La
musique carnatique et le divin
La musique carnatique, spécifique d'une Inde du Sud dravidienne,
protégée des invasions d'Asie Centrale, existait bien avant
l'arrivée des Moghols. Dès le IVe siècle, des académies
de lettres et de poésie florissaient dans le Sud. Des liens multiples
ont été établis avec l'Afrique, le Sud-Est asiatique,
l'Égypte et le Pacifique. Selon les ethnologues, les aborigènes
du Sud de l'Inde ne sont pas sans rapport avec ceux de l'Australie. Alors
que dans le Nord, la musique hindoustani subissait des influences arabes
et persanes, celle du Sud est restée intacte. Elle est représentative
des courants d'origine qui remontent aux premiers temps, liée à
l'histoire millénaire de cette partie de l'Inde, avec les plus anciennes
populations du continent. Des inscriptions sur des stèles des rois
Chola au Xe siècle parlent de musiciens, interprètes de sarangi
(sorte de violon) accompagnant au temple les chanteurs des hymnes sacrés
"Tevaram". Cette civilisation du Sud a su, au cours des siècles,
sauver sa culture, ses traits particuliers dans une lutte incessante pour
son identité et ses langues, dont le tamoul.
Les échanges entre les artistes d'une région à
l'autre du sud ont beaucoup fait pour la préservation de la musique
carnatique et son évolution. Ce qui la caractérise, sur le
plan de la musicologie, c'est qu'elle conserve ses bases, c'est-à-dire,
son rythme quasi-mathématique tiré des versifications antiques,
des psaumes incantatoires. Les voix, travaillées et retravaillées
sans cesse, dépassent par leurs registres et leur virtuosité
toute dimension humaine.
Cette musique nous entraîne dans un monde magique. Transporté
par une telle ferveur, on ne sait plus si la voix est un violon ou si le
violon est une voix humaine. L'auditoire accompagne les artistes, comme
un dans pèlerinage, où le religieux et le profane se mêlent
pour créer "le divin", le "tout amour".
Cérémonies et ferveur. Les gens du Sud vivaient
et continuent de vivre au rythme des cérémonies, autour et
dans les temples ; la musique, comme le chant et la danse, étaient
dans les temples; c'étaient des arts "sacrés" à la
gloire des dieux. Certaines capitales comme Tanjore étaient renommées
pour l'excellence de leurs artistes, poètes, compositeurs, érudits...
Aujourd'hui, des centaines de milliers de pèlerins vont encore d'un
temple à l'autre. La ferveur pour ces "arts sacrés" n'a pas
changé malgré la modernisation, l'amélioration sensible
du niveau de vie et l'industrialisation accélérée
de la région de Madras, notamment dans l'informatique et les textiles.
Au début du XXe siècle, on commence à assister à
des concerts publics. Le chant, la danse et la musique sont descendus dans
la rue, mais les thèmes sont toujours les mêmes. Ils sont
devenus encore plus populaires, et fleurissent partout : dans des écoles,
des ateliers, lors de cours privés. Quels que soient leur caste,
leur position sociale, leur âge, qu'ils soient hommes ou femmes,
les Madrasi sont nourris de musique, de chants et de danses, offrandes
à l'amour et à la gloire des dieux.
Dans une même famille, on trouve souvent le frère qui apprendra
le violon et la súur le chant ou la danse, tous dans le même
espoir de participer à des récitals, d'être reconnus
comme dépositaires de l'art classique carnatique. Mais quand
on leur demande quelle est leur occupation réelle, ils sont
le plus souvent, filles ou garçons, étudiants en informatique,
dans la finance, le business.
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L'Académie
de Musique de Madras-Chennai et son Festival annuel
L'Académie de Musique de Madras (la capitale de l'État
du Tamil Nadu, qui a repris son nom ancien de Chennai : prononcer Chennaille),
nous ramène à un certain I8 août 1928 où elle
fut inaugurée par les plus grands musiciens, compositeurs et chanteurs
de l'époque. Le Pandit Nehru l'avait consacrée en 1955. On
peut dire qu'elle fonctionne depuis lors comme l'Université de musique
carnatique de l'Inde et reconnue comme telle dans le monde entier.
On lui doit la préservation de cette culture qui intéresse
les 60 millions de Tamouls qui vivent dans l'État du Tamil Nadu
et une partie du Sri Lanka. Encouragée par un sentiment profond
de fierté régionale (pendant l'époque coloniale britannique,
on se souvient des mouvements contre la domination des castes et l'imposition
de la langue hindi), aidée par les soutiens financiers d'une économie
en croissance, elle a su stimuler l'intérêt pour cette tradition
musicale, encourager les recherches, les études, et rendre possible
la pratique des instruments.
Elle est à l'origine d'un Festival, surnommé Conférence
Annuelle de la Musique Carnatique, qui se tient chaque année au
mois de décembre. La 72 ème Conférence, du I4 décembre
1998 au 1er janvier 1999, a présenté 95 concerts avec plus
de 300 artistes, musiciens, chanteurs et quelques représentations
de danseuses renommées de Bharatanatyam et de Kuchipudi.
Pendant le festival, les matinées sont consacrées à
la recherche et aux débats. Les compositeurs, les chanteurs, les
danseuses, les musicologues viennent expliquer, discuter, répondre
aux questions. Des artistes et des chercheurs de l'Inde du Nord, d'Asie,
d'Europe, d'Australie, du Japon et de l'Amérique assistent chaque
année à cet événement et y participent.
L'Académie de Musique, aussi imposante que l'Académie
de Musique de La Villette à Paris, est présidée aujourd'hui
par Monsieur Sri T.T. Vatsu, secondé par une cinquantaine d'assistants,
musiciens, musicologues et administratifs. Elle est parrainée
par le gouvernement, les sociétés et entreprises les plus
importantes, les banques ainsi que de nombreux mécènes épris
de musique. Chacune de ses manifestations est l'occasion d'inaugurations
officielles par de hautes personnalités, Chef ou Premier ministre
du gouvernement de l'État, de l'Union Indienne, ou internationales.
Un Collège, crée en 1931, reconnu par le gouvernement du
Tamil Nadu et le Département de l'Éducation, prépare
en trois ans les étudiants en musique à devenir professeurs.
Des cours de veena, de violon, de mridangam ont été ajoutés.
Tous les ans, de nombreux artistes reconnus pour leur talent exceptionnel
sont décorés. Des cérémonies de commémoration
évoquent le souvenir et les enseignements des Anciens. Un Festival
de la Jeunesse de Musique et de Danse a lieu chaque année pour les
10-25 ans. Concerts, conférences et expositions se suivent toute
l'année, faisant de Chennai, une des grandes capitales de la musique.
Des bourses sont accordées aux étudiants et des aides apportées
aux musiciens en difficulté. L'Académie gère un centre
de recherches, un journal, une bibliothèque, avec des livres rares
et moderne, une photothèque avec des photos très anciennes.
Elle s'attache à promouvoir l'excellence, les valeurs traditionnelles
; elle encourage les innovateurs en musique et chant et présente
chaque année de jeunes inconnus.
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Convivialité et
art de vivre. La ville de Madras fait la fête à
la musique. Il n'est pas un quartier de la ville qui ne présente
dans ses "sabhas" (associations culturelles), ses écoles, ses salles
publiques, et même dans ses temples, des dizaines de
récitals, chaque jour, de musiciens, chanteurs et danseuses. On
rencontre, en dehors des festivaliers, les gens du quartier, et pendant
que l'on se restaure de quelques mets toujours délicieux, préparés
devant nos yeux sous les tentes des cantines ou à l'ombre d'un banian,
dans un jardin tropical, tout le monde se parle et tout le monde nous parle.
C'est le miracle du Festival de Musique, mais aussi est-ce peut-être
un peu de cet amour divin, qui descend sur nous, profanes, hommes et femmes
de bonne volonté, reçus et traités par les madrasi
comme des invités, des amis de longue date.
N'ai-je pas, de Paris, rencontré sur Internet, à Sydney,
un Indien d'Australie, interprète de mridangam (le tambour du Sud)
qui m'a donné rendez-vous à l'hôtel New Woodland à
Chennai ? Il m'a présenté, lors de ses récitals, d'autres
artistes, dont le célèbre flûtiste Ramani, venu souvent
à Paris pour des concerts. Et me voici suivant , subjuguée,
chaque récital de ce virtuose, avec ses fidèles, dans
la ville, d'une salle de mairie de cinq cents places au temple du quartier,
où on l'écoute avec ravissement, tous assis par terre, cependant
que les brahmanes préparent les cérémonies du soir.
Quel plaisir de ne pas se sentir un touriste, de pouvoir participer,
díêtre respecté, de partager, même maladroitement
quelquefois, cet amour de la musique avec les gens du pays. La monnaie
d'échange n'est pas l'argent mais la musique. Quel privilège
! Et le conducteur de l'auto-rickshaw qui tous les soirs m'amène,
très fier, d'un récital à l'autre, attend fidèlement
pour me à mon hôtel, tout heureux lui aussi d'avoir assisté
au spectacle qu'il commente dans la nuit douce et parfumée. Autour
de l'Académie de Musique, pendant le Festival, règne une
atmosphère de convivialité et de ferveur exceptionnelle.
Tous les aficionados de la musique et du chant traditionnel carnatique
sont là, du matin au soir, dans un état d'extrême sensibilité,
se saluant, engageant des conversations. Certains se précipitent
pour acheter des places, d'autres ont acheté des cartes valables
pour toute la durée du festival, mais ils font la queue de peur
de ne pouvoir entrer dans l'imposant et très luxueux Auditorium.
On se précipite pour entendre Nithyasree Mahadevan, en extase devant
sa virtuosité exceptionnelle. Vijaya Lakshmi Subramanian interprètent
les Ragas et les Kritis avec une telle douceur que le public est saisi
d'une profonde émotion. Les deux súurs flûtistes Sikkil
Kunjumani et Neela., lors de leur excellente interprétation ont
présenté le jeune espoir féminin de la flûte,
Mala Chandrasekhar, que l'on découvre avec ravissement. Quant aux
musiciens, amateurs éclairés, maîtres vénérés
ou jeunes espoirs, comment tous les citer, comment les remercier pour la
joie, la ferveur, l'harmonie qu'ils font naître, comme les magiciens
qu'ils sont.
Entre deux récitals, on achète les cassettes et CD, des
livres, des revues et des journaux vendus sur les nombreux stands du Hall.
On se faufile, on se bouscule dans le froissement des émotions et
les froissements de soie des saris, pour aller se restaurer de quelques
mets végétariens exquis qui laissent la bouche parfumée,
sous la splendide tente dressée par le célèbre restaurant
Woodland, garant de la qualité de cette cuisine raffinée,
si différente de celle du Nord. Il est vrai que l'on trouve aussi
à Chennai, en ville et sur la Marina, devant la mer, des restaurants
de plus en plus nombreux, rivalisant de somptuosité, offrant toutes
les autres spécialités des régions de l'Inde.
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NOTES DE VOYAGE POUR LE FESTIVAL DE MUSIQUE DE MADRAS-CHENNAI
Pour tout savoir
sur ce Festival
Il faut aller à l'Office Régional du Tourisme du gouvernement
indien, 154 Anna Salai, Chennai 600 002 ; téléphones : 044-852
4785 / 4295, téléfax : 044-852 2193. Son nouveau directeur,
M. Chair Mustafa Naqvi, est un grand érudit, ami de la France. Il
a passé de nombreuses années en Europe. Ses collaborateurs
savent tout sur Chennai et sa région, les adresses, les programmes,
les festivals et les cérémonies. Leur gentillesse est sans
égale comme leur efficacité et leur patience. Mme Raji Muralidharan,
assistante du directeur, originaire du Kerala, véritable puits de
science et de connaissances sur le sud de l'Inde, entrouvre pour nous les
portes de cette région passionnante et si hospitalière, que
l'on quitte à regret, tout au plaisir de savoir que tant de surprises,
de rencontres, de découvertes humaines, culturelles et artistiques,
tant de paysages splendides nous attendent pour un autre voyage.
L'Académie de Musique (Music Academy) se trouve au 3O6 T.T. Road,
Chennai 600014, téléphone : 8275162, téléfax
: 91448271610.
Acheter tous les jours "The Hindu", journal qui donne chaque jour tous
les programmes et les horaires des récitals du Festival de Musique.
Sur Internet : vous trouverez plus d'informations sur le site
<www.chennaionline.com/musicseason>
l'Office National Indien de tourisme, 13, bld Haussmann, 75009, téléphone
: 0145233045 ; téléfax : 0145233345, où M. J. Nath,
directeur adjoint, est homme de communication, convivial, passionné
par son travail et d'excellent conseil. À Paris encore, vous
trouverez toujours une place et au meilleur prix pour l'Inde, le Sud ou
le Nord, au Sundar Travel, 226 rue du Fbg Saint-Denis, téléphone
01 4205 3187, téléfax : 01 4205 8575, où M. Sundar,
de Pondichéry, et ses collaborateurs sont efficaces et sympathiques.
En attendant, car la queue est souvent longue, je vous conseille quelques
délicieux plats du Sud chez Dishny, 25 rue Cail, à cent mètres
de l'agence Sundar, ou en face, au restaurant Woodland.
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Pour se loger, trouver sa table
et circuler
Le New Woodland Hotel : une succursale du Festival
L'hôtel New Woodland, 72/75 Dr. Radhakrishnan Road, Mylapore,
Chennai 600004, téléphone: 8273111, téléfax
: 044-826O460.
À deux cents mètres de l'Académie de Musique,
amenés en un incessant ballet de voitures, on y croise des
familles entières, des musiciens avec leurs tambours ou leur veena
et leurs "fans", des étrangers habillés à l'indienne
avec recherche, des danseuses avec leurs mères en des costumes somptueux.
Le New Woodland est une véritable institution des valeurs hindoues,
dont la cuisine végétarienne, de solide réputation,
que l'on retrouve dans toute l'Inde et dans le monde (même à
Paris). Tous les festivaliers s'y rencontrent, se cherchent, véritable
succursale du Festival de Musique. Ce caravansérail, qui ressemble
plutôt à un club, dans un grand parc ombragé de magnifiques
arbres, revu et corrigé par un service des plus stylés offre
des prestations hôtelières impeccables, des chambres pour
toutes les bourses, simples, doubles, des suites, des bungalows, avec télévision,
climatisation et journal du matin, sans oublier la possibilité díy
faire porter des plats délicieux. Dès la tombée du
soir, un petit temple est ouvert aux fidèles qui s'y pressent pour
mes cérémonies et prières. On trouve tout ce dont
on a besoin dans le drugstore de l'hôtel. Plus un salon de beauté
et coiffeur, un cireur de chaussure, des voitures à louer pour la
journée ou pour partir en excursion visiter quelques temples du
sud. On trouve tout au New Woodland.
Quant à son restaurant, c'est un véritable "cinq étoiles",
renommé pour la délicatesse de sa cuisine végétarienne.
Il faut y goûter son Thali, (ensemble de plusieurs currys de légumes,
servis avec différentes sortes de crêpes, Puri, Barata, ChapattiÖ).
On s'y précipite après le dernier récital de l'Académie
de Musique. On s'y retrouve entre musiciens, entre amis indiens et étrangers,
avec l'amour de la musique et la musique qui ne parle que d'amour, d'amour
divin évidemment, mais tant d'amour, cela rend heureux quand même.
Emporté par cette atmosphère d'un bonheur simple et harmonieux,
on prend pendant le festival un véritable bain de jouvence, comme
si on y venait pour se ressourcer, pour oublier soucis et vies compliquées.Toutes
les facilités : climatisation, téléphone, téléfax
et TV, piscine, agence de voyage, petit drugstore. Cuisine végétarienne
et pas d'alcool. Pour le Festival, il est recommandé de réserver
plusieurs mois à l'avance. Chambre simple 620 roupies (85 F). Chambre
double 720 roupies (100 F), Suite I 200 roupies (165 F). Il y a aussi
des bungalows.
Location de voiture au Bureau du tourisme du New Woodland, pour la
journée 500/600 roupies, soit 60/80 F ou pour des excursions de
plusieurs jours dans la région à des prix très abordables.
On peut avoir toute confiance dans les chauffeurs pour leur gentillesse
et pour leur honnêteté. À la sortie de l'hôtel,
station d'auto-rickshaw, entre 30 et 50 roupies la course (3 à 6
F) On peut s'entendre avec le conducteur pour le garder à la journée.
Au restaurant, un délicieux repas ne coûte guère plus
de 10 francs !!!
Líhôtel Savera, juste à côté
du New Woodland, 69 Dr. Radhakrishnan Road, Tél. 827//-- 4700, téléfax
: 827-3475.
C'est un 4 étoiles, non-végétarien, mais avec
une excellente cuisine indienne et occidentale chambres autour de
200 F.
En sortant le soir du dernier récital de l'Académie
de Musique, à cent mètres, au n° 1 de Cathedral Road,
on trouve un groupe de restaurants à la mode, présentant
des cuisines toutes différentes, ouverts tard dans la nuit. Le restaurant
Amaravathi, climatisé, dans un décor sophistiqué à
l'ancienne, propose les spécialités "chettinad", "très
modeì aussi, inspirées des recettes traditionnelles de Tanjore.
Il utilise les mêmes épices et préparations qu'autrefois
(poissons, poulets, moutons avec sauces aux parfums raffinés, souvent
à base de noix de coco). Le restaurant Baahar, dans un jardin, avec
ses barbecues, présente les plats fameux de la frontière
du Nord-Ouest comme le tandoori, les brochettes et les délicieuses
crêpes d'une finesse incroyable, appelées "roomalli roti".
Retour.
Pour se cultiver
Chennai est un jardin des délices pour ceux qui veulent se documenter
et s'intéresser, apprendre un peu ou passionnément sur cette
métropole, sur l'Inde du Sud ou l'Inde tout court !!! Le passé,
le présent, l'actualité sont traités commentés,
discutés par des auteurs indiens et étrangers dans les nombreuses
librairies de la ville, où l'on trouve essais et romans de toutes
les régions de l'Inde, y compris les publications des femmes et
sur les femmes, comme les éditions Kali for Women, créées
par Ritu Menon. Cette maison d'éditions est la première en
Inde sur ce sujet, et son objet, est non seulement d'améliorer la
connaissance sur les femmes en Inde et dans le tiers-monde, mais de servir
de plate-forme pour les femmes écrivains, dans les domaines de la
politique, de l'économie, de la sociologie, de l'ethnologie.
En dehors des imposantes bibliothèques, véritables monuments,
que sont celles de la Société Théosophique, de la
Fondation Krishnamurti, et les autres, je vous conseille d'aller le plus
vite, dès votre arrivée à Chennai, à la caverne
d'Ali Baba : la librairie Giggles, la plus petite librairie de la ville
mais aussi la plus grande par l'accumulation de ses livres en anglais,
tous plus intéressants les uns que les autres. Sur ce petit paradis,
qui se trouve dans l'enceinte de l'Hôtel Connemara, règne
une femme remarquable, Nalini Chettur, l'amie de tous les voyageurs en
quête d'informations sur l'Inde et sur le monde.
Pour tous ceux qui seraient intéressés par de belles copies
de livres anciens sur les voyages, l'histoire, l'archéologie, les
religions, la philosophie, l'anthropologie, l'Asie portugaise, il faut
aller aux Asian Educational Services, 5 Sripuram First Street, 600014,
téléphone : 044-8265040, téléfax : 044-8211291,
qui ont un choix de livres rares à des prix très sympathiques.
Non loin de l'Académie de Musique se trouve l'un des plus
anciens quartiers de Chennai : Mylapore, autour du Temple Kapaleeswara
consacré à Shiva, chef d'úuvre d'art dravidien. De
nombreuses associations culturelles, salles de concerts ou sabhas, (où
l'on peut faire du yoga) y offrent des récitals pendant le Festival
de Musique, ce qui permet de visiter à pied ce quartier si pittoresque.
En sortant du Centre culturel Kartik Fine Arts, en face d'un extraordinaire
restaurant dédié au sage super vénéré
Sai Baba où l'on mange sur des feuilles de bananiers, il ne faut
pas manquer un véritable palais de toutes les soies et de tous les
cotons : Radha Silk Emporium au n° 1 Sannadhi Street. On y trouve aussi
de splendides costumes traditionnels pour hommes et femmes, des chemises
indiennes et on peut y faire faire des "shawar" (ensemble féminin
qui fera de vous une princesse) pour 200 roupies soit 25 F. En sortant
de ce palais du textile, aller tout droit vers le temple, pour les cérémonies
du soir. Déjà quelques centaines de pèlerins sont
arrivés. C'est une rue inspirée et inspirante avec toutes
les boutiques de livres sur líésotérisme, le bouddhisme
et l'hindouisme, sur les dieux et la méditation, sur le yoga et
toutes les médecines naturelles, ayurvédiques et tibétaines.
Les marchands de cassettes de musique religieuse hindoue sont pris d'assaut
et la musique accompagne le visiteur. Les vaches sacrées passent
de-ci de là, dont on prendra le lait pour le déverser sur
le " lingam " symbole phallique du dieu, dans le temple illuminé.
Mais après avoir vécu l'enchantement de la musique, dégusté
les saveurs de cuisines délicieuses, parcouru les vieux quartiers,
et les marchés, acheté de la soie et des épices et
avoir lu tant de livres, on n'aspire plus qu'à une seule chose :
un bon massage et ce massage exceptionnel, traditionnel avec des huiles
parfumées existe. Il suffit de téléphoner à
Madame Leela Menon au 8264650 pour prendre rendez-vous au salon de massage
très professionnel "Haritha", 259/3 Kilpauk Garden Road. Des masseurs
pour les messieurs, des masseuses pour les femmes, qualifiés spécialistes
du massage ayurvédique, par les huiles traditionnelles du très
fameux Centre de recherche et de médecine ayurvédique Kottakal
Arya Vaidya Sala. On peut aussi y consulter un médecin de médecine
naturelle. Ce centre est reconnu dans toute l'Inde.
Retour.
C v M
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Festival
de la Danse à Mamallapuram
Une place est réservée à la danse, qui a son propre
Festival en décembre-janvier dans le merveilleux village de sculpteurs
au bord du golfe du Bengale : Mamallapuram, appelé autrefois Mahabalipuram,
site du fameux temple du bord de mer du VIIe siècle dédié
à Shiva. Ce village est devenu, en quelques années, l'un
des endroits les plus à la mode pour passer quelques jours au bord
d'une mer sauvage, d'une plage sans fin où les pêcheurs refont
chaque soir leurs radeaux, avant de partir en mer, en rassemblant par des
núuds de cordage quelques morceaux de bois. Mamallapuram, dans son
cadre enchanteur tropical a su garder intacte la beauté d'un village
traditionnel, toujours voué aux arts et à la sculpture de
temples, tout en développant résidences, hôtels de
charme luxueux, ìguest-housesì, chambres chez l'habitant.
Le long de la plage, des auberges face au Temple, offrent des plats délicieux,
des poissons qui viennent d'être pêchés, des langoustes
et des gambas On peut aussi se faire masser ou apprendre le massage
ayurvédique, massage traditionnel avec des herbes, faire du
yoga avec des maîtres. Des petits couturiers de rue copieront n'importe
quoi ou feront le costume indien, le shalwar-kamiz, si féminin,
dans des soies locales de toutes les couleurs.
Tous les soirs, pendant un mois, les danses classiques des diverses
écoles du Sud sont présentées, en plein air devant
la "Pénitence d'Arjun", le bas-relief sculpté le plus important
du monde, couvrant la falaise avec ses chèvres bondissant d'une
sculpture à l'autre, sous le clair de lune. Mamallipuram est aussi
le point de départ pour partir visiter les beaux temples du Sud,
en voiture avec un chauffeur qui s'occupera de tout ou en autobus pour
les plus téméraires.
Retour.
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NOTES DE VOYAGE POUR LE FESTIVAL
DE DANSE DE MAMALLAPURAM
Mamallapuram est située à 57 kilomètres de Chennai,
par la jolie route du littoral. Il faut faire une halte à 25 kilomètres,
à "l'Institut of Naturopathy and Yoga", soins, massages et remise
en forme suivant la médecine traditionnelle, sorte de maison de
cure. Mais on peut préférer s'arrêter à Cholamandal,
un village d'artistes et d'artisans sous les grands arbres tropicaux ou
avoir peur en parcourant l'élevage de crocodiles de la Crocodile
Bank.
Mamallapuram est un site archéologique fameux, datant du
règne du Roi Pallava Narasimhavarman 1er (630-668). La plupart des
monuments sont en effet de cette époque. Mamallapuram fut aussi
un l'un des plus grands ports de la côte orientale, reliant l'Inde
au Sri Lanka et au Sud-Est Asiatique.
Les tickets pour le Festival de danse sont en vente au Tourism Office
où règne ìMonsieur Josephì, mais on peut aussi
les acheter sur place à condition d'arriver une bonne demi-heure
avant le spectacle.
Que ce soit dans les "resorts" populaires le long des plages comme
l'Hôtel Tamilnadu ou le superbe et luxueux Temple Bay Ashok Beach
Resort, que ce soit le caravansérail moderne (avec toutes les facilités
de téléfax, e-mail, téléphoneÖ) comme
le Mamalla Bhavan Annexe, les petits bungalows, les chambres chez l'habitant,
il y a un grand choix pour se loger. De même pour les jolis
restaurants, que ce soit pour déguster quelques plats ou boire de
délicieux jus de fruits frais.
L'un des plus romantiques est sûrement le Surya tenu par le sculpteur
R. Natesan dans un parc tropical luxuriant et sauvage peuplé de
ses sculptures de dieux et de déesses, dont le Dieu éléphant
Ganesh. Les bungalows, très simples ou climatisés, à
étage avec terrasse, entourent un petit lac avec des tortues et
rempli d'oiseaux de toutes les couleurs dont les chants se mêlent
au marteau des sculpteurs avoisinants. En traversant le parc, on arrive
à un restaurant sous une tonnelle, caché par les bananiers
et les cocotiers. Pour réserver, appeler Monsieur Natesan qui viendra
vous chercher à Madras avec sa voiture (téléphoner
au 04114 42-292 ou laisser un message au 9628-447-147).
Le long de la plage, nombres d'auberges offrent poissons, langoustes
et crevettes et une vue splendide. La Luna Magica est l'une des meilleures
et des plus sympathiques. Et par clair de lune, c'est vraiment magique
avec la vue sur le temple devant la mer.
Quant au massage, le Maître B. Vasudevan reçoit dans sa
maison, 78 Fisherman Colony, téléphone : 42708, au premier
étage, dans une chambre qui donne sur la mer et le bruit des vagues.
Excellent massage ayurvédique à l'huile parfumée d'herbes
médicinales (300 roupies soit 40 F). Ses lettres de recommandation
et de louanges écrites en toutes les langues l'attestent !
Cours de Yoga, méditation, Mamallapuram est devenu un endroit
très à la mode, mais il a gardé tout naturellement
la beauté et la vie d'un vrai village du sud, qui en font tout son
charme avec ses sculpteurs et son festival de danse.
Retour.
C v M
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