'il avait décidé de rebrousser chemin à la demande expresse des autorités chinoises, relayée par la compagnie aérienne sud coréenne Asiana Airlines. Quatre dissidents pékinois Sha Yuguang, Gao Hongming, Zha Jianguo et He Depu qui envisageaient de venir l'accueillir à l'aéroport ont pour leur part été interpellés de manière préventive dont l'un dès dimanche soir, selon le centre d'Information pour les droits de l'Homme et le mouvement démocratique en Chine. Ils ont tous été relâchés quelques heures plus tard.Juste avant son interpellation, Gao avait envoyé une lettre ouverte à l'Assemblée nationale populaire (ANP-parlement chinois) pour réclamer la création d'un mémorial à Babaoshan pour commémorer les victimes du 4 juin. Trois autres dissidents, tous membres du parti démocrate chinois (PDC-interdit) avaient par ailleurs été interpellés pendant plusieurs heures samedi à Hangzhou (est) après avoir tenté de rendre hommage aux victimes du massacre de la place Tiananmen en juin 1989.Ils faisaient partie d'un groupe de 50 dissidents de Hangzhou qui s'est rendu dans deux cimetières distincts de la ville pour déposer des couronnes à la mémoire des victimes de Tiananmen. Lors du Qing Ming de 1976, des centaines de milliers de Pékinois s'étaient spontanément rendus place Tiananmen pour honorer la mémoire du Premier ministre Chou Enlai, disparu quatre mois plus tôt, mais le rassemblement avait rapidement tourné à l'émeute contre "la bande des quatre" dirigée par Jiang Qing, l'épouse de Mao Tsétoung.

Le culte des ancêtres fait un retour en force dans le sud de la Chine (AFP, 5/4/99)
Le culte des ancêtres fait un retour en force dans les régions pauvres du sud-ouest de la Chine où les habitants n'ont pas hésité lundi à dépenser des fortunes pour honorer leurs morts à l'occasion de la fête du Qing Ming (Clarté). "Chaque famille dépense au moins 200 yuans (24 dollars) par tombe mais certains vont jusqu'à 500 ou 600 yuans pour acheter de l'encens, des fleurs ou des bougies", témoigne Yue Jiating, venue avec une quinzaine de proches honorer ses ancêtres à Huaxi dans le Guizhou (sud-ouest), une des provinces les plus pauvres du pays. Ces sommes dépassent largement le revenu mensuel moyen des familles de la province dont près d'un cinquième des 30 millions d'habitants vivent sous le seuil de la pauvreté.
"On ne peut pas prendre le risque de mécontenter ses ancêtres", explique Mme Yue donnant comme exemple des histoires de
revenants dont la vengeance s'est abattue sur des descendants qui avaient négligé leurs tombes.Lundi des membres de la famille Yue ont affrêté un minibus pour se rendre au cimetière familial situé au milieu des pins. "Mon père avait acheté ce bois un an avant sa mort en 1925 parce qu'il jugeait le terrain propice. Malgré la collectivisation des terres, ce bois est resté dans la famille", raconte Yue Minyi, le doyen du clan. Relativement peu peuplé, le Guizhou compte encore de nombreux cimetières accrochés à flanc de montagnes dans des zones non cultivables. Hors de la capitale Guiyang, les habitants sont encore inhumés, un "privilège" refusé aux habitants des villes qui sont incinérés. Certaines personnes âgées dorment à côté de leur cercueil acheté à l'avance, pour s'assurer de rester entières au-delà de la mort. Lundi, après avoir repeint en rouge les noms des défunts gravés sur une stèle verticale, la famille a débroussaillé la tombe, sorte de motte circulaire, et placé au sommet un drapeau blanc signalant aux éventuels pillards que les tombes sont bien surveillées. La descendance a ensuite déposé des offrandes devant la tombe : oranges, sucreries, biscuits et même des canettes de Coca-cola dont les ancêtres ignoraient sûrement l'existence. Petits et grands ont ensuite brûlé des kilos de faux billets censés assurer la subsistance du défunt dans l'au-delà. Les tombes des voisins n'ont pas été oubliées "de peur que par jalousie ils ne cherchent querelle à nos grands-parents", explique-t-on. "Le rite devient plus extravagant chaque année, au début quelques offrandes suffisaient, mais maintenant les familles rivalisent de dépenses", selon Mme Yue. Les autorités semblent fermer les yeux sur une pratique qui fait marcher le commerce, à défaut de respecter la morale communiste, battue en brèche par le retour de la religion populaire et des superstitions depuis la fin de l'ère Mao."J'ai toujours honoré la tombe de mes grands-parents, même pendant la révolution Culturelle", raconte un autre membre de la famille. "A l'époque il fallait brûler le papier en cachette et disparaître sans se faire repérer", se souvient-il. "Même si le 5 avril n'est pas férié, beaucoup d'habitants de Huaxi ont pris la journée pour se rendre au cimetière. Avec les réformes économiques les jeunes ne sont pas en reste : "On demande aux ancêtres de nous apporter la prospérité ou bien juste de nous donner du travail", explique un chômeur de 28 ans.

Visite très délicate pour le Premier ministre chinois aux Etats-Unis (AFP, 4/4/99)
Le Premier ministre chinois Zhu Rongji s'apprête à effectuer une visite extrêment délicate aux Etats-Unis cette semaine alors que les nuages n'ont cessé de s'amonceler ces dernières semaines dans les relations sino-américaines."Il va se retrouver dans la fosse aux lions. Le climat politique est tellement hostile aux USA actuellement", relevait vendredi David Shambaugh, un professeur de relations internationales de l'université George Washington, de passage à Pékin.Car si il y a 15 jours, M. Zhu pouvait encore espérer la conclusion d'un accord sur l'adhésion de la Chine à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) durant sa visite pour tenter de désamorcer l'hostilité de Washington, les chances d'y parvenir semblaient s'être fortement amenuisées ces derniers jours.Malgré des concessions majeures faites par Pékin lors d'une série de négociations intensives sino-américaines organisées au cours des dernières semaines, le secrétaire américain au commerce William Daley a jugé "improbable" jeudi dernier à Canton (sud) qu'un accord puisse intervenir pendant la visite de M. Zhu, qui débute mardi. "Zhu Rongji a vraiment besoin d'un succès sur l'OMC, c'est le seul succès qu'il puisse espérer" a estimé pour sa part un diplomate
nord-américain, qui évoquait la possibilité qu'un texte très général faisant état des progrès importants réalisés, puisse être signé
durant la visite.Mais au delà de l'OMC, M. Zhu, confronté à des difficultés économiques croissantes dans son pays, risque de se retrouver sur la défensive sur tous les grands contentieux qui opposent les deux pays, qu'il s'agisse de Taiwan, des droits de l'homme en Chine, de l'énorme excédent commercial chinois, des transferts de technologie ou des accusations d'espionnage nucléaire récemment portées par Washington contre Pékin. Sur la question cruciale de Taiwan, qui a toujours dominé les relations entre les deux pays, Pékin devrait réaffirmer sa vive opposition à toute inclusion de l'ile dans un système américain anti-missiles de théatre qui pourrait être déployé en coopération avec le Japon et la Corée du sud. Les frappes aériennes de l'OTAN en Yougoslavie sont venues s'ajouter récemment à la longue liste des différends, la Chine accusant Washington de vouloir encore accroitre son "hégémonisme" et n'hésitant pas à évoquer le spectre d'une "guerre mondiale".Mais malgré toutes les protestations ou les démentis véhéments apportés aux accusations d'espionnage nucléaire, Pékin n'est jusqu'à présent pas parvenu à enrayer "l'hystérie anti-chinoise" qui selon la presse officielle chinoise s'est emparée des Etats-Unis, sous la pression de la majorité républicaine au Congrès."Je m'attends à rencontrer une atmosphère inamicale, voire hostile, aux Etats-Unis", reconnaissait M. Zhu le 15 mars dernier, lors de la conférence de presse annuelle du Premier ministre chinois organisée à l'issue de la session plénière du parlement. "Ce ne sera pas facile", avait-il pronostiqué.Depuis lors, les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils soutiendraient une résolution condamnant la situation des droits de l'homme en Chine devant la commission des droits de l'homme de l'ONU, réunie actuellement à Genève."Les Républicains ont mis en danger tout ce qui a été obtenu par la politique d'engagement du président Clinton vis à vis de la Chine", relevait pour sa part il y a quelques jours le quotidien chinois de langue anglaise China Daily. Très inquiètes de l'atmosphère régnant à Washington, les autorités chinoises ont jusqu'au dernier moment laissé planer une incertitude sur la visite, dont les dates - du 6 au 14 avril - n'ont été officiellement annoncées par Pékin que vendredi, sans autre précision. Selon le programme fourni par la Maison Blanche, M. Zhu visitera Los Angeles avant de séjourner du 7 au 10 avril à Washington où il aura un entretien avec le président Bill Clinton. Il visitera ensuite successivement Denver, Chicago, New York et Boston. Il se rendra ensuite au Canada du 14 au 20 avril.

Mise à jour : avril 1999