Inde : musique et danse pour les dieux dans le Tamil Nadu
Catherine van Moppès
 
Madras et son festival de musique carnatique
La musique carnatique et le divin
L'Académie de Musique et son Festival annuel
Convivialité et art de vivre
Notes de voyage à  Madras
Pour tout savoir sur le Festival, pour se loger, trouver sa table et circuler, pour se cultiver
 
Mamallapuram et son festival de la danse
Notes de voyage à Mamallapuram
 
  

 
 

La musique carnatique et le divin

La musique carnatique, spécifique d'une Inde du Sud dravidienne, protégée des invasions d'Asie Centrale, existait bien avant l'arrivée des Moghols. Dès le IVe siècle, des académies de lettres et de poésie florissaient dans le Sud. Des liens multiples ont été établis avec l'Afrique, le Sud-Est asiatique, l'Égypte et le Pacifique. Selon les ethnologues, les aborigènes du Sud de l'Inde ne sont pas sans rapport avec ceux de l'Australie. Alors que dans le Nord, la musique hindoustani subissait des influences arabes et persanes, celle du Sud est restée intacte. Elle est représentative des courants d'origine qui remontent aux premiers temps, liée à l'histoire millénaire de cette partie de l'Inde, avec les plus anciennes populations du continent. Des inscriptions sur des stèles des rois Chola au Xe siècle parlent de musiciens, interprètes de sarangi (sorte de violon) accompagnant au temple les chanteurs des hymnes sacrés "Tevaram". Cette civilisation du Sud a su, au cours des siècles, sauver sa culture, ses traits particuliers dans une lutte incessante pour son identité et ses langues, dont le tamoul. 

Les échanges entre les artistes d'une région à l'autre du sud ont beaucoup fait pour la préservation de la musique carnatique et son évolution. Ce qui la caractérise, sur le plan de la musicologie, c'est qu'elle conserve ses bases, c'est-à-dire, son rythme quasi-mathématique tiré des versifications antiques, des psaumes incantatoires. Les voix, travaillées et retravaillées sans cesse, dépassent par leurs registres et leur virtuosité toute dimension humaine. 
Cette musique nous entraîne dans un monde magique. Transporté par une telle ferveur, on ne sait plus si la voix est un violon ou si le violon est une voix humaine. L'auditoire accompagne les artistes, comme un dans pèlerinage, où le religieux et le profane se mêlent pour créer "le divin", le "tout amour". 

Cérémonies et ferveur.  Les gens du Sud vivaient et continuent de vivre au rythme des cérémonies, autour et dans les temples ;  la musique, comme le chant et la danse, étaient dans les temples; c'étaient des arts "sacrés" à la gloire des dieux. Certaines capitales comme Tanjore étaient renommées pour l'excellence de leurs artistes, poètes, compositeurs, érudits...  Aujourd'hui, des centaines de milliers de pèlerins vont encore d'un temple à l'autre. La ferveur pour ces "arts sacrés" n'a pas changé malgré la modernisation, l'amélioration sensible du niveau de vie et l'industrialisation accélérée de la région de Madras, notamment dans l'informatique et les textiles. Au début du XXe siècle, on commence à assister à des concerts publics. Le chant, la danse et la musique sont descendus dans la rue, mais les thèmes sont toujours les mêmes. Ils sont devenus encore plus populaires, et fleurissent partout : dans des écoles, des ateliers, lors de cours privés. Quels que soient leur caste, leur position sociale, leur âge, qu'ils soient hommes ou femmes, les Madrasi sont nourris de musique, de chants et de danses, offrandes à l'amour et à la gloire des dieux. 

Dans une même famille, on trouve souvent le frère qui apprendra le violon et la súur le chant ou la danse, tous dans le même espoir de participer à des récitals, d'être reconnus comme dépositaires de l'art classique carnatique.  Mais quand on  leur demande quelle est leur occupation réelle, ils sont le plus souvent, filles ou garçons, étudiants en informatique, dans la finance, le business. 

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L'Académie de Musique de Madras-Chennai et son Festival annuel

L'Académie de Musique de Madras (la capitale de l'État du Tamil Nadu, qui a repris son nom ancien de Chennai : prononcer Chennaille), nous ramène à un certain I8 août 1928 où elle fut inaugurée par les plus grands musiciens, compositeurs et chanteurs de l'époque. Le Pandit Nehru l'avait consacrée en 1955. On peut dire qu'elle fonctionne depuis lors comme l'Université de musique carnatique de l'Inde et reconnue comme telle dans le monde entier. 

On lui doit la préservation de cette culture qui intéresse les 60 millions de Tamouls qui vivent dans l'État du Tamil Nadu et une partie du Sri Lanka. Encouragée par un sentiment profond de fierté régionale (pendant l'époque coloniale britannique, on se souvient des mouvements contre la domination des castes et l'imposition de la langue hindi), aidée par les soutiens financiers d'une économie en croissance, elle a su stimuler l'intérêt pour cette tradition musicale, encourager les recherches, les études, et rendre possible la pratique des instruments. 

Elle est à l'origine d'un Festival, surnommé Conférence Annuelle de la Musique Carnatique, qui se tient chaque année au mois de décembre. La 72 ème Conférence, du I4 décembre 1998 au 1er janvier 1999, a présenté 95 concerts avec plus de 300 artistes, musiciens, chanteurs et quelques représentations de danseuses renommées de Bharatanatyam et de Kuchipudi.

Pendant le festival, les matinées sont consacrées à la recherche et aux débats. Les compositeurs, les chanteurs, les danseuses, les musicologues viennent expliquer, discuter, répondre aux questions. Des artistes et des chercheurs de l'Inde du Nord, d'Asie, d'Europe, d'Australie, du Japon et de l'Amérique assistent chaque année à cet événement et y participent. 

L'Académie de Musique, aussi imposante que l'Académie de Musique de La Villette à Paris, est présidée aujourd'hui par Monsieur Sri T.T. Vatsu, secondé par une cinquantaine d'assistants, musiciens, musicologues et administratifs. Elle est  parrainée par le gouvernement, les sociétés et entreprises les plus importantes, les banques ainsi que de nombreux mécènes épris de musique. Chacune de ses manifestations est l'occasion d'inaugurations officielles par de hautes personnalités, Chef ou Premier ministre du gouvernement de l'État, de l'Union Indienne, ou internationales. Un Collège, crée en 1931, reconnu par le gouvernement du Tamil Nadu et le Département de l'Éducation, prépare en trois ans les étudiants en musique à devenir professeurs.  Des cours de veena, de violon, de mridangam ont été ajoutés. 

Tous les ans, de nombreux artistes reconnus pour leur talent exceptionnel sont décorés. Des cérémonies de commémoration évoquent le souvenir et les enseignements des Anciens. Un Festival de la Jeunesse de Musique et de Danse a lieu chaque année pour les 10-25 ans. Concerts, conférences et expositions se suivent toute l'année, faisant de Chennai, une des grandes capitales de la musique.  Des bourses sont accordées aux étudiants et des aides apportées aux musiciens en difficulté. L'Académie gère un centre de recherches, un journal, une bibliothèque, avec des livres rares et moderne, une photothèque avec des photos très anciennes. Elle  s'attache à promouvoir l'excellence, les valeurs traditionnelles ; elle encourage les innovateurs en musique et chant et présente chaque année de jeunes inconnus. 

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Convivialité et art de vivre.  La ville de Madras fait la fête à la musique. Il n'est pas un quartier de la ville qui ne présente dans ses "sabhas" (associations culturelles), ses écoles, ses salles publiques, et  même  dans ses temples, des dizaines de récitals, chaque jour, de musiciens, chanteurs et danseuses. On rencontre, en dehors des festivaliers, les gens du quartier, et pendant que l'on se restaure de quelques mets toujours délicieux, préparés devant nos yeux sous les tentes des cantines ou à l'ombre d'un banian, dans un jardin tropical, tout le monde se parle et tout le monde nous parle. C'est le miracle du Festival de Musique, mais aussi est-ce peut-être un peu de cet amour divin, qui descend sur nous, profanes, hommes et femmes de bonne volonté, reçus et traités par les madrasi comme des invités, des amis de longue date. 

N'ai-je pas, de Paris, rencontré sur Internet, à Sydney, un Indien d'Australie, interprète de mridangam (le tambour du Sud) qui m'a donné rendez-vous à l'hôtel New Woodland à Chennai ? Il m'a présenté, lors de ses récitals, d'autres artistes, dont le célèbre flûtiste Ramani, venu souvent à Paris pour des concerts. Et me voici suivant , subjuguée, chaque récital de ce virtuose,  avec ses fidèles, dans la ville, d'une salle de mairie de cinq cents places au temple du quartier, où on l'écoute avec ravissement, tous assis par terre, cependant que les brahmanes préparent les cérémonies du soir. 

Quel plaisir de ne pas se sentir un touriste, de pouvoir participer, díêtre respecté, de partager, même maladroitement quelquefois, cet amour de la musique avec les gens du pays. La monnaie d'échange n'est pas l'argent mais la musique. Quel privilège ! Et le conducteur de l'auto-rickshaw qui tous les soirs m'amène, très fier, d'un récital à l'autre, attend fidèlement pour me à mon hôtel, tout heureux lui aussi d'avoir assisté au spectacle qu'il commente dans la nuit douce et parfumée. Autour de l'Académie de Musique, pendant le Festival, règne une atmosphère de convivialité et de ferveur exceptionnelle. Tous les aficionados de la musique et du chant traditionnel carnatique sont là, du matin au soir, dans un état d'extrême sensibilité, se saluant, engageant des conversations. Certains se précipitent pour acheter des places, d'autres ont acheté des cartes valables pour toute la durée du festival, mais ils font la queue de peur de ne pouvoir entrer dans l'imposant et très luxueux Auditorium. On se précipite pour entendre Nithyasree Mahadevan, en extase devant sa virtuosité exceptionnelle. Vijaya Lakshmi Subramanian interprètent les Ragas et les Kritis avec une telle douceur que le public est saisi d'une profonde émotion. Les deux súurs flûtistes Sikkil Kunjumani et Neela., lors de leur excellente interprétation ont présenté le jeune espoir féminin de la flûte, Mala Chandrasekhar, que l'on découvre avec ravissement. Quant aux musiciens, amateurs éclairés, maîtres vénérés ou jeunes espoirs, comment tous les citer, comment les remercier pour la joie, la ferveur, l'harmonie qu'ils font naître, comme les magiciens qu'ils sont. 

Entre deux récitals, on achète les cassettes et CD, des livres, des revues et des journaux vendus sur les nombreux stands du Hall. On se faufile, on se bouscule dans le froissement des émotions et les froissements de soie des saris, pour aller se restaurer de quelques mets végétariens exquis qui laissent la bouche parfumée, sous la splendide tente dressée par le célèbre restaurant Woodland, garant de la qualité de cette cuisine raffinée, si différente de celle du Nord. Il est vrai que l'on trouve aussi à Chennai, en ville et sur la Marina, devant la mer, des restaurants de plus en plus nombreux, rivalisant de somptuosité, offrant toutes les autres spécialités des régions de l'Inde. 

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NOTES DE VOYAGE POUR LE FESTIVAL DE MUSIQUE DE MADRAS-CHENNAI 
Pour tout savoir sur ce Festival
    Sur place, à  Chennai
Il faut aller à l'Office Régional du Tourisme du gouvernement indien, 154 Anna Salai, Chennai 600 002 ; téléphones : 044-852 4785 / 4295, téléfax : 044-852 2193. Son nouveau directeur, M. Chair Mustafa Naqvi, est un grand érudit, ami de la France. Il a passé de nombreuses années en Europe. Ses collaborateurs savent tout sur Chennai et sa région, les adresses, les programmes, les festivals et les cérémonies. Leur gentillesse est sans égale comme leur efficacité et leur patience. Mme Raji Muralidharan, assistante du directeur, originaire du Kerala, véritable puits de science et de connaissances sur le sud de l'Inde, entrouvre pour nous les portes de cette région passionnante et si hospitalière, que l'on quitte à regret, tout au plaisir de savoir que tant de surprises, de rencontres, de découvertes humaines, culturelles et artistiques, tant de paysages splendides nous attendent pour un autre voyage. 

L'Académie de Musique (Music Academy) se trouve au 3O6 T.T. Road, Chennai 600014, téléphone : 8275162, téléfax : 91448271610. 

Acheter tous les jours "The Hindu", journal qui donne chaque jour tous les programmes et les horaires des récitals du Festival de Musique. 

    Sur Internet : vous trouverez plus d'informations sur le site <www.chennaionline.com/musicseason>
    À Paris,
l'Office National Indien de tourisme, 13, bld Haussmann, 75009, téléphone : 0145233045 ; téléfax : 0145233345, où M. J. Nath, directeur adjoint, est homme de communication, convivial, passionné par son travail et d'excellent conseil.  À Paris encore, vous trouverez toujours une place et au meilleur prix pour l'Inde, le Sud ou le Nord, au Sundar Travel, 226 rue du Fbg Saint-Denis, téléphone 01 4205 3187, téléfax : 01 4205 8575, où M. Sundar, de Pondichéry, et ses collaborateurs sont efficaces et sympathiques. En attendant, car la queue est souvent longue, je vous conseille quelques délicieux plats du Sud chez Dishny, 25 rue Cail, à cent mètres de l'agence Sundar, ou en face, au restaurant Woodland. 

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Pour se loger, trouver sa table et circuler


Le New Woodland Hotel : une succursale du Festival 
L'hôtel New Woodland, 72/75 Dr. Radhakrishnan Road, Mylapore, Chennai 600004, téléphone: 8273111, téléfax : 044-826O460. 
À deux cents mètres de l'Académie de Musique,  amenés en un incessant ballet de voitures, on y  croise des familles entières, des musiciens avec leurs tambours ou leur veena et leurs "fans", des étrangers habillés à l'indienne avec recherche, des danseuses avec leurs mères en des costumes somptueux. Le New Woodland est une véritable institution des valeurs hindoues, dont la cuisine végétarienne, de solide réputation, que l'on retrouve dans toute l'Inde et dans le monde (même à Paris). Tous les festivaliers s'y rencontrent, se cherchent, véritable succursale du Festival de Musique. Ce caravansérail, qui ressemble plutôt à un club, dans un grand parc ombragé de magnifiques arbres, revu et corrigé par un service des plus stylés offre des prestations hôtelières impeccables, des chambres pour toutes les bourses, simples, doubles, des suites, des bungalows, avec télévision, climatisation et journal du matin, sans oublier la possibilité díy faire porter des plats délicieux. Dès la tombée du soir, un petit temple est ouvert aux fidèles qui s'y pressent pour mes cérémonies et prières. On trouve tout ce dont on a besoin dans le drugstore de l'hôtel. Plus un salon de beauté et coiffeur, un cireur de chaussure, des voitures à louer pour la journée ou pour partir en excursion visiter quelques temples du sud. On trouve tout au New Woodland. 

Quant à son restaurant, c'est un véritable "cinq étoiles", renommé pour la délicatesse de sa cuisine végétarienne. Il faut y goûter son Thali, (ensemble de plusieurs currys de légumes, servis avec différentes sortes de crêpes, Puri, Barata, ChapattiÖ). On s'y précipite après le dernier récital de l'Académie de Musique. On s'y retrouve entre musiciens, entre amis indiens et étrangers, avec l'amour de la musique et la musique qui ne parle que d'amour, d'amour divin évidemment, mais tant d'amour, cela rend heureux quand même. Emporté par cette atmosphère d'un bonheur simple et harmonieux, on prend pendant le festival un véritable bain de jouvence, comme si on y venait pour se ressourcer, pour oublier soucis et vies compliquées.Toutes les facilités : climatisation, téléphone, téléfax et TV, piscine, agence de voyage, petit drugstore. Cuisine végétarienne et pas d'alcool. Pour le Festival, il est recommandé de réserver plusieurs mois à l'avance. Chambre simple 620 roupies (85 F). Chambre double 720 roupies (100 F),  Suite I 200 roupies (165 F). Il y a aussi des bungalows. 
Location de voiture au Bureau du tourisme du New Woodland, pour la journée 500/600 roupies, soit 60/80 F ou pour des excursions de plusieurs jours dans la région à des prix très abordables. On peut avoir toute confiance dans les chauffeurs pour leur gentillesse et pour leur honnêteté.  À la sortie de l'hôtel, station d'auto-rickshaw, entre 30 et 50 roupies la course (3 à 6 F) On peut s'entendre avec le conducteur pour le garder à la journée. Au restaurant, un délicieux repas ne coûte guère plus de 10 francs !!! 
 

Líhôtel Savera, juste à côté du New Woodland, 69 Dr. Radhakrishnan Road, Tél. 827//-- 4700, téléfax : 827-3475. 
C'est un 4 étoiles, non-végétarien, mais avec une excellente cuisine indienne et occidentale  chambres autour de 200 F. 

En sortant le soir  du dernier récital de l'Académie de Musique, à cent mètres, au n° 1 de Cathedral Road, on trouve  un groupe de restaurants à la mode, présentant des cuisines toutes différentes, ouverts tard dans la nuit. Le restaurant Amaravathi, climatisé, dans un décor sophistiqué à l'ancienne, propose les spécialités "chettinad", "très modeì aussi, inspirées des recettes traditionnelles de Tanjore. Il utilise les mêmes épices et préparations qu'autrefois (poissons, poulets, moutons avec sauces aux parfums raffinés, souvent à base de noix de coco). Le restaurant Baahar, dans un jardin, avec ses barbecues, présente les plats fameux de la frontière du Nord-Ouest comme le tandoori, les brochettes et les délicieuses crêpes d'une finesse incroyable, appelées "roomalli roti". 

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Pour se cultiver

Chennai est un jardin des délices pour ceux qui veulent se documenter et s'intéresser, apprendre un peu ou passionnément sur cette métropole, sur l'Inde du Sud ou l'Inde tout court !!! Le passé, le présent, l'actualité sont traités commentés, discutés par des auteurs indiens et étrangers dans les nombreuses librairies de la ville, où l'on trouve essais et romans de toutes les régions de l'Inde, y compris les publications des femmes et sur les femmes, comme les éditions Kali for Women, créées par Ritu Menon. Cette maison d'éditions est la première en Inde sur ce sujet, et son objet, est non seulement d'améliorer la connaissance sur les femmes en Inde et dans le tiers-monde, mais de servir de plate-forme pour les femmes écrivains, dans les domaines de la politique, de l'économie, de la sociologie, de l'ethnologie. 

En dehors des imposantes bibliothèques, véritables monuments, que sont celles de la Société Théosophique, de la Fondation Krishnamurti, et les autres, je vous conseille d'aller le plus vite, dès votre arrivée à Chennai, à la caverne d'Ali Baba : la librairie Giggles, la plus petite librairie de la ville mais aussi la plus grande par l'accumulation de ses livres en anglais, tous plus intéressants les uns que les autres. Sur ce petit paradis, qui se trouve dans l'enceinte de l'Hôtel Connemara, règne une femme remarquable, Nalini Chettur, l'amie de tous les voyageurs en quête d'informations sur l'Inde et sur le monde. 

Pour tous ceux qui seraient intéressés par de belles copies de livres anciens sur les voyages, l'histoire, l'archéologie, les religions, la philosophie, l'anthropologie, l'Asie portugaise, il faut aller aux Asian Educational Services, 5 Sripuram First Street, 600014, téléphone : 044-8265040, téléfax : 044-8211291, qui ont un choix de livres rares à des prix  très sympathiques. 

Non loin de l'Académie de Musique  se trouve l'un des plus anciens quartiers de Chennai : Mylapore, autour du Temple Kapaleeswara consacré à Shiva, chef d'úuvre d'art dravidien. De nombreuses associations culturelles, salles de concerts ou sabhas, (où l'on peut faire du yoga) y offrent des récitals pendant le Festival de Musique, ce qui permet de visiter à pied ce quartier si pittoresque. En sortant du Centre culturel Kartik Fine Arts, en face d'un extraordinaire restaurant dédié au sage super vénéré Sai Baba où l'on mange sur des feuilles de bananiers, il ne faut pas manquer un véritable palais de toutes les soies et de tous les cotons : Radha Silk Emporium au n° 1 Sannadhi Street. On y trouve aussi de splendides costumes traditionnels pour hommes et femmes, des chemises indiennes et on peut y faire faire des "shawar" (ensemble féminin qui fera de vous une princesse) pour 200 roupies soit 25 F. En sortant de ce palais du textile, aller tout droit vers le temple, pour les cérémonies du soir. Déjà quelques centaines de pèlerins sont arrivés. C'est une rue inspirée et inspirante avec toutes les boutiques de livres sur líésotérisme, le bouddhisme et l'hindouisme, sur les dieux et la méditation, sur le yoga et toutes les médecines naturelles, ayurvédiques et tibétaines. Les marchands de cassettes de musique religieuse hindoue sont pris d'assaut et la musique accompagne le visiteur. Les vaches sacrées passent de-ci de là, dont on prendra le lait pour le déverser sur le " lingam "  symbole phallique du dieu, dans le temple illuminé. 

Mais après avoir vécu l'enchantement de la musique, dégusté les saveurs de cuisines délicieuses, parcouru les vieux  quartiers,  et les marchés, acheté de la soie et des épices et avoir lu tant de livres, on n'aspire plus qu'à une seule chose : un bon massage et ce massage exceptionnel, traditionnel avec des huiles parfumées existe. Il suffit de téléphoner à Madame Leela Menon au 8264650 pour prendre rendez-vous au salon de massage très professionnel "Haritha", 259/3 Kilpauk Garden Road. Des masseurs pour les messieurs, des masseuses pour les femmes, qualifiés spécialistes du massage ayurvédique, par les huiles traditionnelles du très fameux Centre de recherche et de médecine ayurvédique Kottakal Arya Vaidya Sala. On peut aussi y consulter un médecin de médecine naturelle. Ce centre est reconnu dans toute l'Inde. 

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C v M
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Festival de la Danse à Mamallapuram


 


Une place est réservée à la danse, qui a son propre Festival en décembre-janvier dans le merveilleux village de sculpteurs au bord du golfe du Bengale : Mamallapuram, appelé autrefois Mahabalipuram, site du  fameux temple du bord de mer du VIIe siècle dédié à Shiva. Ce village est devenu, en quelques années, l'un des endroits les plus à la mode pour passer quelques jours au bord  d'une mer sauvage, d'une plage sans fin où les pêcheurs refont chaque soir leurs radeaux, avant de partir en mer, en rassemblant par des núuds de cordage quelques morceaux de bois. Mamallapuram, dans son cadre enchanteur tropical a su garder intacte la beauté d'un village traditionnel, toujours voué aux arts et à la sculpture de temples, tout en développant résidences, hôtels de charme luxueux, ìguest-housesì, chambres chez l'habitant. Le long de la plage, des auberges face au Temple, offrent des plats délicieux, des poissons qui viennent d'être pêchés,  des langoustes et des gambas  On peut aussi se faire masser ou apprendre le massage ayurvédique,  massage traditionnel avec des herbes, faire du yoga avec des maîtres. Des petits couturiers de rue copieront n'importe quoi ou feront le costume indien, le shalwar-kamiz, si féminin, dans des soies locales de toutes les couleurs. 

Tous les soirs, pendant un mois, les danses classiques des diverses écoles du Sud sont présentées, en plein air devant la "Pénitence d'Arjun", le bas-relief sculpté le plus important du monde, couvrant la falaise avec ses chèvres bondissant d'une sculpture à l'autre, sous le clair de lune. Mamallipuram est aussi le point de départ pour partir visiter les beaux temples du Sud, en voiture avec un chauffeur qui s'occupera de tout ou en autobus pour les plus téméraires. 

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NOTES DE VOYAGE POUR LE FESTIVAL DE DANSE DE MAMALLAPURAM 

Mamallapuram est située à 57 kilomètres de Chennai, par la jolie route du littoral. Il faut faire une halte à 25 kilomètres, à "l'Institut of Naturopathy and Yoga", soins, massages et remise en forme suivant la médecine traditionnelle, sorte de maison de cure. Mais on peut préférer s'arrêter à Cholamandal, un village d'artistes et d'artisans sous les grands arbres tropicaux ou avoir peur en parcourant l'élevage de crocodiles de la Crocodile Bank. 

Mamallapuram est un site archéologique fameux, datant du  règne du Roi Pallava Narasimhavarman 1er (630-668). La plupart des monuments sont en effet de cette époque. Mamallapuram fut aussi un l'un des plus grands ports de la côte orientale, reliant l'Inde au Sri Lanka et au Sud-Est Asiatique. 

Les tickets pour le Festival de danse sont en vente au Tourism Office où règne ìMonsieur Josephì, mais on peut aussi les acheter sur place à condition d'arriver une bonne demi-heure avant le spectacle. 

Que ce soit dans les "resorts" populaires le long  des plages comme l'Hôtel Tamilnadu ou le superbe et luxueux Temple Bay Ashok Beach Resort, que ce soit le caravansérail moderne (avec toutes les facilités de téléfax, e-mail, téléphoneÖ) comme le Mamalla Bhavan Annexe, les petits bungalows, les chambres chez l'habitant, il y a un grand choix pour se loger. De même pour les  jolis restaurants, que ce soit pour déguster quelques plats ou boire de délicieux  jus de fruits frais. 

L'un des plus romantiques est sûrement le Surya tenu par le sculpteur R. Natesan dans un parc tropical luxuriant et sauvage peuplé de ses sculptures de dieux et de déesses, dont le Dieu éléphant Ganesh. Les bungalows, très simples ou climatisés, à étage avec terrasse, entourent un petit lac avec des tortues et rempli d'oiseaux de toutes les couleurs dont les chants se mêlent au marteau des sculpteurs avoisinants. En traversant le parc, on arrive à un restaurant sous une tonnelle, caché par les bananiers et les cocotiers. Pour réserver, appeler Monsieur Natesan qui viendra vous chercher  à  Madras avec sa voiture (téléphoner au 04114 42-292 ou laisser un message au 9628-447-147). 

Le long de la plage, nombres d'auberges offrent poissons, langoustes et crevettes et une vue splendide. La Luna Magica est l'une des meilleures et des plus sympathiques. Et par clair de lune, c'est vraiment magique avec la vue sur le temple devant la mer. 

Quant au massage, le Maître B. Vasudevan reçoit dans sa maison, 78 Fisherman Colony, téléphone : 42708, au premier étage, dans une chambre qui donne sur la mer et le bruit des vagues. Excellent massage ayurvédique à l'huile parfumée d'herbes médicinales (300 roupies soit 40 F). Ses lettres de recommandation et de louanges écrites en toutes les langues l'attestent ! 

Cours de Yoga, méditation, Mamallapuram est devenu un endroit très à la mode, mais il a gardé tout naturellement la beauté et la vie d'un vrai village du sud, qui en font tout son charme avec ses sculpteurs et son festival de danse. 

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C v M
 

 
Une importante exposition consacrée à la déesse hindoue, Devi, ouvre ses portes aujourd'hui à Washington.(AFP, 29/3/99)

WASHINGTON D.C., 29 mars (culturekiosque.com) - Devi: La Grande Déesse, qui ouvre ses portes aujourd'hui, à la Smithsonian
Institution à Washington, explore les multiples facettes de la grande déesse hindoue, Devi. 

Dépeinte et adorée sous de nombreuses formes, la grande déesse Devi est présentée dans un ensemble d'environ cent-vingt
oeuvres - peintures sur papier, toile et bois et sculptures en bronze, en pierre et en terre cuite - qui s'étalent sur une période de
quelques 2000 ans.

Les oeuvres exposées, qui trouvent leur origine essentiellement en Inde mais comprennent également des pièces d'origines
népalaise, chinoise et pakistanaise, proviennent de collections privées et de musées en Europe et aux Etats-Unis.

Le visiteur découvrira la juxtaposition étonnante entre les manières antiques et contemporaines de présenter cette divinité sous
ses nombreuses formes; tantôt proche - la mère de tous les êtres, tantôt distante - la mère de tout l'univers; tantôt être bienveillant et généreux, tantôt l'être le plus puissant du cosmos.

Devi: The Great Goddess
28 mars - 6 septembre 1999
Arthur M. Sackler Gallery
Smithsonian Institution
Washington D.C.
Tel : (202) 357 27 00

Derniers jours d'une autre exposition en cours au même endroit:

Les Jésuites et le Grand Mogol: l'Art de la Renaissance à la Cour Impériale de l'Inde (1580-1630)

Vingt-deux tableaux, livres et objets d'une grande rareté permettent de découvrir la rencontre entre les styles artistiques
occidentaux et orientaux résultant de la présence des premières missions catholiques en Asie qui ont suivi la découverte de la
route maritime vers l'Inde par Vasco da Gama en 1498.

The Jesuits and the Grand Mogul: Renaissance Art at the Imperial Court of India (1580-1630)
Jusqu'au 4 avril 1999
Smithsonian Institution
Washington D.C.
Tel : (202) 357 27 00