Archives 1999 : Inde - Pakistan
Archives 1998
Peace Agreements : India-Pakistan  (21/2/99)
    Lahore Declaration | Joint Statement | Memorandum of Understanding
South Asia: Nuclear Threat  (Site USIA)
revue de presse de Yahoo (BBC, Reuters, CNN,  ...)
site officiel du Pakistan
 Index des sites sur la défense pakistanaise
site du ministère des Affaires étrangères indien
Information on Nuclear Tests (Amb. Inde aux Etats-Unis)
Autres sites sur les essais nucléaires indiens (presse, ONG...)
Nouvelle donne en Asie du Sud  (Alain LAMBALLE, 17/12/98)
la situation nucléaire en Asie (Samuel P. HUNTINGTON, 16/9/98)
La politique nucléaire du Pakistan (A.Lamballe, 6/98)
Situation géostratégique en Asie du Sud(A.Lamballe, 4/98)
De la politique nucléaire indienne
Prolifération - Asie du Sud (US-DoD)
site du Nuclear Control Institute (NCI) 
Toute l'actualité du CTBT (Traité d'interdiction des essais nucléaires)
Tritium Breakthrough Brings India Closer To An H-Bomb Arsenal (Janes Intelligence Review, Jan, 1998)
Regional Arms Control (15/8/97 Acda)
Bulletin of the Atomic Scientists
INTERVIEW DU MINISTRE DE LA DEFENSE INDIEN Propos recueillis par François Gautier à New Delhi (29/6/99)
Un avertissement du Ministre de la Défense indien à la France

George Fernandes est un Ministre de la Défense pas comme les autres. Il est né il y a 68 ans dans une famille catholique de la bourgeoisie de Goa, l’ancienne colonie portugaise du sud-ouest de l’Inde. Très tôt, il démontre des qualités de leader: "j’étais Président de l’association des élèves de mon école", se rappelle-t-il. Envoyé au petit séminaire, il part en claquant la porte et devient athée, "parce que la réalité ne collait pas avec l’idéal que j’en avais". Il quitte alors tout : famille, sécurité, amis et va organiser les syndicats des rickshaws (pousse-pousse) de Calcutta qu’il considère toujours "parmi les plus défavorisés de
l’Inde". Il devient donc un marxiste acharné, puis émigre à Bombay, où il organise les cheminots en un puissant syndicat, qui mettra l’Inde à genoux en paralysant tout le pays pendant une grève générale qui dure un mois. Madame Gandhi, alors au pouvoir, le fait jeter en prison en 1974. C’est là qu’il apprend que l’Inde a fait exploser son premier engin nucléaire, à Pokhran, dans le désert du Rajasthan. Alors lui, le marxiste, le gandhien, le non-violent, écrit une lettre, aujourd’hui célèbre, où il accuse Indira Gandhi d’opportunisme. Mr Fernandes n’imaginait pas qu’un jour il serait Ministre de la Défense et que l’Inde serait à deux doigts d’un conflit nucléaire avec le Pakistan.

Q.  Pensez-vous que le Pakistan bluffe lorsqu’il menace d’utiliser l’arme nucléaire dans le conflit qui vous oppose au Cachemire ?
R.  Pas du tout. Et je vais vous expliquer pourquoi. Nous avions préparé nos explosions nucléaires de mai dernier dans le plus grand secret - même les satellites américains n’y ont vu que du feu - et à fortiori les Pakistanais, qui n’étaient au courant de rien. Or, six jours après nos essais, les Pakistanais ont été capables de nous répondre par leurs propres tests. Ce qui veut dire, qu’ils en avaient la capacité. D’ailleurs, bien avant cela, il s’étaient vantés de posséder plusieurs bombes atomiques et nous les avons pris au mot.
Q. Mais de là à les utiliser…
R. Vous savez, ils ont perdu les trois guerres qu’ils ont initiées contre nous et ils ont toujours refusé de signer avec nous un traité de non utilisation en premier d'arme atomique. Ils savent que nous sommes supérieurs conventionnellement - alors, en cas de quatrième conflit, la tentation de d’appuyer sur le bouton nucléaire pourrait facilement leur venir… Mais je vous le dis : s’ils sont les premiers à utiliser l’arme nucléaire ce serait une TOTALE folie de leur part et il n’y aura plus de Pakistan.
Q.  Vous savez que la France s’apprête à livrer au Pakistan huit Mirage et un sous-marin Agusta ?
R. Oui, d’ailleurs hier matin, notre gouvernement a fait remettre une lettre de protestation auprès du vôtre. Nous avons une très bonne relation avec votre pays - et nous lui sommes particulièrement reconnaissants de la retenue dont il a fait part lors de nos essais nucléaires. Nous partageons également avec vous la vision d’un monde multipolaire avec les Etats Unis, l’Europe, la Russie, la Chine, le Japon et l’Inde. Le Pakistan est un pays irresponsable, un pays agresseur, comme cela a été prouvé lors du conflit actuel - d’ailleurs le G-8 et même le Président Clinton ont demandé à Islamabad de retirer ses troupes du côté indien du Cachemire. Je vous avertis donc : l’Inde et la France ont des intérêts de défense communs et en donnant des ames dangereuses au Pakistan dans la conjoncture actuelle, vous commettriez une grave erreur.
R.  Dans la logique de la partition, qui donnait au Pakistan les régions limitrophes à forte majorité musulmane et à l’Inde celles qui étaient hindoues, la vallée du Cachemire qui a une forte population musulmane, n’aurait-elle pas dû revenir au Pakistan ?
 R. Je le dirai une fois pour toutes: nous revendiquons la TOTALITE du Cachemire, car le maharaja de l’époque, Hari Singh, opta à l’indépendance, comme il en avait le droit, de rattacher son état à l’Inde. C’est pour cela que nous n’accepterons jamais la Ligne de Contrôle actuelle (imposée par l’ONU lors du cessez-le-feu du premier conflit indo-pakistanais e 1948).
 Q. Cela veut-il dire que vous allez pénétrer au delà de la Ligne de Contrôle pour y pourchasser les moudjahidin ?
 R. le Pakistan continue de fournir aux militants infiltrés du côté indien armes, munitions et vivres. Il faut absolument que nous les coupions de leurs lignes arrières.
 Q.Le Premier Ministre pakistanais Nawaz Sharif est en ce moment à Beijing. Vous avez dit une fois que la Chine était l’ennemi numéro un de l’Inde. Pourquoi ?
R.J’ai été mal cité, car l’Inde et la Chine partagent beaucoup ensemble. Mais il n’empêche que la perception que nous avons des menaces militaires et nucléaires pesant sur l’Inde, vient surtout du Nord. D’ailleurs, la Chine nous attaqua en 1962 et revendique toujours des morceaux de notre territoire.  Mais nous continuons de tenter d’améliorer nos relations et notre Ministre des Affaires Etrangères était lui aussi récemment à Pékin. Nous espérons cependant que la Chine va cesser d’armer le Pakistan, à qui elle a même fourni par le biais de la Corée du Nord des missiles capables de porter des têtes nucléaires.
Q.  Alors finalement, quelle est la solution entre l’Inde et le Pakistan ?
R.  C’est une question de temps : les deux Allemagne ont résolu leurs différends, les deux Vietnam, bientôt peut-être les deux Corée. Alors pourquoi pas nous un jour ?

Avancées militaires indiennes au Cachemire
KARGIL (Inde), 29 juin (AFP) - L'Inde a affirmé mardi avoir progressé dans son assaut contre des combattants pro-pakistanais retranchés dans la haute montagne du Cachemire avec de violents bombardements aériens nocturnes et la reprise de deux sommets. Au 51ème jour de conflit, les efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin aux combats semblaient au point mort, les Etats-Unis ayant affirmé avoir eu des discussions productives avec le Pakistan tenu pour responsable de la crise mais fait état d'aucun progrès tangible. Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a conclu une visite en Chine - alliée du Pakistan qui a cependant gardé une position neutre dans cette crise - pour rentrer plus tôt que prévu à Islamabad en raison du conflit, sans que l'on sache les raisons exactes de ce changement. Des avions indiens ont bombardé dans la nuit de lundi à mardi des positions ennemies dans tous les secteurs de combat, notamment sur le sommet de Tiger Hills, qui domine à 4.590 m la route stratégique Srinagar-Leh dans le nord du Cachemire indien, alors que l'armée continuait son assaut au canon Bofors de 155mm. Un responsable de l'armée de l'air a affirmé que ces opérations nocturnes se déroulaient "avec succès", les avions, notamment des
Mirage-2000, pouvant lancer des bombes guidées au laser avec une bonne visibilité avec moins de risque d'être touchés par des
missiles ennemis. L'armée a annoncé la reprise de deux nouvelles hauteurs dans le secteur de Drass, côté indien le long de la "ligne de contrôle" séparant l'Inde du Pakistan, permettant de sécuriser un peu plus l'axe stratégique Srinagar-Leh. Selon un responsable de l'armée, des troupes indiennes ont encerclé Tiger Hills de trois côtés mais un assaut total n'a pas encore
commencé, l'artillerie continuant d'affaiblir les positions ennemies. L'armée indienne avait affirmé lundi avoir fait échec à une tentative pakistanaise de capturer des crêtes près du glacier du Siachen, tout au nord du Cachemire, faisant 15 morts chez les Pakistanais. L'Inde accuse le Pakistan d'avoir infiltré les combattants islamistes et des soldats pakistanais dans le but justement de tenter de s'emparer du glacier du Siachen disputé par les deux pays, plus haut champ de bataille du monde à près de 7.000 m. Depuis le début de l'offensive indienne le 9 mai, les combats ont fait 175 morts et 364 blessés indiens et 398 soldats pakistanais et
123 militants islamistes tués, selon les chiffres officiels indiens. Selon le Pakistan, au moins 400 soldats indiens et 76 pakistanais
ont été tués. Le Pakistan, sous forte pression internationale pour un retrait de ces combattants infiltrés, dément avoir des forces au Cachemire indien et soutenir les guérilleros. On s'interrogeait à New Delhi sur les raisons du retour précipité de M. Sharif à Islamabad, le journal Times of India affirmant qu'il avait peur d'un coup de force de son armée refusant tout compromis avec l'Inde, mais d'autres journaux estimant que c'était dû aux pressions américaines. Les Etats-Unis, qui exigent un retrait pakistanais du Cachemire indien, ont affirmé qu'une délégation américaine avait eu la semaine dernière des entretiens "productifs" à Islamabad dans ce but. Mais interrogé sur le point de savoir si les autorités pakistanaises s'étaient engagées sur un retrait, un porte-parole du département d'Etat a seulement indiqué: "Je pense qu'on sait très bien ce dont on a besoin pour résoudre cette crise". Bien qu'ayant fait état de contacts avec le Pakistan, l'Inde a maintenu une position de fermeté: pas de "marché en secret" avec Islamabad, pas de médiation d'une tierce partie, pas de dialogue avant un retrait total des forces infiltrées. L'Inde a protesté auprès de la France pour la livraison prévue au Pakistan, en plein conflit, huit avions Mirage 5 et un sous-marin en application d'un accord de 1996. New Delhi a également prostesté auprès du Pakistan pour l'"enlèvement" et le passage à tabac selon elle d'un responsable de son ambassade à Islamabad par des agents du renseignement pakistanais. La veille, le Pakistan avait protesté pour la "disparition mystérieuse" d'un responsable de son ambassade à New Delhi. L'Inde avait ensuite annoncé avoir expulsé ce responsable sous l'accusation d'espionnage.

France-Pakistan-Inde : Les contrats d'armements avec le Pakistan "sont anciens", selon Paris
PARIS, 29 juin (AFP) - Les contrats d'armements entre la France et le Pakistan "sont anciens", a indiqué mardi le ministère français des Affaires étrangères, après les accusations de l'Inde à l'encontre de Paris.
Le porte-parole français du Quai d'Orsay Anne Gazeau-Secret a d'autre part invité Islamabad à "faire en sorte que soit mis fin aux incursions armées au delà de la ligne de contrôle" au Cachemire, tout en appelant les deux parties à mettre fin aux combats.
Réagissant aux propos du ministre indien de la défense, George Fernandes accusant Paris de "commettre une grave erreur" en livrant au Pakistan huit avions Mirage et un sous-marin, le porte-parole français a affirmé que ces contrats étaient "anciens", et avaient été conclus en 1996.
Les contrats portent sur la livraison de trois sous-marins Agusta 90-B et 40 appareils Mirage 3 "rétrofutés" (modernisés) dont "huit ont ont été déjà livrés en 1998", a précisé le porte-parole.
"Le premier sous-marin Agusta 90-B et un nouveau lot de 8 Mirage doivent faire l'objet d'une livraison dont la date n'est pas encore fixée", a dit Mme Gazeau-Secret.
Dans une interview au quotidien Le Figaro, le ministre indien accuse le Pakistan d'être "un pays irresponsable" et affirme qu'Islamabad pourrait être tenté d'utiliser l'arme nucléaire dans le conflit du Cachemire.
Ce conflit devrait être examiné en fin de semaine à Paris où est attendu vendredi le ministre pakistanais des Affaires étrangères Sartaj Aziz, selon l'ambassade du Pakistan à Paris.
Depuis une cinquantaine de jours l'Inde et le Pakistan s'affrontent militairement au Cachemire et en dépit des efforts diplomatiques des Etats-Unis, les deux belligérants se montrent inflexibles.

Le Pakistan envoie des émissaires expliquer sa position sur le Cachemire
Le monde mercredi 23 juin 1999
Critiqué par l'opposition, isolé sur la scène internationale - où les dénonciations d'une infiltration armée du côté indien de la ligne de contrôle qui sépare l'Inde du Pakistan au Cachemire se multiplient -, le gouvernement pakistanais a décidé  d'envoyer des émissaires dans différents pays pour expliquer sa position. S'exprimant  mardi 22 juin devant l'état-major de l'armée à Rawalpindi, le premier ministre,  Nawaz Sharif, a rappelé qu'à présent que son pays avait offert à l'Inde de reprendre  le dialogue pour résoudre le conflit, c'était désormais à New Delhi de répondre « positivement et avec maturité ». L'Inde refuse tout dialogue avant d'avoir repoussé les infiltrés hors de son territoire. M. Sharif, qui doit se rendre en Chine le 28 juin, a toutefois affirmé : « Notre désir d'un règlement négocié ne doit pas être interprété comme un signe de faiblesse. »

 SÉCURISER L'AXE SRINAGAR-LEH
 Le chef de l'armée pakistanaise, le général Pervez Moucharraf, a pour sa part déclaré que « l'attitude menaçante des forces armées indiennes a contribué à l'amenuisement des chances de paix et l'Inde est totalement responsable de l'escalade de la situation ». Le Pakistan qui, comme l'Inde, a déployé ses troupes tout le long des 720 km de la ligne de contrôle et, plus au Sud, le long de la frontière internationale, a d'autre part installé, depuis le début de la semaine, des batteries antiaériennes sur tous ses aéroports, y compris Islamabad.
 Les troupes indiennes ont annoncé avoir repris plusieurs hauteurs stratégiques sur le front de Dras, Kargil et Batalik, entre 4 000 et 5 000 mètres d'altitude. Elles poursuivent leurs efforts pour sécuriser la route stratégique Srinagar-Leh par laquelle viennent les renforts et par laquelle sont approvisionnés les 3 000 hommes déployés sur le glacier du Siatchen, à 7 000 mètres. Interrogé à Dras, le général Amar Aul a reconnu que les combats étaient difficiles. « Il nous a fallu presque un mois pour nettoyer le massif de Totoling face à la route principale, les soldats ayant dû s'acclimater à un environnement rude, à des altitudes allant de 3 000 à 5 100 mètres », a-t-il déclaré.
L'Inde a d'autre part accusé les services secrets pakistanais d'être responsables de l'explosion, mardi, dans une gare du Bengale occidental, d'une bombe qui a tué neuf personnes, dont deux soldats en partance pour le Cachemire, en blessant 80 autres. Selon l'agence indienne PTI, l'attentat a été revendiqué par un groupe de guérilla séparatiste appartenant au Front uni de libération de l'Assam (Nord-Est) qui  aurait agi « sur les instructions des services de renseignement pakistanais ». New Delhi accuse traditionnellement Islamabad d'aider, à travers le Népal, les divers mouvements séparatistes qui agissent dans plusieurs Etats du nord-est de l'Inde.

CACHEMIRE : LA GUERRE DES MOTS
FRANCOIS GAUTIER (envoyé à sources d'Asie le 24/6/99)

On se prépare de plus en plus en Inde à une éventuelle guerre avec le Pakistan au sujet du Cachemire. Les journaux ne parlent que de cela : "nous pouvons quand nous le voulons pénétrer au Cachemire pakistanais " titrait hier le quotidien ‘Hindu’. Tous les généraux à la retraite de l’armée indienne y vont de leurs conseils : "une frappe nucléaire préventive n’est pas exclue", déclarait avant hier le Général Sharma, ancien Chef d’Etat Major de l’armée. Et une ferveur patriotique s’est saisie du pays : la télévision retransmet en direct les crémations des ‘héros’, morts au Front; l’armée refuse des dizaines milliers de litres de sang donnés
par des volontaires; et des compagnies, telle Aiwa, font du marketing intelligent en contribuant cent roupies à l’armée pour chaque télévision vendue.

Rappelons que le mois dernier, des séparatistes, qui revendiquent l’indépendance du Cachemire indien, dont la vallée est à majorité musulmane, se saisissaient à la faveur de la fonte des neiges, des hauteurs du côté indien qui surplombent la route stratégique qui relie Srinagar à Leh, seul axe indien pour approvisionner le front du glacier du Siachen plus au nord, le plus haut champ de bataille du monde à près de 7.000 m,. Surpris les Indiens déclenchaient une offensive à tout azimut, qui n’a pas encore porté tous ses fruits.

Sur le front, l’armée indienne, semble cependant progresser après plus de six semaines de combats : elle a repris plusieurs pics situés à près de 5000 mètres d’altitude, où s’étaient retranchés les militants; et les soldats indiens se rapprochent de plus en plus de la Ligne de Contrôle, derrière laquelle l’armée pakistanaise aurait, selon des sources russes, amassé plus de 20.000 hommes. Mais c’est une guerre laborieuse et sanglante, qui aurait fait officiellement 165 morts et 322 blessés du côté indien (et le double officieusement); les soldats indiens doivent grimper dans la neige sous le feu ennemi, qui s’est retranché dans des bunkers et est extrêmement bien armé; les tirs d’artillerie sont souvent aveugles et font plus de bruit que de mal; et après plus d’un mois de bombardements des Mig indiens, les ‘terroristes’ n’ont pas tous été délogés.

Mais en dehors de cette guerre très limitée, car elle se passe à des milliers de kilomètres de Madras, par exemple, la capitale du Sud, on se fait surtout  la guerre des mots. Lors du dernier sommet G-8, les deux frères ennemis ont rivalisé d’effort pour démontrer qu’ils avaient reçu l’approbation des Grands Sages Blancs : "l’Occident nous a donné raison, car il a demandé aux militants de se retirer au delà de la Ligne de Contrôle pakistanaise", a claironné l’Inde; ""nous avons gagné, car le G-8 a exigé que l’Inde négocie avec nous", a rétorqué le Pakistan ! Et pourtant il semble bien que l’Inde soit en train de gagner cette guerre de l’Information.  En effet, New Delhi, qui n’a cessé d’affirmer depuis le début des hostilités que la majorité des séparatistes étaient des soldats pakistanais et des moudjahidin afghans… semblerait avoir raison. Ceci a été confirmé par de nombreux services secrets étrangers - dont celui des Américains - et c’est pourquoi le Président Clinton, lors d’une conversation téléphonique avec le Premier Ministre pakistanais, Nawaz Sharif, lui a spécifiquement demandé d’ordonner le retrait des ‘infiltrés’ au Cachemire indien. Du coup, New Delhi joue à fond la carte de l’intégrisme musulman en Asie du Sud et la lutte contre une "extension du syndrome afghan".. "Le Pakistan sponsorise le terrorisme international", accuse le Gouverneur du cachemire (voir interview); et Le ministre indien de l'Intérieur L.K. Advani a qualifié le Pakistan "d’Etat malfaisant et irresponsable", affirmant ne pouvoir exclure une quatrième guerre indo-pakistanaise.

Ce qui inquiète de surcroît les Aémricains, c’est que le Pakistan serait au bord de la faillite et ne disposerait plus que d’un mois de réserves de devises. Le chef du Commandement central américain, le général Anthony Zinni, et un haut responsable du département d'Etat, Gibson Lanpher étaient hier à Islamabad pour rencontrer les dirigeants pakistanais (et se rendront aujourd’hui en Inde). On ne doute pas que des prêts du F.M.I. et une aide du Fonds Monétaire International serviront de carotte pour tenter de faire entendre raison aux Pakistanais. Mais Islamabad écoutera-t-il ? "Durant les 50 ans de son indépendance, tous les hommes politiques du Pakistan ont fait du rattachement du Cachemire leur cheval de bataille et le peuple ne pardonnerait pas à Nawaz Sharif de faire marche arrière", estime un observateur politique. Reste alors la possibilité d’une guerre. Mais un conflit conventionnel avec l’Inde ruinerait rapidement le Pakistan. D’où la tentation d’une guerre nucléaire - le ministre pakistanais des Affaires Etrangères
n’a-t-il pas averti "que nous utiliserons TOUTES les armes nécessaires en cas de conflit avec l’Inde"...
 

UNE INTERVIEW DU GOUVERNEUR DU CACHEMIRE
PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOIS GAUTIER A SRINAGAR (envoyé à sources d'Asie le 24/6/99)

Dans son palais de Srinagar, qui surplombe le merveilleux lac Dal, Girish Chandra Saxena, gouverneur du Cachemire, qui fut Chef des Services secrets indiens (RAW), a reçu le Figaro pour une interview exclusive.

Q.  Vous accusez le Pakistan d’avoir créé et nourri l’intégrisme musulman au Cachemire…
R.  C’est Markaz Dawat ul Irshad, un Pakistanais, qui a fondé le mouvement Harkat  ul Ansar, qui fut responsable de l’enlèvement de cinq touristes étrangers au Cachemire, qui sont aujourd’hui présumés morts. Depuis, les Etats Unis ont mis ce groupuscule sur la listes de organisation terroristes, mais cela ne l’a pas empêché de renaître sous le nom de Al Faran, qui a des liens étroits avec l’ISI, les services secrets de l’armée pakistanaise, les Taliban, ainsi qu’avec Bin Laden. D’ailleurs, lorsque les Américains bombardèrent les camps de Bin Laden en Afghanistan, de nombreux militants d’Al Faran y trouvèrent la mort. Les groupuscules pakistanais qui nous combattent au Cachemire:  le Hizb-ul Mujahideen, le Tehrik-ul Mujahideen, le Tehrik-i-Jihad, le  Lashkar-i-Tayyaba,  l’Al-Badar, ou le Harkat-ul Ansar, envoient également de nombreux mercenaires au Kosovo, en Palestine, ou même aux Etats Unis, témoin l’attenat du World Trade Center, pour des opérations terroristes. Ces groupuscules sont non seulement soutenus par le Pakistan, mais ils reçoivent aussi des fonds de l’Arabie Saoudite et des expatriés musulmans de par le monde.

Q.  Ne nous dites pas que le séparatisme kashmiri est uniquement composé d’étrangers…
R.  Non, mais les premiers mouvements séparatistes du Cachemire, tel le Front de Libération du Cachemire (JKLF), ont été complètement marginalisés par les groupuscules sponsorisés par le Pakistan. Aujourd’hui, seulement 40% des militants séparatistes sont kahmiris - et en plus, ils jouent des rôles secondaires: courriers, ravitaillements etc. Par contre, ils sont
encadrés par des moudjahidin afghans et des soldats pakistanais, pour qui le Cachemire constitue la dernière djihad. D’ailleurs, les pertes ennemies confirment ces chiffres: sur les 1000 militants que nous avons tués l’année dernière, 320 étaient des étrangers.
 Q. Vous dites que ces groupuscules sont antiaméricains. Pourtant les Etats Unis ne soutiennent-ils pas le Pakistan ?
R. Les Américains font l’erreur de diviser le monde musulman en deux : les états musulmans ‘durs’ - l’Irak, l’Iran, le Soudan etc. Et les ‘bons’ états musulmans - le Pakistan, l’Egypte, l’Arabie Saoudite… C’est une stratégie très simpliste, car dans des pays comme le Pakistan ou l’Egypte, l’antiaméricanisme est à fleur de peau et à la moindre étincelle, il éclate ! De plus, l’US se désintéresse du fondamentalisme musulman quand il est loin : au Sinkiang ou au Cachemire, par exemple. Grossière erreur : aujourd’hui les Stinger distribués par les Américains aux Afghans pour se débarrasser des Soviétiques, sont utilisés contre nous
au Cachemire et ont descendu trois de nos appareils.
Q. On accuse votre gouvernement d’être antimusulman…
R. L’Inde est un pays démocratique depuis 50 ans  et il y a 130 millions de musulmans ici -plus qu’au Pakistan -  qui ont choisi de rester à l’indépendance et qui vivent en paix. On ne peut pas en dire autant de pays islamiques voisins, où les Hindous sont toujours persécutés. Il y avait d’ailleurs un million d’Hindous au Cachemire au début du siècle - et aujourd’hui à peine quelques centaines - car comme en Algérie, des villages entiers ont été massacrés par les intégristes. Nous avons eu deux Présidents musulmans, un Chef de l’Armée de l’Air musulman, un Secrétaire d’Etat musulman; et l’architecte de notre programme nucléaire et balistique, Abdul Kalam, est un musulman - c’est lui qui connaît tous nos secrets ! Pourquoi ne comprenez vous donc pas que l’Inde est un rempart démocratique proccidental en Asie, et que nous sommes entourés de nations islamiques hostiles : l’Afghanistan, le Pakistan,
certaines ex républiques d’URSS, le Sinkiang chinois, un jour peut-être. Voulez vous donc que le Cachemire se joigne à eux ? Nous sommes si seuls dans notre lutte !

Violentes attaques à l'artillerie et revers indiens au Cachemire
SRINAGAR (Inde), 17 juin (AFP) - Les forces indiennes ont mené jeudi des attaques à l'artillerie contre des combattants islamistes retranchés dans la haute montagne du Cachemire, mais ont reconnu des revers après avoir fait état de plusieurs jours de progression. "D'intenses tirs" d'artillerie avaient lieu dans les secteurs de Tiger Hills et Drass dans la nord du Cachemire, côté indien de la "ligne de contrôle" séparant l'Inde du Pakistan, a-t-on indiqué de source militaire à Srinagar, capitale d'été du Cachemire indien. "Nous tentons de reprendre le pic de Marpola. Nous avons pu recapturer des sommets moins élevés, mais les massifs plus haut nous échappent encore", a-t-on déclaré de même source. Un responsable militaire a indiqué que le quartier-général d'une division de montagne indienne à Matayan, près de Drass, avait été détruit mercredi soir par des tirs d'artillerie pakistanais. "Les obus venaient de Tiger Hills, que l'armée avait affirmé avoir totalement encerclé, nous avons des raisons de croire que les lignes
d'approvisionnement (ennemies) en provenance du Pakistan sont fondamentalement intactes", a déclaré ce responsable. L'armée indienne avait affirmé la veille que les zones tenues par les combattants infiltrés se réduisaient et que l'ennemi était en recul
de plus en plus près de la "ligne de contrôle" après des mouvements de troupes indiens ayant coupé des voies d'approvisonnement.
Le journal Hindustan Times a fait état jeudi de communications radio révèlant que des soldats pakistanais se retiraient de certaines
zones encerclées par l'armée indienne, tout en renforçant d'autres positions plus solides.L'infanterie indienne, appuyée par l'artillerie et l'aviation, est à l'assaut de plusieurs hauteurs, dont un pic de 5.140 m dans la région de Drass, après avoir annoncé la reconquête de trois autres sommets depuis le week-end dernier. Ces massifs sont stratégiques pour l'Inde car dominant la route Srinagar-Leh utilisée par l'armée pour ravitailler plus au nord le front du Siachen, glacier disputé par l'Inde et le Pakistan et constituant le plus haut champ de bataille du monde à quelque 7.000 m. Selon l'armée indienne, neuf sommets ont été repris depuis le début de son offensive le 9 mai, sur un total de 29 capturés dans une zone s'étendant sur 150 km - quelques kilomètres en territoire indien - le long de la "ligne de contrôle". Quelque 600 combattants sur près de 1.500 infiltrés résistent toujours après plus d'un mois de combats qui ont fait au moins 104 morts indiens et 297 pakistanais, selon les chiffres officiels indiens, 47 morts pakistanais et 300 indiens, selon le Pakistan. Les combats se rapprochent dangereusement de la frontière de facto indo-pakistanaise, avec tous les risques d'élargissement du conflit que cela comporte, mais New Delhi a affirmé que les militaires avaient pour consigne stricte de ne pas aller frapper côté pakistanais. Le conflit a fait monter la tension au plus haut niveau depuis la troisième guerre indo-pakistanaise en 1971. Le chef des forces navales a indiqué au journal Times of India que la marine indienne avait été mise en état d'alerte après un renforcement de son homologue pakistanaise en mer d'Oman. Les forces terrestres des deux pays sont déjà en état d'alerte avancé tout au long de leur frontière. Le Pakistan a réaffirmé mercredi ne pas être impliqué, en dépit d'un appel de Washington à un retrait de ses forces du Cachemire indien, alors que l'Inde a répété qu'il n'y aurait pas de nouveau dialogue de paix tant que toutes les forces infiltrées n'auraient pas été retirées. On signalait mercredi au Pakistan le départ de nouveaux renforts islamistes pour le Cachemire indien.

Le Pakistan demande la médiation de l'Egypte au Cachemire
LE CAIRE (AP, 24/6/99) -- Le Pakistan a demandé à Hosni Moubarak d'intervenir dans le dossier du Cachemire et le
président égyptien a accepté de tenter de faire ``cesser l'escalade'' des combats, a annoncé jeudi au Caire le
ministre pakistanais des Affaires religieuses Zafar-ul Haq. A l'issue d'un entretien avec M. Moubarak, le ministre pakistanais a déclaré que son pays se réjouissait de la prochaine médiation du dirigeant égyptien qui entretient de bonnes relations avec l'Inde comme le Pakistan. Le mois dernier, l'armée pakistanaise at été placée en alerte quand les forces indiennes ont lancé une offensive contre descombattants de la guérilla, qui seraient soutenus par le Pakistan selon New Delhi, dans le secteur de Kargil en territoire  indien. Les combats durent depuis six semaines.

L'Inde attaque au Cachemire et dit y combattre un "syndrome afghan"
KARGIL (Inde), 24 juin (AFP) - L'Inde a poursuivi jeudi son assaut contre des combattants islamistes retranchés
dans la montagne du Cachemire indien, où elle a affirmé lutter contre une menace fondamentaliste et une
"extension du syndrome afghan".
D'intenses bombardements d'artillerie avaient lieu dans les massifs de Batalik et de Tiger Hills, où les forces venues du Pakistan
résistaient toujours, après plus de six semaines de combats, tout près de la "ligne de contrôle" séparant les deux pays, selon des
sources militaires.
Ces sommets, à plus de 4.500 m d'altitude, sont les objectifs principaux de l'armée indienne après la reconquête d'autres hauteurs
d'où les guérilleros avaient sous leur feu la route Srinagar-Leh, seul axe indien pour approvisionner le front du glacier du Siachen plus
au nord, plus haut champ de bataille du monde à près de 7.000 m.
A Kargil, principale localité de la région par où passe cette route, d'intenses tirs d'artillerie venant du Pakistan de l'autre côté de la
montagne ont rythmé la nuit de mercredi à jeudi, mais sans faire de dégâts importants, a constaté l'AFP.
Des avions de combat indiens continuaient des vols de reconnaissance dans la région, mais sans bombarder, selon des
responsables militaires.
Les combats ont fait depuis le 9 mai 165 morts et 322 blessés indiens et 339 Pakistanais tués, selon les chiffres indiens. Le
Pakistan a fait état de 400 soldats indiens et 76 pakistanais tués.
Le Pakistan dément avoir des troupes au Cachemire indien et assure ne pas être responsable de l'infiltration de forces qui sont
selon lui des "combattants de la liberté" cachamiris.
Mais le ministre indien de la Défense George Fernandes a affirmé que 80% des combattants infiltrés étaient des soldats
pakistanais. "Nous combattons l'armée pakistanaise, il n'y a pas de doute là-dessus", a-t-il dit dans une interview télévisée.
Reconnaissant que l'Inde n'avait pas su prévenir et détecter les infiltrations en territoire indien, M. Fernandes a émis l'espoir que ces
forces pourraient être entièrement délogées avant fin septembre, tout en soulignant que cela n'était pas certain.
Le chef de l'armée indienne, le général V.P. Malik, a laissé entendre avoir demandé de pouvoir aller frapper au Pakistan, de l'autre
côté de la "ligne de contrôle", pour couper les voies d'approvisionnement ennemies et en finir au plus vite. Il a souligné que les
consignes politiques de ne pas franchir cette frontière de facto étaient une "contrainte".
"Ce dont nous sommes témoins à Kargil n'est pas seulement une trahison (pakistanaise), mais aussi une extension du syndrome
afghan", a déclaré le ministre indien des Affaires extérieures, Jaswant Singh.
"Nous sommes tout à fait conscients du véritable défi lancé à Kargil", non seulement à l'Inde mais aussi au reste du monde, a-t-il dit
au Times of India. "Les soit-disant combattants de la liberté sont le trop-plein des intégristes islamistes".
Ces "forces" devront être défaites tant sur le terrain militaire que en tant que "concept", a-t-il dit.
Une guérilla séparatiste musulmane contre le régime de New Delhi a fait quelque 25.000 morts au Cachemire indien depuis 1989.
Les autorités indiennes affirment qu'il s'agit surtout de mercenaires islamistes, notamment afghans, soutenus par l'armée
pakistanaise.
Le ministre indien de l'Intérieur L.K. Advani a qualifié mercredi le Pakistan d'"Etat malfaisant et irresponsable", affirmant ne pouvoir
exclure une quatrième guerre indo-pakistanaise.
Le Pakistan, dont les forces armées comme celles de l'Inde sont en état d'alerte, a indiqué avoir déployé des armes anti-aériennes
pour protéger des installations sensibles à Karachi et à l'aéroport de Lahore.
Un haut responsable militaire américain, le général Anthony Zinni, avait jeudi à Islamabad des discussions sur le conflit en cours.
Les Etats-Unis ont appelé le Pakistan à retirer ses forces du Cachemire indien.

Lents progrès indiens dans la montagne du Cachemire, pas de dialogue
SRINAGAR (Inde), 15 juin 99 (AFP) - Les forces indiennes ont continué de progresser méthodiquement mardi dans la haute montagne du Cachemire sous le feu de combattants islamistes infiltrés du Pakistan, alors que l'Inde rejetait tout nouveau
dialogue de paix avec Islamabad."De violents combats" ont eu lieu dans les secteurs de Batalik et Drass, dans le nord du Cachemire indien, où les troupes indiennes ont réussi à couper des lignes d'approvisionnement ennemies dans le secteur de Tiger Hills, à 5. 400 m d'altitude, selon des sources militaires.L'aviation indienne n'a pas bombardé dans cette région en raison de l'intensification des combats terrestres qui se rapprochent de la "ligne de contrôle" séparant l'Inde du Pakistan, l'armée de l'air affirmant avoir pour consigne de ne pas survoler le territoire pakistanais.Des échanges d'artillerie entre armées pakistanaise et indienne se poursuivaient sans relâche le long de la frontière, selon l'Inde.L'armée indienne avait annoncé lundi avoir repris deux pics à 4.600 m dans le secteur de Drass, à quelques km en territoire indien, dans la plus importante attaque terrestre depuis le début du conflit le 9 mai.Cette victoire a cependant fait 17 morts côté indien, portant le bilan de plus d'un mois de combats à 104 morts indiens et 297 pakistanais, selon les chiffres officiels indiens. Le Pakistan a affirmé que 47 Pakistanais et 300 Indiens ont été tués.
Les forces indiennes avaient auparavant recapturé le pic proche de Tololing, dominant de ses 4.500 m la route Srinagar-Leh utilisée
par l'armée indienne pour ravitailler plus au nord le front du Siachen, glacier disputé par l'Inde et le Pakistan et qui constitue le plus
haut champ de bataille du monde à 7.000 m."Le massif entier pourra bientôt être nettoyé", a déclaré un responsable militaire.
Selon l'Inde, quelque 600 combattants islamistes sur près de 1.500 infiltrés résistent toujours et les forces indiennes ont pour but
maintenant de les encercler et les couper de quelque 2.000 porteurs leur servant pour leur ravitaillement.Le ministre indien de la Défense George Fernandes a expliqué que les forces infiltrées avaient "seulement deux options: se rendre sans tarder ou se faire tuer".Un porte-parole du ministère des Affaires extérieures a répété que tout dialogue avec le Pakistan, accusé d'agression, avait comme "pré-condition" un retrait de ces forces infiltrées.Des groupes de guérilla cachemiris basés au Pakistan ont démenti que les forces indiennes progressent, parlant de "propagande".Les experts estiment qu'il faudra encore du temps à l'armée indienne, peut-être jusqu'à l'hiver qui commence en octobre sur ces contreforts himalayens, pour reprendre l'ensemble des zones capturées qui s'étendent sur 150 km le long de la "ligne de contrôle".Les analystes militaires estiment que l'Inde doit dépenser quatre millions de dollars par jour pour ce conflit.Islamabad dément être responsable, affirmant qu'il s'agit d'une opération de guérilla strictement cachemirie.Ce conflit a fait monter la tension au plus haut niveau depuis la troisième guerre indo-pakistanaise en 1971. Les deux pays ont dit être prêts s'il le fallait à une quatrième guerre.L'ensemble des forces indiennes ont été mises en état d'alerte à toutes les frontières avec le Pakistan, dans un but "défensif", à la suite d'importants mouvements de troupes côté pakistanais, selon le journal Times of India, information non démentie officiellement. Des responsables pakistanais ont fait état d'un renforcement des troupes indiennes à la frontière et indiqué qu'au moins 300 villages avaient dû être évacués des zones frontalières au sud du cachemire face aux Etats indiens du Pendjab et du Rajasthan. Côté indien dans le sud du Cachemire, au moins 30.000 personnes ont fui des zones proches de la "ligne de contrôle". Le Pakistan a accusé l'Inde d'"hystérie guerrière" et d'avoir fermé toute porte à un dialogue visant à faire baisser la tension. Un dialogue indo-pakistanais avait échoué le week-end dernier, chacun réaffirmant des positions totalement opposées. Le président Bill Clinton a téléphoné lundi aux chefs des deux gouvernements pour les exhorter à dialoguer. Selon New Delhi il a cependant fait part au Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee de son appréciation pour la "retenue" de New Delhi qui se félicite du soutien de la majeure partie de la communauté internationale.

Le conflit au Cachemire coûte à l'Inde 4 millions de dollars
NEW DELHI, 15 juin (AFP) - Le conflit armé qui dure depuis plus d'un mois au Cachemire coûte quatre millions de
dollars par jour à l'Inde, dont l'économie ne peut pourtant guère se le permettre, notaient mardi les analystes à New
Delhi. Mais l'Inde, qui se dit victime d'une "agression" pakistanaise, souligne que les territoires capturés par des combattants islamistes au Cachemire indien doivent être récupérés quel qu'en soit le coût, et note que l'économie pakistanaise est beaucoup moins à même de résister."Des calculs détaillés montrent que l'Inde dépense jusqu'à 170 millions de roupies (3,935 millions de dollars) par jour dans cette bataille qui se prolonge", a expliqué un expert militaire de l'Institut des études et analyses de défense à New Delhi.Le coût monte vite à 1.000 dollars l'obus d'artillerie dont des centaines sont tirés, et cette somme globale n'inclut pas la perte de deux avions MIG et d'un hélicoptère de combat MI-17 abattus par des missiles ennemis à la fin du mois dernier. K.P Singh, président de l'Association des chambres de commerce et d'industrie, a averti que de telles dépenses pourraient dangereusement aggraver le déficit budgétaire de l'Inde que le gouvernement aura du mal à contenir au niveau espéré de 5,1% du produit intérieur brut pour l'année fiscale 1999-2000, contre 5,4% l'année d'avant."Le malheureux conflit au Cachemire pourrait aussi entraîner de fortes pressions inflationnistes, une hausse des taux d'intérêt et une baisse des investissements privés", a-t-il expliqué, soulignant que tout cela arrivait alors que l'économie indienne commençait à montrer des signes de reprise après plus de deux ans de ralentissement. Le ministre des Finances Yashwant Sinha a reconnu que le conflit aurait un impact sur le budget, tout en affirmant que "cela semble a priori gérable". Les responsables indiens ont exclu des mesures à court terme visant à accroître les recettes.
 Les analystes indiens estiment que si le conflit devait se prolonger, ou s'étendre à une guerre totale, l'économie pakistanaise, qui
doit déjà être portée par les organisations financières internationales, ne pourrait pas suivre. Le budget indien de la défense est de 10,8 milliards de dollars, trois fois celui du Pakistan (2,74 milliards de dollars). Mais ce budget militaire pakistanais représente 5,8% du PIB, beaucoup plus lourd pour l'économie que celui de l'Inde (3,3%). "Les fondamentaux de l'économie indienne sont relativement solides et nous sommes dans une meilleure position pour faire face au poids financier" du conflit, a souligné un responsable du patronat indien. "Pour nous, la bataille sera une coupure au doigt, mais le Pakistan se saignera totalement s'il ne se rend pas à la raison", a affirmé le ministre des Affaires extérieures Jaswant Singh.Une confiance tirée en partie du fait que les réserves en devises étrangères de l'Inde sont à un niveau record de 33,5 milliards de dollars, contre un peu plus de deux milliards pour le Pakistan. Les experts notent aussi que l'Inde produit la plupart de ses équipements militaires de base, comme les munitions, et devrait donc
pouvoir éviter des importations coûteuses. L'armée indienne est déjà sur le marché pour acheter 100.000 obus pour un montant de 47 millions de dollars pour refaire le plein après plus d'un mois de conflit.

Pakistan
DRAS, Inde (15/6/99, AP) -- Le Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee a annoncé lundi la suspension des discussions avec le Pakistan tant que la guerilla musulmane ne se sera pas retirée du Cachemire. Cette décision intervient alors que l'armée indienne a affirmé avoir pris le contrôle dimanche d'un important sommet montagneux, au-dessus de la principale voie routière du nord de l'Inde. Les opérations de l'armée de l'air indienne ont repris mardi peu après l'aube tandis que les tirs d'artillerie se sont poursuivis toute la
nuit. ``Si le Pakistan veut résoudre la crise, il doit accepter la ligne de démarcation'' a affirmé le Premier ministre indien, faisant allusion à la frontière qui partage depuis 1972 le territoire himalayen entre les deux pays. Dimanche le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif avait appelé son homologue indien à prévenir une ``descente dans le chaos''. Mais cet appel n'a, semble-t-il, rien apporté de nouveau. Selon le conseiller pour les médias d'Atal Bihari Vajpayee, le président Bill Clinton a téléphoné au Premier ministre indien lundi pour discuter de la crise, et serait également en contact avec son homologue pakistanais. Des combats opposent depuis plus d'un mois l'Inde et le Pakistan au Nord du Cachemire. Les deux pays se disputent le territoire himalayen qui a fait l'objet de deux guerres entre les deux pays voisins depuis leur indépendance en 1947. L'Inde contrôle les deux-tiers du territoire.

L'Inde exige le retrait de combattants infiltrés
NEW DELHI, 12 juin - L'Inde a demandé samedi au Pakistan de retirer des centaines de combattants séparatistes infiltrés au Cachemire. New Delhi, dans le même temps, a massé des troupes dans le nord de cette région. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont entretenus durant un peu plus d'une heure à New Delhi pour tenter de désamorcer le conflit au Cachemire. Le ministre indien, Jaswant Singh, "a signifié très clairement à son homologue pakistanais (Sartaj Aziz) que l'intrusion et l'agression armées à Kargal (Cachemire indien) devaient (cesser). Il n'y a aucune alternative pour le Pakistan que de revenir au statut antérieur", a déclaré à Reuters un responsable du ministère des Affaires étrangères. Aucune poignée de main n'a été échangée entre les deux hommes à l'issue de l'entretien, qui s'est déroulé "dans une atmosphère sérieuse et franche". Avant de regagner Islamabad samedi soir, Aziz devait rencontrer le Premier ministre indien, Atal Behari Vajpayee. Au moment où les deux ministres des Affaires étrangères s'entretenaient, on signalait de source militaire indienne que l'Inde renforçait ses troupes au Cachemire. Cent cinquante infiltrateurs, qui ont traversé la frontière il y a trois jours, ont été renvoyés au Pakistan, ont par ailleurs annoncé des responsables de la police de la province. Des tirs d'artillerie ont été échangés dans le secteur de Macchal, à 150 km au nord de Srinagar. L'armée pakistanaise a annoncé que onze de ses soldats étaient morts jeudi dans un accident d'hélicoptère, près de Skardu, située dans la zone du Cachemire contrôlée par Islamabad. L'Inde a lancé le mois dernier l'"opération Vijay" pour combattre les séparatistes musulmans entraînés et armés, selon les Indiens, par le Pakistan. Ce pays réfute ces accusations et affirme qu'il s'agit de "combattants pour la liberté" du Cachemire. Au cours des entretiens, Jaswant Singh a refusé de remettre en cause la ligne de contrôle militaire qui sépare les parties indienne et pakistanaise de la province himalayenne. "Mettre en doute (la ligne de contrôle) est un prétexte pour justifier l'intrusion. C'est inacceptable", a déclaré le ministre indien des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse. Cette déclaration intervenait après celle de son homologue pakistanais qui a affirmé que la frontière telle qu'elle était dessinée sur les cartes n'était guère effective sur le terrain. "Nous avons toujours respecté l'inviolabilité de la ligne de contrôle. L'Inde l'a violée trois fois. Cette ligne (...) n'est pas délimitée dans les zones montagneuses. Actuellement nous sommes en pleine confusion", a affirmé le chef de la diplomatie pakistanaise. Pendant ce temps-là, plusieurs rassemblements ont eu lieu samedi dans la capitale indienne et un groupe de manifestants a tenté de marcher sur l'ambassade pakistanaise. La foule, comprenant des enfants, des enseignants et des hommes politiques, estime que l'Inde "doit donner une leçon au Pakistan
pour avoir envoyé des infiltrateurs en Inde".

REPRISE DU CONFLIT ENTRE L'INDE ET LE PAKISTAN
Cachemire : l'ombre du nucléaire (Le Monde Diplomatique, 4/6/99)
Presque rituellement, au printemps, des escarmouches éclatent entre  l'Inde et le Pakistan autour du Cachemire. Gesticulation toujours dangereuse mais d'habitude contrôlée. Elle a pris cette année une  dimension explosive, avec l'infiltration au-delà de la ligne de contrôle (lign of control) d'unités de séparatistes musulmans  fortement armés et soutenus par le Pakistan.
C'est en effet par centaines que se comptent déjà les morts et blessés depuis que l'Inde a lancé, fin mai 1999, des opérations  aéro-terrestres de grande envergure pour déloger ces unités de la zone stratégique surplombant la route principale qui mène au glacier himalayien de Siachen et relie les villes Srinagar et Leh. 20 000 soldats et des dizaines d'avions (chasseurs et bombardiers) sont engagés par l'Inde sur une ligne de front de 120 km. Ils font  face à l'artillerie lourde pakistanaise encastrée dans les hauteurs.
A l'évidence, le conflit, qui a pris l'allure d'une guerre conventionnelle, comporte d'importants risques d'escalade entre les deux puissances nucléaires déclarées de l'Asie du sud (1). De chaque côté le gouvernement est contesté et ni l'un ni l'autre ne semblent avoir les moyens ni la volonté de désamorcer la crise. Or, plus le conflit durera, plus grande sera la tentation de faire déborder les opérations hors du Cachemire.
Un double calcul semble avoir présidé au choix pakistanais de déclencher cet affrontement à haut risque. Le gouvernement de M. Nawaz Sharif cherchait tout d'abord à instrumentaliser la crise à des fins de politique intérieure. La guerre lui sert ostensiblement d'outil de remobilisation nationale alors que les mécontentements grondent (2). Le moment semblait propice car l'Inde connaît une crise politique depuis la chute du gouvernement nationaliste hindou (BJP) et prévoit de nouvelles élections législatives en automne.
S'ajoute à cela un calcul géopolitique et diplomatique. Le Pakistan a toujours eu pour but d'internationaliser le conflit. Le précédent du Kosovo aurait incité Islamabad à allumer un feu qu'il espère voir déboucher sur une médiation internationale et sur un référendum portant sur l'auto-détermination (3).
Mais ce pari pourrait se révéler désastreux. L'Inde n'a jamais accepté l'idée d'une internationalisation. Et la nouvelle donne stratégique née au Kosovo joue dans les deux sens : pourquoi l'Inde accepterait-elle aujourd'hui une médiation de l'Oganisation des Nations Unies (ONU) alors que cette dernière a été tenue à l'écart  dans le conflit des Balkans ? Au contraire, l'Inde, comme d'autres  puissances régionales, peut se sentir libre d'agir unilatéralement dès lors que l'ONU perd sa prééminence dans la régulation des conflits internationaux.
Sauf retrait pakistanais - plutôt improbable -, on voit mal dans  ces conditions comment sera mis un terme aux opérations. Or, l'ombre des armes nucléaires plane sur ce conflit hautement passionnel. Mettra-t-on à l'épreuve l'équilibre de la terreur en Asie du Sud ? Nous n'en sommes pas encore là. Mais c'est bien ce que redoutent les chancelleries occidentales devant ce conflit qui s'emballe de jour en jour.
     1. L'Inde et le Pakistan ont procédé à des essais nucléaires l'année dernière. Les deux pays disposent aussi de missiles de moyenne portée.
     2. Voir Bruno Philip, « Pakistan, la dérive autoritaire », Le Monde, 2 juin, 1999.
     3. Le gouvernement pakistanais a fait appel au secrétaire-général de l'ONU, M. Kofi Annan, le 26 mai. La médiation offerte par ce dernier fut immédiatement rejetée par l'Inde. Selon des sources indiennes, l'utilisation, inhabituelle, de l'aviation s'explique aussi par le précédent créé dans les Balkans.
PHILIP S. GOLUB. PGolub@compuserve.com



Le Pakistan annonce avoir repoussé trois attaques indiennes au Cachemire
   ISLAMABAD, 1er juin 99 (AFP) - L'armée pakistanaise a affirmé mardi avoir infligé de "lourdes pertes" à l'armée indienne qui avait lancé trois attaques le long de la "Ligne de Contrôle" qui partage le Cachemire.   "Au cours des dernières 24 heures, l'armée pakistanaise a repoussé avec succès trois attaques indiennes le long de la Ligne de Contrôle en infligeant de lourdes pertes à l'ennemi", a déclaré la Direction des relations publiques inter-armes.   Le communiqué, qui ne donne pas d'autres précisions sur les pertes indiennes, ajoute que l'armée pakistanaise a eu un officier et deux soldats tués aux cours des affrontements.   Selon le service des relations publiques des armées pakistanaises,les attaques indiennes ont eu lieu dans les secteurs de Marpola et
Charbat La, dans le nord du Cachemire.   Les forces indiennes "ont été repoussées avec un grand nombre d'ennemis tués ou blessés", a ajouté le communiqué.   New Delhi affirme que 600 guérilleros - dont des taliban afghans et des soldats pakistanais - ont été infiltrés dans cette région à partir du Pakistan ces dernièrers semaines.   Islamabad a démenti que des soldats pakistanais participaient aux combats et à rejeté l'accusation d'avoir inflitré des combattants.   L'armée de l'air indienne a annoncé mardi qu'elle poursuivait des raids massifs contre des guérilleros islamistes pro-pakistanais retranchés dans la montagne du nord du Cachemire. New Delhi a d'autre part affirmé mardi que les forces pakistanaises avaient intensifié leurs tirs d'artillerie le long de la "ligne de contrôle" dans le nord mais aussi le sud du Cachemire.


Accord proche entre le Pakistan et l'Inde sur une rencontre
   ISLAMABAD, 1er juin 99  (AFP) - Le Pakistan et l'Inde sont proches d'un accord sur une date pour entamer les discussions visant à réduire la tension au Cachemire, a annoncé le ministre pakistanais des Affaires étrangères Sartaj Aziz mardi à Islamabad.
   "J'espère recevoir aujourd'hui (mardi) la réponse de l'Inde" à la proposition d'entamer les discussions cette semaine, a dit M. Aziz à l'AFP.   Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif avait proposé vendredi dernier d'envoyer M. Aziz à New Delhi pour discuter de la situation au Cachemire, une région himalayenne dont les deux pays se disputent la souveraineté et où règne selon New Delhi une situation de guerre.   Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a précisé que les discussions avec son homologue indien Jaswant Singh porteraient sur la situation le long de la "Ligne de Contrôle" qui sépare le Cachemire sous
contrôle indien de celui sous contrôle pakistanais.   Depuis près d'une semaine, l'aviation et l'armée de terre indiennes
mènent une vaste opération contre plusieurs centaines de combattants islamistes dans la région de Kargil et Drass dans la montagne du nord du Cachemire.   "Une fois que la situation à Kargil sera réglée, le reste suivra", a déclaré M. Aziz.
   New Delhi affirme que 600 guérilleros - dont des taliban afghans et des soldats pakistanais - ont été infiltrés dans cette région à partir du Pakistan ces dernièrers semaines.   Islamabad a démenti que des soldats pakistanais participaient aux
combats et à rejeté l'accusation d'avoir inflitré des combattants.


Raids massifs de l'aviation indienne au Cachemire
   NEW DELHI, 1er juin 99 (AFP) - L'aviation indienne a conduit mardi des raids aériens massifs contre des guérilleros islamistes pro-pakistanais retranchés dans la montagne du Cachemire alors que l'Inde et le Pakistan n'étaient toujours pas d'accord sur les dates de discussions de paix.   Des escadrilles de MiG-21, MiG-23 et MiG-27 indiens ont effectué au moins six sorties dans la région de Kargil, dans le nord du Cachemire indien, près de la "ligne de contrôle" séparant l'Inde du Pakistan, a-t-on indiqué de sources militaires.   Des Mirage-2000 chargés de brouiller les radars adverses étaient également en action pour prévenir toute intrusion en provenance du Pakistan, a-t-on ajouté de source militaire.   Des combats, parfois au corps à corps, se poursuivaient dans la haute montagne de la région de Kargil, où les forces indiennes ont indiqué avoir repoussé pendant la nuit une tentative de percée ennemie.    Selon l'armée indienne, les forces pakistanaises ont intensifié leurs tirs d'artillerie le long de la "ligne de contrôle", dans le nord mais aussi le sud du Cachemire.   "Le Pakistan amène des pièces d'artillerie et des armes lourdes sur
presque toute la ligne de contrôle, mais nous sommes prêts", a déclaré un porte-parole. "Ils concentrent (leurs tirs) non seulement (dans le Nord) mais attaquent aussi nos positions dans les secteurs de Poonch and Rajouri" dans le Sud, a-t-il ajouté.
   "Les Pakistanais ont l'impression que nous avons redéployé des troupes de la zone frontalière vers Kargil et Drass" dans le Nord pour combattre les guérilleros, a-t-il dit. "Ce n'est pas exact. Nous avons les troupes et les armes nécessaires".   Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee avait estimé lundi que l'Inde faisait face au Cachemire à une situation "comparable à la
guerre" et accusé le Pakistan de vouloir modifier la frontière au Cachemire et conquérir des territoires indiens.   Selon le ministre de la Défense George Fernandes, les forces indiennes ont tué 150 soldats pakistanais et 320 guérilleros depuis le début, le 9 mai, des opérations militaires contre ces combattants qui ont fait 33 morts côté indien.   Bien qu'ayant accepté de discuter de paix, l'Inde et le Pakistan n'avaient toujours pas annoncé les dates d'une visite prévue à New Delhi du chef de la diplomatie pakistanaise pour des discussions sur la vive tension qui règne au Cachemire.   Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Sartaj Aziz a déclaré à l'AFP à Islamabad que les deux pays étaient proches d'annoncer les dates de cette visite prévue pour cette semaine et qu'il espérait recevoir "aujourd'hui (mardi) la réponse de l'Inde".   Mais à New Delhi, un responsable du ministère des Affaires extérieures a affirmé que la "balle est dans le camp" du Pakistan. "Dans tous les cas, l'organisation prendra du temps, ces choses-là ne peuvent être réglées en un jour", a-t-il dit.   M. Aziz a précisé que ses discussions prévues avec avec son homologue indien Jaswant Singh porteraient sur la situation le long de la "ligne de contrôle". L'Inde a clairement fait savoir qu'il n'était pas question de négocier sur le fond du problème cachemiri.   Les deux pays, puissances nucléaires depuis leurs tests atomiques de l'an dernier, se disputent depuis un demi-siècle la souveraineté sur le Cachemire, région à majorité musulmane dont les deux tiers sud sont sous contrôle indien et tiers nord sous celui du Pakistan.   Inde et Pakistan se sont livré trois guerres depuis leur indépendance en 1947 dont deux à propos du Cachemire. Une guérilla musulmane a fait quelque 25.000 morts depuis 1989 au Cachemire indien.


Cachemire : Sept enfants tués par des obus indiens, selon Islamabad
   ISLAMABAD, 1er juin (AFP) - Au moins sept enfants ont été tués mardi dans leur école touchée par des tirs d'obus indiens sur le Cachemire pakistanais, ont affirmé des sources militaires pakistanaises à Islamabad.   Selon ces sources, un nombre non precisé d'enfants ont été blessés au cours des bombardements intenses qui ont frappé la localité de Kiran, dans la vallée de la Neelum, à l'est de Muzaffarabad, le chef-lieu du Cachemire sous contrôle pakistanais.    Le bilan pourrait s'alourdir dans les heures qui viennent, ont estimé ces sources qui attendaient de nouvelles informations du secteur.   Depuis le 9 mai, les artilleries indienne et pakistanaise se livrent à d'intenses duels de part et d'autre de la "Ligne de Contrôle" qui sépare le Cachemire sous contrôle pakistanais de celui sous contrôle indien.   A cet égard, l'armée pakistanaise a affirmé mardi avoir infligé de "lourdes pertes" à l'armée indienne qui avait lancé trois attaques le long de la "Ligne de Contrôle" depuis lundi.   Le communiqué, qui ne donne pas d'autres précisions sur les pertes indiennes, a ajouté que l'armée pakistanaise avait eu un offcier et deux soldats tués aux cours des affrontements.   Le service des relations publiques des armées a precisé que des attaques indiennes avaient eu lieu dans les secteurs de Marpola et Charbat La, dans le nord du Cachemire.   Les forces indiennes "ont été repoussées avec un grand nombre
d'ennemis tués ou blessés", a ajouté le communiqué.   L'aviation indienne a conduit mardi des raids aériens massifs contre
des guérilleros islamistes pro-pakistanais retranchés dans la montagne du Cachemire, selon New Delhi, qui affirmait d'autre part que les forces pakistanaises avaient intensifié leurs tirs d'artillerie le long de la "ligne de contrôle", dans le nord mais aussi le sud du Cachemire.


L'Inde rejette "fermement" une offre de médiation de l'ONU
   NEW DELHI, 30 mai (1FP) - Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a indiqué dimanche avoir "fermement" rejeté une offre de médiation de l'ONU pour réduire la tension indo-pakistanaise à propos du Cachemire.   M. Vajpayee a indiqué que le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan l'avait contacté samedi pour lui proposer l'envoi en Inde et au Pakistan d'un émissaire de l'ONU.   "Mais je lui ai fermement dit que si un émissaire devait être envoyé quelque part, il devrait aller au Pakistan et non en Inde", a dit M.Vajpayee lors d'une réunion publique à sa résidence.   "C'est le Pakistan qui nous a attaqués et a violé notre territoire
pour capturer notre terre", a-t-il ajouté.   L'Inde s'est toujours opposée à l'intervention d'une tierce partie dans son conflit vieux d'un demi-siècle avec le Pakistan, estimant qu'il s'agit d'une question strictement bilatérale. Le Pakistan au contraire appelle une intervention de l'ONU de ses voeux.   M. Vajpayee a expliqué que l'offensive militaire lancée par les forces armées indiennes contre plusieurs centaines de guérilleros islamistes pro-pakistanais infiltrés au Cachemire indien se poursuivrait, soulignant que l'Inde ne pouvait "tolérer" leur présence sur son territoire.   "Nous n'avons pas peur de discuter (avec le Pakistan) mais nous ne le
ferons pas sous la menace", a déclaré M. Vajpayee en référence à une proposition d'Islamabad pour une visite du chef de la diplomatie pakistanaise à New Delhi pour aider à réduire la tension.   Un porte-parole du ministère indien des Affaires extérieures a semblé lier l'acceptation de cette visite par l'Inde à un retrait préalable des guérilleros islamistes au Cachemire indien.   "La question est à l'étude, mais il faut que l'on prenne en compte notre point de vue qui est qu'une intrusion armée s'est produite et doit
être d'abord retirée", a dit le porte-parole.   Il a précisé que les chefs de la diplomatie américaine Madeleine Albright et britannique Robin Cook avaient contacté leur homologue indien Jaswant Singh au cours du week-end.   "Cook a exprimé sa préoccupation mais Singh lui a dit que l'Inde n'avait pas d'autre choix que d'évincer" les guérilleros, a ajouté le porte-parole, estimant que la communauté internationale reconnaissait ce fait.

Inde/Pakistan: "l'Amérique pousse à la confrontation militaire" (Saddam)
BAGDAD, 30 mai (AFP) - Le président irakien Saddam Hussein a accusé dimanche les Etats-Unis de "pousser l'Inde et le Pakistan à la confrontation militaire", en recevant à Bagdad le ministre indien du Pétrole, V.K. Ramamurthy.   "L'Amérique essaye, et continuera à essayer, d'envenimer les relations entre l'Inde et le Pakistan et de les pousser à la confrontation militaire", a déclaré le président irakien, cité par l'agence officielle INA.   "L'Amérique dira ensuite aux autres pays du monde: +Voyez comment 
l'Inde et le Pakistan se sont causés des catastrophes pour avoir essayé de posséder des capacités nucléaires!", a ajouté le président irakien.   "C'est pourquoi nous avons encore confiance en la sagesse des dirigeants indiens", a-t-il dit.   Selon INA, "le ministre indien a exprimé sa considération à la position claire de l'Irak concernant la situation dans le sous-continent indien", affirmant que son pays "est entièrement conscient qu'une escalade entre l'Inde et le Pakistan entraînera une intervention des
Etats-Unis et une aggravation de la situation".   Washington avait appelé jeudi l'Inde et le Pakistan à la retenue au Cachemire, après une résurgence des tensions dans la région.   M. Saddam Hussein avait présidé samedi une réunion du Conseil des ministres qui avait recommandé à l'Inde et au Pakistan, opposés par un conflit au Cachemire, de "ne pas tomber dans les pièges tramés par les
Etats-Unis".   Le Conseil avait également estimé que les Etats-Unis voulaient se "venger" de l'Inde et du Pakistan pour avoir développé des armes nucléaires.   En juin dernier, M. Saddam Hussein avait estimé que les essais nucléaires menés par l'Inde et le Pakistan étaient un "droit à la souveraineté" et rejeté "la politique adoptée par les grandes puissances, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui s'arrogent le droit de posséder seuls des armes nucléaires".   L'Inde a lancé une opération militaire le 9 mai après l'occupation, par des centaines des guérilléros musulmans appuyés par le Pakistan, du secteur montagneux de Kargil dans le Cachemire indien.   M. Ramamurthy, qui effectue depuis vendredi une visite de cinq jours en Irak, a remis à M. Saddam Hussein un message du Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee, portant sur "les possibilités de coopération bilatérale, en particulier dans les domaines pétrolier, sanitaire et agricole", selon INA.

Des Mirage dans les deux camps
   PARIS, 31 (AFP) - Les forces armées indiennes et pakistanaises, qui s'affrontent depuis plusieurs jours au Cachemire, détiennent des Mirage de fabrication française, de défense aérienne pour l'Inde et de bombardement pour le Pakistan.   L'aviation indienne mène des raids contre des guérilleros pro-pakistanais, retranchés dans la montagne du Cachemire indien, en utilisant notamment des  Mirage 2000 H pour brouiller les radars pakistanais. L'Inde possède une quarantaine de Mirage 2000 de première génération, livrés à partir de 1984, conçus pour des opérations de défense aérienne (interdiction de zone contre des avions hostiles, guerre électronique avec brouillage de radars).   A ce jour, plus de 540 Mirage 2000 de tous types, ont été commandés par huit forces aériennes (France, Egypte, Inde, Pérou, Emirats arabes unis, Grèce, Taïwan, Qatar), dont plus de 500 ont déja été livrés. Le Mirage 2000 est utilisé par la France pour les opérations de l'OTAN contre la RFY : Mirage 2000 D (bombardements avec armements à guidage
laser), Mirage 2000 C (défense aérienne).   De son côté, le Pakistan possède 120 Mirage III et 5, la génération précédant le Mirage 2000. Ces appareils, qui ont été rachetés par Islambad à des armées de l'air étrangères, ont été modernisés par l'industrie pakistanaise.   Ces Mirage sont conçus pour mener des missions d'attaque au sol (bombardements).


Pakistan-Inde-Cachemire:M. Sharif rejette les accusations indiennes sur des guerilleros infiltrés
   ISLAMABAD, 31 mai (AFP) - Le Premier ministre Nawaz Sharif a rejeté lundi les accusations indiennes sur des infiltrations pakistanaises au Cachemire et a affirmé que la lutte séparatiste était une lutte de libération intérieure.   Le peuple du Cachemire se bat pour son droit inaliénable à l'autodétermination qui est d'ailleurs prévu par les résolutions des Nations unies, a affirmé M. Sharif en réponse à des accusations indiennes d'ingérences pakistanaises.   Son homologue indien Atal Behari Vajpayee a déclaré lundi que son pays faisait face à une "situation comparable à la guerre" au Cachemire où elle combat des guérilleros inflitrés par le Pakistan.   "C'est une sorte d'invasion, une agression, une tentative de modifier la frontière et de saisir des territoires", a-t-il ajouté en demandant au Pakistan de retirer les infiltrés.   "Les gens de la vallée ne sont ni des militants ni des infiltrés. Ce
ne sont que des combattants de la liberté qui se battent pour la libération de leur patrie", a répliqué M. Nawaz Sharif cité par l'agence officielle Associated Press of Pakistan (APP).   Durant les dix dernières années, "des milliers de Cachemiris sont
morts en martyrs" alors qu'on tentait de "supprimer leur mouvement de libération", a-t-il dit.   Selon les sources indiennes, environ 25.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerilla sépratiste musulmane en 1989.   Le Premier ministre pakistanais a en outre demandé à l'Inde de respecter l'esprit de la "déclaration de Lahore" signé par les deux chefs de gouvernement au cours de la visite historique effectuée par M.Vajpayee dans la capitale du Penjab pakistanais en février dernier.    Dans cette déclaration, les deux parties sont convenues de résoudre tous leurs différends -- y compris celui du Cachemire, leur principale pomme de discorde -- par des négociations.   L'Inde et le Pakistan se sont livrés trois guerres depuis l'indépendance de 1947, dont deux à propos du Cachemire contrôlé pour les deux tiers par l'Inde, le tiers nord étant sous celui du Pakistan.


 Le Pakistan peut "utiliser toutes ses armes" pour se défendre
  ISLAMABAD, 31 mai (AFP) - Le Pakistan, puissance nucléaire déclarée, a affirmé lundi qu'il utiliserait tout son arsenal pour sa défense et a rejeté les accusations indiennes sur des infiltrations de combattants au Cachemire où les combats se poursuivent sans relâche.   "Nous n'hésiterons pas à utiliser toutes les armes de notre arsenal pour défendre notre intégrité territoriale", a affirmé le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Shamshad Ahmed, dans une déclaration publiée lundi par des quotidiens pakistanais.   Islamabad veut résoudre les différends "pacifiquement", mais ce désir de paix ne doit pas être considéré comme un "aveu de faiblesse", a ajouté M. Ahmed.   Il y a un an, l'Inde et le Pakistan sont ouvertement devenus des puissances atomiques en effectuant des essais nucléaires qui ont donné une tournure plus dangereuse encore à la course aux armements entre les
deux pays ennemis qui revendiquent la souveraineté entière sur le Cachemire.   Une région où, selon un porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, la situation militaire est désormais "grave".   M. Tariq Altaf a aussi accusé l'Inde, au cours d'un point de presse lundi, de provoquer une "escalade" de la tension par ses opérations militaires le long de la "Ligne de Contrôle" qui sépare les Cachemire indien et pakistanais.   L'aviation et l'armée de terre indiennes ont poursuivi lundi une vaste opération de ratissage contre plusieurs centaines de combattants séparatistes dans la région de Kargil et Drass (nord).   Pour réduire la tension, Islamabad a proposé d'envoyer le ministre des Affaires étrangères Sartaj Aziz à New Delhi cette semaine. Cette offre a été acceptée par l'Inde, selon un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères. Mais Islamabad a affirmé lundi soir ne pas avoir encore reçu de notification officielle de cet accord.   De son côté, le Premier ministre Nawaz Sharif a démenti que le Pakistan envoyait des combattants au Cachemire indien et a affirmé que la lutte séparatiste était une lutte de libération intérieure.   Le peuple du Cachemire se bat pour son droit "inaliénable" à l'autodétermination qui est d'ailleurs prévu par les résolutions des Nations unies, a affirmé M. Sharif en réponse aux accusations indiennes d'ingérences.   Le Premier ministre indien a déclaré lundi que son pays faisait face à une "situation comparable à la guerre" au Cachemire où elle combat des guérilleros infiltrés, selon lui, par le Pakistan.
   "C'est une sorte d'invasion, une agression, une tentative de modifier la frontière et de saisir des territoires", a déclaré M. Atal Behari Vajpayee, selon l'agence PTI.   "Les gens de la vallée ne sont ni des militants ni des infiltrés. Ce ne sont que des combattants de la liberté qui se battent pour la libération de leur patrie", a répliqué M. Nawaz Sharif cité par l'agence officielle Associated Press of Pakistan (APP).   Durant les dix dernières années, "des milliers de Cachemiris sont morts en martyrs" alors qu'on tentait de "supprimer leur mouvement de libération", a-t-il dit.   Selon les sources indiennes, environ 25.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guérilla séparatiste musulmane en 1989.   New Delhi affirme que jusqu'à 600 guérilleros - dont des taliban afghans et des soldats pakistanais - ont été infiltrés.   M. Nawaz Sharif a estimé que pour sortir de la tension actuelle il
fallait que l'Inde revienne à l'esprit de la "déclaration de Lahore"signé par les deux chefs de gouvernement au cours de la visite
historique effectuée par M. Vajpayee dans la capitale du Penjab pakistanais en février dernier.   Dans cette déclaration, les deux parties sont convenues de résoudre tous leurs différends -- y compris celui du Cachemire, leur principale pomme de discorde -- par des négociations.   L'Inde et le Pakistan se sont livrés trois guerres depuis l'indépendance de 1947, dont deux à propos du Cachemire contrôlé pour les deux tiers par l'Inde, le tiers nord étant sous celui du Pakistan.


Golfe-Inde-Pakistan: Ryad et Abou Dhabi appellent l'Inde et le Pakistan à la "retenue"
   DUBAI, 31 mai (AFP) - L'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis ont appelé lundi l'Inde et le Pakistan à la "retenue" au Cachemire et à ouvrir un "dialogue" pour désamorcer la crise.   Le cabinet saoudien, présidé par le ministre saoudien de la Défense
Sultan Ben Abdel Aziz, "appelle l'Inde et le Pakistan à faire preuve de sagesse et de retenue et à poursuivre le dialogue pour trouver un règlement politique à la crise", selon un communiqué officiel reproduit par l'agence saoudienne SPA.    Le Conseil des ministres saoudiens a souligné à ce propos "le droit du peuple musulman du Cachemire à l'autodétermination (..) conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU".   Pour sa part, le cabinet émirati a exhorté New Delhi et Islamabad à
"intensifier les négociations et répondre (positivement) aux initiatives diplomatiques (..) pour désamorcer la crise et restaurer la sécurité dans la région".   Selon un communiqué reproduit par l'agence émiratie WAM, "les Emirats suivent avec une profonde inquiétude l'escalade de la tension dans la région du Cachemire (...)".   Les troupes indiennes ont intensifié lundi leurs raids aériens contre des positions de guérilléros musulmans appuyés par le Pakistan qui occupent, selon New Delhi, le secteur montagneux de Kargil dans le Cachemire indien.


 Inde-Pakistan: des forces armées inégales
   LONDRES, 27 mai (AFP) - L'Inde et le Pakistan, frères ennemis qui depuis la partition en 1947 se sont déjà livrés trois guerres, disposent de capacités de défense très inégales, le déséquilibre se faisant au détriment d'Islamabad.   L'Inde (environ 980 millions d'habitants), qui a procédé en mai 1998 à cinq essais nucléaires, et a fait état de son intention de s'équiper de missiles à tête nucléaire "dès que la situation l'exigera", a des capacités nettement supérieures à celles de son voisin, dans l'armement
nucléaire et conventionnel.   Depuis son premier essai en 1974, les spécialistes prêtent à New Delhi la capacité à disposer de quelque 30 à 60 bombes de la puissance de celle d'Hiroshima.   Au début des années 80, l'Inde a également développé une panoplie de missiles balistiques: le missile Agni (le feu), dont la version récente (Agni II) expérimentée en avril dernier a une portée de 2.000 à 2.500 km, et le missile sol-sol Prithvi (la terre) d'une portée de 250 km. Elle a également testé avec succès le mois dernier un missile sol-air (Trident) de courte portée.   Le Pakistan (130 millions d'habitants), qui a procédé à six essais nucléaires en mai 1998 en réponse aux testes indiens, est censé disposer d'une dizaine de charges nucléaires, selon les estimations des services
occidentaux de renseignement. Il a cependant toujours nié avoir reçu l'assistance de spécialistes chinois pour mettre au point des missiles susceptibles de transporter des charges nucléaires.   A l'instar de New Delhi, Islamabad a annoncé avoir testé avec succès
en avril dernier une version améliorée de son missile sol-sol "Ghauri" (Ghauri II) d'une portée de 2.300 km. La première version du Ghauri, d'un rayon d'action de 1.500 km, avait été lancée en avril 1998. Il a également effectué un tir réussi d'un missile sol-sol de moyenne portée (600 km).   Selon l'Institut international des études stratégiques (IISS, Londres),  1.175.000 soldats indiens d'active font face à 587.000 soldats pakistanais. L'Inde peut compter en outre sur 528.400 réservistes et le Pakistan sur 513.000.    L'armée de terre indienne dispose de 980.000 hommes, trois divisions blindées, 3.414 chars de combat et quelque 4.175 pièces d'artillerie,
celle du Pakistan de 520.000 hommes, deux divisions blindées, 2.120 chars de combat et 1.590 pièces d'artillerie.   L'armée de l'air indienne (140.000 hommes), qui possède 772 avions de combat et 190 hélicoptères dont 32 armés, est équipée surtout de
matériel russe (Sukhoi, Mig-21,23, 27, 29), mais aussi de matériel français (Mirage 2000 HT/H), britannique (Sea Harrier) ou
franco-britannique (Jaguar).   Celle du Pakistan (45.000 hommes) a 410 avions de combat (français --des Mirage III non adaptés à l'emport de bombes ou de missiles nucléaires-- et américains --F-16), 34 hélicoptères, mais aucun hélicoptère armé.   La marine indienne dispose de 55.000 hommes contre 22.000 pour le Pakistan. Elle compte à son actif un porte-avions (le Pakistan n'en
dispose pas), 19 sous-marins contre 9 pour la marine pakistanaise, 25 bâtiments de surface contre 10 pour le Pakistan.

Escalade au Cachemire: l'aviation indienne entre en action
   SRINAGAR (Inde), 26 mai 99 (AFP) - L'aviation indienne est entrée en action pour la première fois au Cachemire mercredi pour déloger des guérilleros musulmans, ce qui marque une escalade dans le conflit indo-pakistanais sur cette région himalayenne disputée depuis un demi-siècle.   L'Inde a mis en garde contre toute intervention pakistanaise dans cette opération qui doit se poursuivre. Le Pakistan a répliqué en plaçant ses forces armées en état d'alerte.   Des avions MiG 23 et Jaguar indiens, soutenus par des hélicoptères MI-17, ont attaqué à l'aube, puis dans l'après-midi, des "mercenaires" musulmans infiltrés dans la montagne du Cachemire indien sous le couvert de tirs d'artillerie pakistanais depuis le 9 mai, selon New Delhi.   Ces raids aériens menés à haute altitude, autour de 5.000 mètres, sur les régions de Kargil, Drass, Batalik et Moshka, à environ 100 km au nord-est de Srinagar, ont été "très efficaces", a-t-on indiqué de source militaire, sans faire état de bilan précis.   Ils se poursuivront "jusqu'à ce que nos forces reprennent le contrôle de notre territoire", a indiqué un communiqué officiel indien, mettant en garde contre des représailles appropriées" si le Pakistan intervenait dans l'opération aérienne indienne.   L'armée indienne a indiqué qu'elle avait tué depuis deux semaines 160 guérilleros d'un groupe de 400 - dont des taliban d'Afghanistan et des soldats pakistanais - infiltrés au Cachemire indien. 17 soldats indiens ont été tués et 80 blessés, selon l'armée.   De nouveaux renforts de troupes et d'artillerie lourde ont été
envoyés à la frontière, selon des témoins.    A Srinagar, capitale d'été du Cachemire indien, où tous les vols civils ont été annulés, des habitants ont fait état de panique dans la ville survolée par les avions indiens, où l'on craignait une nouvelle guerre indo-pakistanaise. Plusieurs centaines de touristes indiens et étrangers quittaient la région.   Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee avait indiqué mardi avoir averti son homologue pakistanais Nawaz Sharif que l'Inde utiliserait tous les moyens nécessaires pour repousser les intrusions.    "Cette fois-ci, le but (des Pakistanais) est d'occuper des zones de notre territoire et d'y rester (...) Cette situation est totalement inacceptable", avait dit M. Vajpayee.   Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Sartaj Aziz a répliqué mercredi que l'Inde était responsable de l'"escalade".   "L'armée pakistanaise est en état d'alerte élevé. Nous suivons la
situation de très près sur la ligne de contrôle" de 720 km qui sépare les deux pays au Cachemire, a dit un porte-parole militaire pakistanais.   Les chefs militaires des deux pays se sont cependant parlé au téléphone pour réduire la tension, alors que l'Inde déclarait que les frappes avaient eu lieu nettement en territoire indien.   Forces indiennes et pakistanaises se livrent à des duels d'artillerie depuis le 9 mai dans la région de Kargil, où New Delhi avait déjà envoyé quelque 15.000 soldats en renfort et d'où plusieurs dizaines de milliers d'habitants ont fui.   L'armée indienne estime que les guérilleros infiltrés voulaient couper une importante route entre Srinagar et Leh au Ladakh, plus au nord.   New Delhi a aussi accusé le Pakistan d'avoir abattu un avion de
reconnaissance indien avec un missile SAM lundi.    Ces affrontements entre deux pays devenus puissances nucléaires après
leurs essais atomiques de l'an dernier ont fait voler en éclats un fragile climat de détente né d'une visite historique au Pakistan de M.
Vajpayee en février dernier.   Les deux pays s'étaient engagés lors de ce premier sommet en dix ans à oeuvrer à une résolution de leurs pommes de discorde, dont le Cachemire.   Mais la chute en avril du gouvernement indien dirigé par les nationalistes hindous de M. Vajpayee a mis le dialogue indo-pakistanais entre parenthèses. Des élections auront lieu en Inde en septembre et le
nouveau gouvernement n'entrera en fonction qu'en octobre.   L'ambassadeur américain en Inde Richard Celeste a exprimé
l'inquiétude des Etats-Unis, tout en soulignant que ces derniers n'entendaient pas intervenir dans le conflit.   Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan avait appelé mardi l'Inde et le Pakistan "à montrer de la retenue et à cesser les combats".   Les deux pays se sont livré deux de leurs trois guerres depuis leur indépendance en 1947 à propos du Cachemire, dont deux tiers sont sous le
contrôle de l'Inde et le tiers nord sous celui du Pakistan. Une guérilla musulmane a fait quelque 25.000 morts au Cachemire indien depuis 1989.

Test d'un missile indien sol-air Trishul
   NEW DELHI, 26 mai  99 (AFP) - L'Inde a procédé mercredi au test d'une version navale de son missile sol-air Trishul qui a été lancé à partir d'une base située à Cochin (sud), a annoncé à New Delhi un porte-parole du ministère de la Défense.

Inde-Pakistan-taliban : Les miliciens taliban soutiennent le Pakistan au Cachemire
KYBER PASS (Afghanistan) 28 mai (AFP) - Les taliban intégristes afghans soutiennent sans réserve les soldats pakistanais dans leur confrontation avec l'Inde au Cachemire et sont prêts à leur venir en aide, selon des réactions recueillies vendredi par l'AFP.
   "Les Pakistanais nous ont beaucoup aidé dans notre combat tandis que les Indiens soutiennent l'opposition, alors nous espérons que le Pakistan va réussir", a ainsi estimé au poste-frontière du col de Kyber Mohammed Abdullah, un milicien des "étudiants en théologie" au pouvoir à Kaboul.   Le Pakistan a toujours été considéré comme le principal soutien de la
milice intégriste et est l'un des rares pays à avoir reconnu son régime.    Un autre combattant taleb, à Sarobi, une ville à mi-chemin de Kaboul et de la frontière afghano-pakistanaise, est plus catégorique encore: Si les Pakistanais "ont besoin d'aide, alors nous devons la leur fournir", assure-t-il.   New Delhi a souvent accusé les taliban afghans d'envoyer de nombreux
miliciens se battre avec la guerilla séparatiste musulmane qui lutte au Cachemire indien.   Estimant que l'Inde est responsable de la tension actuelle, ce combattant pense que les "Pakistanais sont de bons soldats". "Ce sont nos frères et je suis sûr qu'ils peuvent affronter toutes les attaques indiennes".   Les taliban bénéficient du soutien sans faille de mouvements extrémistes religieux pakistanais comme le Jamiat Ulema Islam (JUI) qui parraine par ailleurs l'un des principaux mouvements séparatistes
cachemiri Harkat-ul Mujahideen.   Pour un autre taleb, l'armée de l'air pakistanaise avait le droit d'abattre les deux avions indiens qu'Islamabad affirme avoir détruit jeudi. "Tout autre pays aurait fait la même chose", a-t-il dit à Jalabad.

Pakistan-Inde-Cachemire : Avertissement des militaires pakistanais à l'Inde
   ISLAMABAD, 20 mai 99(AFP) - Le chef de l'armée de terre pakistanaise, le général Pervez Musharraf, a mis en garde l'Inde contre toute violation de la ligne de partage du Cachemire où s'affrontent les artilleries des deux pays depuis plus de dix jours, a annoncé la presse jeudi.   Selon le quotidien Dawn, le général Musharraf a affirmé que toute violation par l'Inde de la "ligne de contrôle", la frontière de fait qui partage le Cachemire sur 720 km, aurait de "sérieuses conséquences".   Le général Rashid Qureshi, le chef du département des relations publiques de l'armée, a affirmé que "toute violation de la ligne de contrôle par l'armée ou l'aviation indiennes signifierait une violation du Pakistan qui serait prise très, très au serieux".    "Nous sommes prêts à faire face à toutes éventualitées", a-t-il ajouté.   Depuis plus de dix jours, les deux armées se livrent à de violents et meurtriers duels d'artillerie qui ont notamment embrasé la région de Kargil et Daras, des zones montagneuses du nord.   Le général Qureshi a affirmé que 70 soldats indiens avaient été tués lors de ces échanges de tir.   Dans le même temps, les forces indiennes ont entamé une opération de ratissage contre quelques centaines de guérilleros musulmans infiltrés, selon New Delhi, par le Pakistan au Cachemire indien, en profitant des tirs d'artillerie.   Des sources militaires indiennes ont affirmé que cette opération 
avait fait depuis dimanche 52 morts chez les guérilleros et neuf dans les rangs de l'armée indienne dans la région de Kargil. 
   Les tirs d'artillerie ont forcé les deux-tiers des 80.000 habitants du secteur de Kargil à fuir la région, où des villages entiers se sont vidés.   Ces affrontements indo-pakistanais sont les premiers depuis la visite historique au Pakistan du Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee le 20 février dernier au cours de laquelle les deux pays s'étaient engagés à réduire la tension bilatérale.    L'Inde et le Pakistan, qui ont procédé à des essais nucléaires il y a tout juste un an, se sont affrontés lors de trois guerres depuis l'indépendance du sous-continent en 1947, dont deux à propos du Cachemire, leur principale pomme de discorde. 
   New Delhi affirme que la guérilla musulmane au Cachemire indien a fait quelque 25.000 morts depuis 1989.

USA-Inde-Pakistan : Les ambassadeurs d'Inde et du Pakistan pour le droit à la sécurité
   WASHINGTON, 20 mai (AFP) - Les ambassadeurs pakistanais et indien à Washington ont affirmé jeudi la volonté de leurs pays respectifs de restreindre le risque de conflit nucléaire tout en plaidant pour le droit à la sécurité.   Les deux ambassadeurs ont accepté de participer pour la première fois ensemble à une discussion organisée par un centre d'études, le PEC (Public Education Center) de Washington, à l'occasion du premier anniversaire des essais nucléaires effectués par les deux pays en mai 1998. 
   Riaz Khokhar, ambassadeur du Pakistan, a indiqué que "le maintien d'une dissuasion nucléaire crédible au plus bas niveau possible constitue un élement indispensable de la politique de défense du Pakistan". Il a indiqué que les tests conduits par le Pakistan avaient "restauré un nouvel équilibre stratégique".   Concernant la signature du Traité d'interdiction totale des essais 
nucléaires (CTBT, selon son acronyme anglais), il a indiqué que le Pakistan "avait l'intension d'y adhérer dans des conditions libres de toute pression". 
   Pour sa part l'ambassadeur d'Inde, Naresh Chandra, tout en s'affirmant "en faveur du désarmement" a indiqué qu'en raison de ses conflits frontaliers, l'Inde "a besoin d'une défense".   Il a déploré que "les problèmes de sécurité de l'Inde étaient souvent 
discutés dans un contexte très étroit" et "ne sont pas centrés seulement sur le Pakistan" a-t-il dit.   "Notre plus grande préoccupation est de convaincre le Pakistan que nous ne lui voulons pas de mal", a-t-il ajouté. "L'intérêt de l'Inde a 
relevé l'ambassadeur, est d'avoir un voisin fort et prospère".    Pour sa part Stephen Cohen, de l'institut Brookings a estimé que "le 
risque de guerre n'est pas plus grand maintenant qu'il ne l'était avant". Mais il a indiqué que les célébrations prévues par les deux pays "ne constituaient pas le signe d'un système politique sain".   Le département d'Etat avait dénoncé la veille les célébrations 
prévues en Inde et au Pakistan pour le premier anniversaire des essais nucléaires. "Nous ne pensons pas qu'il y ait quoi que ce soit à fêter concernant des essais nucléaires", avait notamment déclaré le porte-parole du département d'Etat, James Rubin.    L'Inde a célébré la semaine dernière le premier anniversaire de ses essais nucléaires du 11 et 13 mai et le Pakistan s'apprête à faire de même à partir de samedi et jusqu'au 28 mai, le jour où Islamabad a effectué ses propres tests en réponse à New Delhi. 

L'Inde teste un missile sol-air (AP, 18/4/99)
Cinq jours après avoir testé un missile de portée intermédiaire à capacité nucléaire, l'Inde a procédé vendredi à deux tirs expérimentaux d'un missile sol-air, a rapporté l'agence United News of India. Selon l'agence de presse indienne, deux missiles Trishul ont été tirés dans l'Etat d'Orissa (est). Les deux essais ont été couronnés de succès. Les deux missiles ont touché leurs cibles. Les scientifiques indiens développent trois versions de ce missile qui sera utilisé à la fois par la l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air. L'armée indienne avait testé dimanche la deuxième génération du missile Agni. Cette arme peut emporter une charge d'une tonne dans un rayon de 2.000 kilomètres, soit une portée suffisante pour attaquer le Pakistan ou la Chine.  Le Pakistan a réagi en testant deux missiles similaires. Ces tirs interviennent onze mois après que l'Inde eut procédé à une séries d'explosions nucléaires souterraines, forçant le Pakistan à en faire de même un peu plus tard. Cette escalade avait conduit les Etats-Unis à faire pression sur les deux pays pour qu'ils signent un traité international d'interdiction des tests nucléaires et résolvent leurs différends, à l'origine de trois guerres. 

 L'Inde teste un missile sol-air sur un avion de reconnaissance sans pilote (AFP, 16/4/99)
L'Inde a procédé vendredi un nouveau test de missile sol-air, dans l'Etat d'Orissa, à l'est du pays, selon le ministère de la Défense. Selon l'agence United News of India (UNI), deux missiles ont été envoyés entre 09H45 (03H15 GMT) et 10H10 locales (04H40 GMT). Le ministère de la Défense n'a pas confirmé. New Delhi avait déjà procédé, dimanche dernier, à l'essai d'un nouveau missile balistique Agni-II à capacité nucléaire d'une portée de 2.000 à 2.500 km, onze mois après avoir effectué cinq essais nucléaires. Vendredi, c'est un missile Trident, de portée courte, qui a touché un avion espion sans pilote, lancé exprès comme cible, selon le ministère. Un vol d'essai de cet avion automatique, prévu pour des missions de reconnaissance, avait été effectué depuis le site de lancement de Balamore trois jours avant les tests de missile. Le Trident, testé sept fois depuis 1983, est un missile à multiples objectifs, capable de raser l'eau, d'après de experts.    L'Inde a l'ambition depuis seize ans de fabriquer cinq types distincts d'engins guidés. Cette semaine, en l'espace de 24 heures, le Pakistan voisin a effectué deux tirs de missiles balistiques de moyenne portée, en réplique à l'Inde qui avait testé un missile Agni-II de moyenne portée, le week-end dernier. En mai et juin 1998, le Pakistan avait également répliqué aux cinq essais nucléaires indiens en procédant lui-même à six essais nucléaires. 

Le Pakistan effectue un deuxième test de missile à capacité nucléaire (AP 15/4/99) 
Le Pakistan a effectué un deuxième test de missile à capacité nucléaire, jeudi, ont confirmé des sources 
officielles. La portée de ce nouveau missile est encore inconnu, mais on estime qu'il s'agissait du ``Shaheen I'', le premier d'une nouvelle série de missiles qui aurait une portée de 750km, considérablement moins que le missile balistique ``Ghauri II'' lancé mercredi qui est d'une portée de 2.000km. Le tir pakistanais de mercredi était survenu trois jours après le test par l'Inde de la nouvelle génération du missile ``Agni''. 

Pakistan To 'Respond' To India's Nuclear Missile Test (By Sanjeev Miglani, Reuters, Washington Post, April 13, 1999 
Pakistan vowed today to respond to rival India's test of a new nuclear-capable missile after a trial launch by New Delhi that raised the specter of a further South Asian arms race. 
Indian newspapers hailed Sunday's test flight of the Agni II ballistic missile, whose range of at least 1,250 miles could reach deep into China or Pakistan. The country's politicians briefly put aside their bickering to applaud. 
Pakistan's army chief said today that Islamabad would respond, but he did not say when and how. "No Indian should have a doubt that we can respond. We have all the capability; we have everything," Gen. Pervez Musharraf said to the local English Speaking Union. He later told reporters, "We can react very soon." 
India's government shrugged off criticism of its first ballistic missile trial in five years and said it would press ahead with its security objectives. "India will be doing everything necessary flowing from its policy of a credible minimum deterrent," a Foreign Ministry official said. 
He said the missile launch should not have come as a surprise because it was part of a security policy that evolved after India conducted a series of underground nuclear tests 11 months ago. Since India's blasts in May, which Pakistan matched two weeks later. Washington has led Western efforts to draw the regional rivals into the global regime for nuclear arms control and has urged restraint on missile development. 
The Agni II missile is seen as a deterrent to nuclear-armed China, which today joined the United States, Britain, Japan and Thailand in expressing regret over the Agni launch. 
"It could trigger a new round of arms race in South Asia," China's Foreign Ministry said in a statement. "The Chinese side expresses regret and concern." 
Pakistan was under pressure at home to answer India's missile test, fueling concern that recent efforts by the rival nations to mend fences would be wasted. 
"It is necessary that the government should respond immediately, so that they can boost the morale of the people," said Liaqat Baluch, the deputy chief of Pakistan's main Islamist party, Jamaat-i-Islami. 
The Karachi Stock Exchange fell by almost 3 percent on uncertainty on how Pakistan would respond. 
Here in New Delhi, where Prime Minister Atal Bihari Vajpayee's coalition government is teetering on collapse, politicians of all hues closed ranks to praise the country's defense scientists. 
"We are not seeing the launch of Agni II from a political angle," Ajit Jogi, spokesman for the opposition Congress party, told a news conference. "We congratulate our scientists, engineers and soldiers related to defense." 
But Jyoti Basu, chief minister of West Bengal state and a leader of the Communist Party of India-Marxist, dubbed the move a "political stunt" by Vajpayee's Bharatiya Janata Party and said it had "nothing to do with defense." 

Le Pakistan a procédé à un essai de missile balistique (AFP, 14/4/99)
Le Pakistan a procédé mercredi à un essai réussi de son missile balistique de moyenne portée Ghauri en réplique au test de l'Agni-II effectué par l'Inde dimanche, a affirmé un communiqué du ministère des Affaires étrangères.L'essai indien et la réponse pakistanaise pourraient relancer la course aux armements entre les deux pays ennemis de cette région qui constitue déjà l'un des points chauds du monde, estiment les observateurs.Dans le communiqué, le ministère a souligné que ce test constituait le "2ème essai" du missile Ghauri, qui avait été lancé pour la première fois avec succès le 6 avril 1998. Le communiqué du ministère rappelle que le Ghauri a une portée de 1.500 km et qu'il peut être équipé de tous les types de bombes, en clair aussi bien conventionnelles que nucléaires. Cependant, selon des sources scientifiques pakistanaises liées au programme balistique, le missile lancé mercredi -- le Ghauri-II -- serait une version améliorée du premier projectile et aurait une portée de 2.000 km. L'Agni-II indien testé dimanche a une portée de 2.000 à 2.500 km."Ces essais, poursuit le communiqué, font partie d'un programme de recherche et de développement de missiles entièrement pakistanais qui est un élément essentiel de notre politique de dissuasion dans les intérêts de notre sécurité".Sans accuser l'Inde nommément, le communiqué affirme que le "Pakistan ne veut pas une course aux armements nucléaires et balistiques en Asie du sud". Il ajoute toutefois qu'Islamabad a fait "des propositions concrètes" à l'Inde pour observer de la "retenue stratégique" et pour une "stabilisation" des armements nucléaires et conventionnels dans la région. Ce communiqué, notent les observateurs, est en outre d'une forme modérée dans la mesure où il fait référence à un "2ème essai" du Ghauri et non à l'essai d'une nouvelle version améliorée. La déclaration officielle souligne que le nouvel essai du Ghauri "démontre la détermination du Pakistan à se défendre, à renforcer sa sécurité nationale et consolider l'équilibre stratégique qui avait été rétabli le 28 mai 1998". Ce jour-là, le Pakistan avait procédé à des essais nucléaires souterrains dans le désert du Baloutchistan (sud-ouest du pays) pour répondre à ceux effectués par l'Inde quelques jours auparavant. Ces essais avaient fortement accru la tension dans cette région, déjà l'un des points chauds de la planète, et avaient conduit à des sanctions économiques internationales, notamment de la part des Etats-Unis, qui avaient entraîné le Pakistan dans une grave crise économique. Le communiqué précise qu'Islamabad avait informé l'Inde de son intention de procéder au lancement du Ghauri II, ainsi que les autres pays voisins du Pakistan. Les deux pays avaient décidé de s'avertir mutuellement de ce genre d'essais, au cours de la visite historique effectuée par le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee à Lahore (centre du Pakistan) en février dernier. M. Vajpayee et son homologue pakistanais Nawaz Sharif avaient convenu lors de leurs entretiens l'adoption de mesures ponctuelles destinées à "bâtir la confiance entre les deux pays". Mais après l'essai indien de dimanche M. Sharif avait indiqué mardi que le Pakistan donnerait une réponse "nécessaire" au tir du missile indien. "Nous ne voulons pas entrer dans une course aux armements avec l'Inde, mais nous n'oublions pas nos responsabilités", avait toutefois déjà précisé M. Sharif, qui était l'objet de fortes pressions politiques et militaires intérieures pour répondre au "défi" indien. En revanche, des pays comme le Japon et surtout les Etats Unis ont exercé de fortes pressions pour qu'Islamabad s'abstienne de répondre à l'essai balistique indien. L'Inde et le Pakistan se sont livrés trois guerre depuis la partition et l'indépendance du sous-continent en 1947. La dispute porte essentiellement sur le Cachemire, une région himalayenne à majorité musulmane principalement contrôlée par l'Inde et dont les deux pays se disputent toujours la souveraineté. 

Le Pakistan effectue un test de missile à capacité nucléaire (AP, 13/4/99)
Le Pakistan a effectué mercredi un test de missile à portée intermédiaire capable de porter une charge nucléaire et de toucher des cibles très à l'intérieur de l'Inde voisine. Les observateurs et spécialistes s'attendaient à un tel destiné pour le Pakistan à répondre au test de missile effectué par l'Inde dimanche. Le ``Ghauri II'', est une version modernisée d'un ancien missile balistique d'une portée de 2.000km, en faisant le missile de plmus longue portée de l'arsenal pakistanais. Selon plusieurs médias pakistanais, l'Inde avait été avertie par Islamabad mardi que le Pakistan envisageait d'effectuer un test réel. Cette notification a été faite conformément à l'accord signé en février dernier par le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif avec 
son homologue indien Atal Vihari Vajpayee prévoyant d'avertir l'autre pays en cas de test de missile. Cet accord visait à réduire les tensions entre les deux pays du sud-est asiatique qui ont effectué des tests nucléaires souterrains en 1998. Depuis ces tests, l'Inde et le Pakistan se sont déclarés puissances nucléaires, suscitant ainsi des craintes que les deux pays passent à l'étape suivant qui consiste à mettre au point un arsenal nucléaire. Le Pakistan a affirmé qu'il ne tenait pas à s'engager dans une course à l'armement nucléaire mais a averti qu'il ne se laisserait pas distancer par l'Inde si ce pays décidait de s'y lancer. Les deux pays se sont fait trois guerres au cours des 51 dernières années et leur nouveau statut nucléaire a amené de nombreux 
dirigeants mondiaux à exprimer leur crainte qu'une nouvelle confrontation entre le Pakistan et l'Inde ne débouche sur un conflit 
nucléaire. 

Test d'un missile indien à capacité nucléaire : un message à la Chine (AFP, 12/4/99)
En testant avec succès un missile balistique à capacité nucléaire d'une portée de 2.500 km, l'Inde a adressé, un an tout juste après ses essais atomiques, un message clair à la Chine, estimaient les analystes lundi à New Delhi. Nous avons atteint un stade où personne, où qu'il se trouve, ne pourra plus nous menacer", a proclamé le ministre indien de la Défense George Fernandes après avoir annoncé que l'Inde avait testé pour la première fois, dimanche, l'Agni-II ("le Feu"). Ce missile de 20 m de haut et de 16 tonnes, à carburant solide, successeur de l'Agni-I (1.500 km de portée), peut transporter une charge nucléaire d'une tonne et atteindre n'importe quel point du territoire pakistanais et une bonne partie de la Chine. Le test a été effectué le jour du premier anniversaire d'essais nucléaires que l'Inde avait justifiés en partie par la "menace" de son voisin chinois au nord. Il montre que l'Inde est sérieuse dans sa volonté affichée de se doter d'une dissuasion crédible. "En gros, l'Agni-II est une politique d'assurance contre tout revers majeur dans les relations indo-chinoises", a expliqué Jasjit Singh, directeur de l'Institut des études et analyses de défense à New Delhi. "Le gouvernement estime à l'évidence qu'un missile d'une portée de 2.500 km lui donnera plus de confiance dans ses rapports avec la Chine". Pékin n'avait pas encore réagi lundi, alors que le Pakistan avait fait part de son inquiétude et de sa volonté de répliquer, et que les Etats-Unis, le Japon et l'Australie avaient exprimé leurs regrets. Les relations entre l'Inde et la Chine, qui s'étaient opposées lors d'une brève guerre frontalière en 1962, commençaient tout juste à 
repartir de l'avant après un froid dû aux essais indiens et à des déclarations indiennes présentant Pékin comme la principale 
menace. Dans un commentaire lundi, le journal Hindustan Times a affirmé que la Chine récoltait ce qu'elle semait : "le test de l'Agni-II est un nouvel exemple montrant l'effet boomerang de la politique chinoise visant à endiguer l'Inde : son encerclement stratégique provoque ce que Pékin a toujours voulu éviter : la création d'une force de dissuasion" indienne. Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a assuré que l'Inde avait pris une mesure "purement défensive" et n'entendait agresser personne. "L'Agni est la preuve de notre détermination à renforcer notre sécurité nationale pour pouvoir nous défendre", a-t-il dit. Le test de l'Agni-II était prévu et avait été reporté deux fois depuis début mars, en partie, selon les analystes, du fait de pressions américaines et pour qu'il n'intervienne pas trop tôt après le sommet et le dégel indo-pakistanais de février à Lahore, le chef-lieu de 
la province pakistanaise du Pendjab. "La Chine ne peut prétendre être surprise. L'Agni-II était au programme depuis cinq ans", a expliqué un attaché militaire occidental à New Delhi.Il a cependant souligné que l'Inde n'en était pas encore au stade du déploiement. "Le programme indien de missiles a toujours été ralenti par des problèmes techniques et il reste beaucoup à faire techniquement et financièrement", a-t-il dit. Des partis d'opposition ont accusé M. Vajpayee d'avoir tenté de détourner l'attention d'une nouvelle crise politique qui menace son gouvernement. Mais selon Jasjit Singh, là n'était pas la raison de ce test. "Il fallait qu'il soit fait avant la fin avril et l'arrivée de la mousson", a-t-il estimé. Cet analyste s'est dit persuadé que l'Inde n'en resterait pas là et qu'un Agni-III était envisagé : "il ne sert à rien d'investir tant d'argent, si ce n'est pour développer un missile intercontinental de 5.000 km de portée". 

L'Inde et le Pakistan se mettent d'accord pour libérer certains de leurs prisonniers (AP, 7/3/99) 
L'Inde et le Pakistan se sont mis d'accord samedi pour libérer 61 prisonniers non-politiques dans les trois prochaines semaines, un geste qui confirme le désir des deux frères ennemis d'améliorer leurs rapports. Le Pakistan libérera 18 Indiens actuellement détenus dans ses prisons tandis que l'Inde fera libérer 43 Pakistanais, selon un communiqué officiel du Ministère de l'intérieur pakistanais. L'accord a été trouvé au Pakistan lors des discussions bilatérales qui se sont achevées samedi. Cette annonce fait suite au voyage au Pakistan qu'avait effectué le Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee le mois dernier. La communauté internationale tente depuis les explosions nucléaires souterraines expérimentées par les deux pays de faire pression sur l'Inde et le Pakistan pour qu'ils améliorent leurs relations. Depuis leur indépendance en 1947, les deux pays se sont déjà affrontés trois fois. 

Inde-Pakistan : la glace est brisée, reste le Cachemire noeud du conflit (AFP, 22/2/99) 
L'Inde et le Pakistan ont "brisé la glace" lors d'un sommet "historique" à Lahore (Pakistan) mais doivent maintenant s'atteler au noeud de leur conflit vieux d'un demi-siècle, le Cachemire divisé, ont souligné lundi les analystes à New Delhi. Les Premiers ministres indien Atal Behari Vajpayee et pakistanais Nawaz Sharif n'ont certes pas annoncé de résultats spectaculaires dimanche à l'issue de la première visite, chargée de symboles et de bonne volonté, d'un chef de gouvernement indien au Pakistan depuis dix ans. Mais les deux pays frères ennemis, nouvelles puissances nucléaires que la communauté internationale inquiète poussaient à dialoguer, ont pris un nouveau départ et se sont donnés les moyens de travailler sur de meilleures bases de confiance, ont estimé diplomates, analystes et éditorialistes dans la capitale indienne. "La glace est finalement rompue", s'est exclamé l'influent quotidien Times of India, en écho à M. Sharif, alors que l'Indian Express estimait que "Deux premiers ministres ont donné une chance à la paix". "Cela va plus loin, je l'espère, que briser la glace", a expliqué S.K. Singh, un ancien ambassadeur indien à Islamabad, pour qui les deux rivaux, en discutant au plus haut niveau, ont entamé un "changement de direction" et effectué "un premier pas sur une nouvelle voie". Opinion partagée par un diplomate occidental en poste à New Delhi pour qui il y a désormais une "nouvelle méthode" de travail, au delà des pourparlers infructueux et acrimonieux, et un message direct aux opinions publiques des deux côtés de la frontière désireuses de paix. Reste que "le dialogue doit continuer au niveau politique" pour ne pas retomber dans l'ornière, a-t-il dit. Car si le sommet de Lahore a marqué un "tournant", "le chemin de la paix est semé d'embûches", a souligné le quotidien Hindustan Times. Le ton a été donné par M. Vajpayee lui-même, qui à peine rentré à New Delhi, a affirmé qu'une normalisation ne serait possible que lorsque cesseront les massacres perpétrés dans l'Etat du Jammu et Cachemire par des guérilleros musulmans soutenus selon New Delhi par le Pakistan. A la veille même du sommet, 20 hindous avaient été massacrés par un groupe pro-pakistanais selon les autorités indiennes, au Cachemire indien où une guérilla musulmane a fait plus de 25.000 morts en dix ans. Côté pakistanais, M. Sharif a mis clairement les choses sur la table lors d'un banquet pour son hôte nationaliste hindou. "Le Jammu et Cachemire est la raison fondamentale de toutes les tensions entre l'Inde et le Pakistan. Même si c'est un problème compliqué, il ne peut être mis de côté", a-t-il dit en une évidente référence à la position indienne. Cela prendra du temps. Le Cachemire revendiqué par les deux pays a été l'objet de deux de leurs trois guerres. "Il ne peut y avoir de solution rapide. Résoudre la question du Cachemire n'est pas comme préparer du café instantané", a remarqué M. Singh. "Comme sur le chemin d'un amour vrai, il y aura des obstacles sur la route". Entretemps, les deux pays ont commencé par prendre des mesures de confiance destinées à améliorer le climat de leurs relations. Ils se préviendront avant chaque essai de missiles balistiques et se signaleront tout incident "accidentel, non autorisé ou inexplicable" qui pourrait déboucher sur un risque de conflit nucléaire. De source diplomatique, on souligne qu'il s'agit d'un pas modeste mais important compte tenu du fait que les deux pays ont des 
armes atomiques mais pas encore de doctrine nucléaire. "C'est comme cela qu'Américains et les Russes ont commencé" la 
détente nucléaire, a relevé un diplomate. Les deux pays n'ont pas annoncé de prochaine signature du Traité d'interdiction totale des essais nucléaires (CTBT), mais pouvaient difficilement se le permettre sans laisser à penser qu'ils cédaient à la pression des Etats-Unis. 

Nucléaire, Cachemire-Inde et Pakistan veulent réduire la tension (Reuters, 21/2/99) 
Le Pakistan et l'Inde sont convenus dimanche d'oeuvrer à la résolution du conflit du Cachemire et ont annoncé des mesures pour réduire le risque d'une guerre nucléaire dans le sous-continent. Ces accords figurent dans les trois communiqués d'une "Déclaration de Lahore" rendue publique au terme d'une visite de 48 heures au Pakistan du Premier ministre indien, Ali Behari Vajpayee. Celui-ci et son homologue pakistanais, Nawaz Sharif, ont estimé que la résolution de tous les problèmes en suspens, en tête desquels le conflit du Cachemire, était capitale pour la paix et la sécurité régionales. Vajpayee est le premier chef de gouvernement indien à se rendre au Pakistan depuis dix ans. Il est arrivé samedi à bord d'un autocar inaugurant une nouvelle liaison entre New Delhi et Lahore, grande métropole du Nord pakistanais. L'Inde, qui affirme que la totalité du Cachemire lui appartient, est en lutte contre la guérilla séparatiste musulmane depuis 1990. New Delhi administre les deux tiers du Cachemire, le reste étant contrôlé par le Pakistan. Vajpayee et Sharif, qui s'étaient déjà rencontrés dans des pays tiers, ont promis d'"intensifier leurs efforts pour résoudre toutes les questions en suspens, dont celle du Jammu-Cachemire". Ils n'ont en revanche annoncé aucun progrès sur ce grave contentieux territorial, à l'origine de deux des trois conflits qui ont opposé les deux pays depuis 1947 (le troisième ayant eu pour enjeu le Bangladesh, ancien Pakistan oriental). 

Développer les contacts 

L'Inde et le Pakistan sont d'autre part convenus de proroger leur moratoire sur les essais nucléaires souterrains, sauf "au cas où des événements extraordinaires menaceraient les intérêts suprêmes de l'une ou l'autre partie". Les deux pays s'avertiront aussitôt de tout essai de missile balistique ou d'un éventuel tir accidentel de nature à faire monter subitement la tension. A ce titre, Vajpayee et Sharif se sont mis d'accord pour mettre en place une "ligne rouge" téléphonique.  "Les deux parties s'engagent à s'avertir immédiatement en cas d'incident accidentel, non autorisé ou inexpliqué qui créerait un risque de retombées avec des conséquences néfastes pour les deux pays, ou de déclencement d'une guerre nucléaire", lit-on dans la Déclaration de Lahore. Ces entretiens ont débouché sur plusieurs autres engagements, comme celui de lutter contre le "terrorisme" sous toutes ses formes et celui de programmer des contacts entre ministres des Affaires étrangères pour passer en revue toutes les questions d'importance, dont le nucléaire. La décision d'élever le dialogue au niveau des ministres des Affaires étrangères marque un progrès sensible pour les négociations de paix, qui ont repris en octobre dernier mais piétinent, déclarait-on dans les milieux diplomatiques tant pakistanais qu'indiens. Après les manifestations d'hostilité organisées samedi par des milliers d'islamistes hostiles à la visite du Premier ministre indien, qui scandaient "Vajpayee dehors! Vajpayee assassin!", les rues de Lahore sont restées calmes dimanche. Avant d'entamer ses discussions avec Nawaz Sharif, Vajpayee a visité le Minar-i-Pakistan, monument devant lequel le père fondateur du pays, Mohamed Ali-Jinnah, avait préconisé la création du Pakistan. "Je l'ai déjà dit et je le redis. Un Pakistan stable, sûr et prospère, est dans l'intérêt de l'Inde", a-t-il affirmé. 

Chronologie d'une demi-siècle de relations conflictuelles (AFP, 18/2/99) 
Pour la première fois depuis 10 ans, un Premier ministre indien se rend en visite au Pakistan, laissant espérer une détente dans des relations conflictuelles depuis un demi-siècle : 

1947 - L'Inde britannique s'émancipe de la domination coloniale et donne naissance à deux Etats: l'Inde majoritairement hindoue et 
le Pakistan musulman. Les violences de la partition font des centaines de milliers de morts. 

1947/48 - Une première guerre indo-pakistanaise éclate à l'automne 1947 à propos du Cachemire où une dynastie hindoue régnait 
sur une majorité musulmane. Elle s'achève le 1er janvier 1949 par un cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU, qui divise le Cachemire en deux parties, un tiers au Pakistan, l'Azad-Kashmir, et deux tiers à l'Inde, l'Etat du Jammu-et-Cachemire. Des résolutions de l'ONU prévoient un référendum d'autodétermination, qui n'aura pas lieu. Le Cachemire reste à ce jour la principale pomme de discorde entre les deux pays. 

1965 - Deuxième guerre indo-pakistanaise à propos du Cachemire. Médiation soviétique qui débouche sur un cessez-le-feu. 

1971 - Troisième guerre qui aboutit à la scission du Pakistan et à la création du Bangladesh. 

1972 - L'Inde et le Pakistan signent l'accord de Shimla prévoyant que les deux pays règleront leurs différends, dont celui du 
Cachemire, sans intervention de tierces parties. 

1974 - L'Inde fait exploser un engin nucléaire. Le Pakistan engagera lui aussi un programme nucléaire. 

1988 - L'Inde et le Pakistan signent un accord prévoyant qu'ils n'attaqueront pas leurs installations nucléaires respectives. 

1989 - Des séparatistes musulmans engagent une insurrection armée au Cachemire. New Delhi affirme que le Pakistan apporte son soutien à la rébellion. Islamabad dément. La guerilla a fait depuis plus de 25.000 morts au Cachemire indien. 

1994 - Les secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères des deux pays se rencontrent à Islamabad. 

1996 - Premières élections provinciales au Cachemire depuis 1989. Un parti favorable au maintien du Cachemire au sein de l'Union 
indienne remporte la victoire. 

1997 - Rencontre des chefs de la diplomatie des deux pays après une interruption du dialogue de trois ans. 

Juin 1997 - Le Pakistan et l'Inde mettent en place un mécanisme permanent destiné à réduire les tensions. 

Septembre 1997: échec de pourparlers en raison des divergences sur le Cachemire. 

1998 - Le nouveau Premier ministre nationaliste hindou de l'Inde, Atal Behari Vajpayee, appelle à la poursuite du dialogue entre les 
deux pays. 

11-13 mai 1998: L'Inde effectue cinq tests nucléaires. 

28-30 mai 1998: Le Pakistan réplique avec six essais nucléaires. 

29/30 juillet 1998: M. Vajpayee et son homologue pakistanais Nawaz Sharif renouent le dialogue à Colombo mais échouent sur le 
Cachemire. 

24 septembre 1998: MM. Vajpayee et Sharif décident à New York de reprendre leur dialogue, y compris sur le Cachemire. 

16-18 octobre 1998: reprise du dialogue à Islamabad mais aucun progrès en raison des divergences sur le Cachemire. 

5-13 novembre 1998: discussions sur plusieurs sujets de contentieux, sans résultat tangible. 

1999 - Les deux pays créent une liaison par autocar New Delhi-Lahore. C'est cet autocar que doit prendre samedi M. Vajpayee pour aller au Pakistan, où il aura des entretiens jusqu'à dimanche avec M. Sharif. La dernière visite d'un Premier ministre indien au 
Pakistan remonte à 1989 avec une rencontre Rajiv Gandhi-Benazir Bhutto. 

8TH ROUND OF U.S.-INDIA, U.S.-PAKISTAN TALKS ON SECURITY, NONPROLIFERATION DRAWS PRAISE, CRITICISM FROM S. ASIAN MEDIA (USIS, 11/2/99) 

The eighth round of the U.S.-India and U.S.-Pakistan dialogue on security, nonproliferation and disarmament issues dominated 
South Asian editorial pages over the last few weeks, and was noted by the Russian and East Asian press as well. The U.S. 
delegation, led by Deputy Secretary of State Strobe Talbott, met with its Indian counterpart, headed by External Affairs Minister 
Jaswant Singh, January 29-31, and with Pakistani officials, led by Foreign Secretary Shamshad Ahmad, February 1-2. A wide 
spectrum of Indian papers praised the interlocutors for "covering immense ground during the past eight months" and the U.S. team in particular for bringing to the discussion a new "sophistication," "realism," and "a better appreciation" of India's security concerns. Nevertheless, New Delhi pundits were quick to point out that improved relations "still remain tied to the ability of the two sides to cross the nuclear hurdle" and resolve remaining differences over, inter alia, the Comprehensive Test Ban Treaty (CTBT) and Indian views on "minimum nuclear deterrence." By contrast, the talks drew editorial fire from the Pakistani press, with many there concluding that the talks were a "failure." Several urged Islamabad not to yield to the U.S.' "coercive diplomacy" and "follow the course of acquiring dollars at the cost of national security." Analysts from both India and Pakistan welcomed the U.S.' willingness to use the talks as a springboard to "a new more broad-based relationship" between Washington and the two capitals, based on "an agenda larger than nonproliferation." They viewed it as indicative of a readiness "to normalize...relations ruptured after [the nuclear tests last spring]." 

Pourparlers de paix prochains entre l'Inde et du Pakistan (Reuters, 7/2/99) 
 L'Inde et le Pakistan tiendront dans la seconde moitié de février une nouvelle série de pourparlers de paix sur le différend territorial du Cachemire et d'autres contentieux bilatéraux, a annoncé dimanche un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères. 
Comme on l'interrogeait sur des informations de journaux indiens et pakistanais annonçant une rencontre entre diplomates des deux pays entre les 18 et 20 février à New Delhi, le porte-parole a dit qu'il s'agissait des dates proposées pour des entretiens 
interministériels. Il a toutefois noté que le Pakistan n'avait pas encore confirmé les dates en question. Lors d'une autre rencontre prévue en mars, des responsables des deux Etats s'entretiendront de questions moins épineuses, parmi lesquelles un différend sur les frontières maritimes, la situation tendue qui règne aux abords du mont Siachen et les relations commerciales indo-pakistanaises. 
L'Inde et le Pakistan, qui se sont livré trois guerres depuis leur accession à l'indépendance en 1947, ont procédé l'an dernier à des 
essais nucléaires qui ont remis au premier plan le problème de la prolifération atomique. Sous la pression des Etats-Unis, ils ont 
repris en octobre des négociations qui ont marqué peu de progrès et achoppent en premier lieu sur le Cachemire. 
Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif s'est engagé jeudi à ouvrir des discussions approfondies avec l'Inde, après s'être réjoui de la décision de son homologue indien, Atal Behari Vajpayee, d'effectuer une visite historique au Pakistan à l'occasion de 
l'inauguration d'une ligne de car entre les deux pays. 

Signes de détente entre l'Inde et le Pakistan (AFP, 4/2/99) 
Des signes de détente sont soudainement apparus cette semaine entre l'Inde et le Pakistan, huit mois après les essais nucléaires qui avaient fait dangereusement monter la tension entre les deux frères ennemis d'Asie du Sud, a-t-on constaté jeudi à New Delhi. 
Le test suprême d'une bonne volonté exprimée de part et d'autre reste cependant la question du Cachemire divisé, où les armées 
indiennes et pakistanaises se font face depuis un demi-siècle, et sur lequel les deux pays doivent une nouvelle fois se pencher ce 
mois-ci à New Delhi. Dans une interview publiée jeudi par l'Indian Express, le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a appelé avec passion à un changement radical des relations bilatérales après 50 ans d'"échec". La veille, en réponse à des informations sur cette interview, le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee avait exprimé l'intention d'aller à Lahore en autocar pour la première liaison routière entre les deux pays, qui doit démarrer au cours des prochaines semaines. M. Sharif, lui, a promis une réception chaleureuse. "Je serais heureux de repartir avec lui" à New Delhi, a dit le Premier ministre musulman, qualifiant son homologue nationaliste hindou d'"homme bien" et révélant qu'il lui parlait souvent au téléphone et l'appréciait. 
Selon l'agence indienne UNI, M. Sharif pourrait même se rendre à New Delhi dès vendredi pour voir l'équipe pakistanaise de cricket 
se mesurer à celle de l'Inde lors du second test-match de la première tournée du Pakistan chez son voisin depuis 12 ans. 
M. Vajpayee, qui a tenu à rencontrer jeudi l'équipe du Pakistan, avait mis le holà à des menaces de radicaux hindous affiliés à son 
parti contre les joueurs pakistanais, ce pour quoi M. Sharif a exprimé son appréciation. 
Les équipes nationales de hockey-sur-gazon des deux pays ont aussi entamé mercredi à New Delhi une série de matches en Inde,sous les yeux du numéro deux du gouvernement indien, L.K. Advani, considéré comme un faucon nationaliste hindou. 
"Est-ce le printemps dans les relations indo-pakistanaises", s'interrogeait jeudi en première page le Times of India. 
"C'est vraiment remarquable, bien qu'il soit trop tôt pour savoir ce que cela veut dire exactement", a dit un ancien ambassadeur 
indien au Pakistan, Muchkund Dube. 
Cet apparent réchauffement intervient alors que le secrétaire d'Etat adjoint américain Strobe Talbott vient juste d'avoir de nouvelles 
négociations sur la non-prolifération nucléaire dans les deux pays, après huit mois de fortes pressions américaines pour un dialogue bilatéral. M. Sharif a estimé que le dialogue sur le nucléaire devait être direct, et non plus par l'intermédiaire de Washington, et a appelé à un calendrier de négociations, au plus haut niveau, pour résoudre les différents bilatéraux, y compris le Cachemire. Le ministère indien des Affaires extérieures a réagi de façon prudente, affirmant que l'Inde était "toujours ouverte" à toute suggestion sur le niveau du dialogue et favorable "comme toujours" à des discussions directes sur le nucléaire. 
"Commençons au moins par discuter avec l'esprit ouvert", a dit M. Sharif. "Si nous nous asseyons l'esprit ouvert, il y aura une 
solution. Sinon, 50 ans sont déjà passés, combien de décennies allons nous encore perdre?" "Il faut maintenant que les dirigeants 
des deux côtés prennent leurs responsabilités", a-t-il expliqué. M. Sharif a cependant répété que le noeud du problème restait le Cachemire revendiqué par les deux parties et dont l'Inde refuse de négocier la souveraineté: "La vérité, c'est que s'il n'y a pas de progrès sur le Cachemire, il n'y aura vraiment, pas de normalisation". 
 

Conférence du désarmement: l'interdiction des matières fissiles en débat (AFP, 18/1/99) 
L'irruption de l'Inde et du Pakistan dans le club des pays nucléaires risque de perturber la conférence de l'ONU sur le désarmement, centrée sur l'interdiction des matières fissiles entrant dans la composition des armes nucléaires, qui s'ouvre mardi à Genève. Les premiers essais nucléaires officiels de l'Inde et du Pakistan en mai 1998 ont pris le contre-pied du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) prorogé indéfiniment en avril 1995, qui prévoit l'interdiction de fabrication des matières fissiles et l'arrêt de tous les essais nucléaires, avant un véritable et complet désarmement nucléaire. Si l'arrêt des essais nucléaires est théoriquement réglé après l'adoption du Traité d'interdiction totale des essais nucléaires (CTBT) en septembre 1996, reste encore à négocier celui concernant les matières fissiles. Ce sera la tâche essentielle de la Conférence du désarmement, composée de 61 Etats membres de l'ONU, y compris l'Inde et le Pakistan, non-signataires du CTBT. "Cette année, la conférence risque d'être le théâtre de belles empoignades", souligne-t-on de sources diplomatiques. Les Cinq grands (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) qui se sont vu reconnaître par le TNP le droit exclusif de détenir des armes nucléaires, acceptent le principe d'un arrêt de la production des matières fissiles mais pas de prendre en compte les stocks déjà disponibles comme le demandent les pays non nucléaires. Les Cinq refusent également d'accepter de nouveaux membres dans leur club très fermé et ne sont pas prêts à de rapides et importantes réductions de leurs arsenaux nucléaires. Les pays non nucléaires n'entendent pas pour autant relâcher leur pression sur les Cinq en exigeant de leur part ce que les diplomates appellent des "assurances négatives", c'est-à-dire des assurances contraignantes de non-agression nucléaire. Plus encore, ils veulent y ajouter des "assurances positives", c'est-à-dire l'engagement d'un soutien militaire en cas d'attaque nucléaire. Les déclarations en ce sens des Cinq étant jugées insuffisantes. Ces derniers sont prêts à donner de telles assurances mais pas dans le cadre du TNP, ce qui, à leurs yeux, aurait à terme pour effet de leur interdire la possession d'armes nucléaires. Ils sont plutôt favorables à des approches régionales de la question dans le cadre de traités déjà existants ou encore à négocier, établissant des zones géographiques exemptes d'armes nucléaires. Il en existe quatre actuellement, en Amérique latine, en Afrique, en Océanie et en Asie du Sud-Est. Une cinquième zone est envisagée en Asie centrale, et une sixième est régulièrement réclamée au Moyen-Orient par les pays arabes pour contraindre l'Etat d'Israël à renoncer à l'arme nucléaire qu'il possède officieusement. L'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie orientale sont par définition exclues de telles zones, en raison de la présence des Cinq et de l'existence de la principale alliance militaire, l'OTAN, sous l'autorité des Etats-Unis. Comme les années précédentes, la conférence de Genève devrait réinstaller des "comités ad hoc" sur ces assurances négatives et positives. La conférence reprendra par ailleurs ses travaux sur l'élaboration d'un traité interdisant la course aux armements dans l'espace. Elle traitera également de l'interdiction de l'usage et de la fabrication des mines, en incitant tous les pays à adhérer à la Convention d'Ottawa de décembre 1997. Les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, le Pakistan, mais aussi la Finlande n'y ont notamment pas encore adhéré. La première partie de cette conférence se terminera le 26 mars. Elle reprendra le 10 mai jusqu'au 25 juin, avant une troisième réunion entre le 26 juillet et le 8 septembre.


 
Peace Agreements : India-Pakistan 
    Lahore Declaration | Joint Statement | Memorandum of Understanding

THE LAHORE DECLARATION

 The following is the text of the Lahore Declaration signed by the Prime Minister, Mr. A. B. Vajpayee, and the Pakistan Prime Minister, Mr. Nawaz Sharif, in Lahore on Sunday: 

 The Prime Ministers of the Republic of India and the Islamic Republic of Pakistan: 

 Sharing a vision of peace and stability between their countries, and of progress and  prosperity for their peoples; 

 Convinced that durable peace and development of harmonious relations and friendly cooperation will serve the vital interests of the peoples of the two countries, enabling  them to devote their energies for a better future; 

 Recognising that the nuclear dimension of the security environment of the two countries adds to their responsibility for avoidance of conflict between the two countries; 

 Committed to the principles and purposes of the Charter of the United Nations, and the universally accepted principles of peaceful co- existence; 

 Reiterating the determination of both countries to implementing the Simla Agreement in letter and spirit; 

 Committed to the objective of universal nuclear disarmament and non-proliferartion; 

 Convinced of the importance of mutually agreed confidence building measures for improving the security environment; 

 Recalling their agreement of 23rd September, 1998, that an environment of peace and security is in the supreme national interest of both sides and that the resolution of all outstanding issues, including Jammu and Kashmir, is essential for this purpose; 

 Have agreed that their respective Governments: 

 shall intensify their efforts to resolve all issues, including the issue of Jammu and Kashmir. 

 shall refrain from intervention and interference in each other's internal affairs. 

 shall intensify their composite and integrated dialogue process for an early and positive outcome of the agreed bilateral agenda. 

 shall take immediate steps for reducing the risk of accidental or unauthorised use of nuclear weapons and discuss concepts and doctrines with a view to elaborating measures for confidence building in the nuclear and conventional fields, aimed at prevention of conflict. 

 reaffirm their commitment to the goals and objectives of SAARC and to concert their efforts towards the realisation of the SAARC vision for the year 2000 and beyond with a view to promoting the welfare of the peoples of South Asia and to improve their quality of life through accelerated economic growth, social progress and cultural development. 

 reaffirm their condemnation of terrorism in all its forms and manifestations and their determination to combat this menace. 

 shall promote and protect all human rights and fundamental freedoms. 

 Signed at Lahore on the 21st day of February 1999. 

 Atal Behari Vajpayee - Prime Minister of the Republic of India 

 Muhammad Nawaz Sharif - Prime Minister of the Islamic Republic of Pakistan


Joint statement 

 The following is the text of the Joint Statement issued at the end of the Prime Minister, Mr. A. B. Vajpayee's visit to Lahore: 

 In response to an invitation by the Prime Minister of Pakistan, Mr. Muhammad Nawaz Sharif, the Prime Minister of India, Shri Atal Behari Vajpayee, visited Pakistan from 20-21 February, 1999, on the inaugural run of the Delhi-Lahore bus service. 

 2. The Prime Minister of Pakistan received the Indian Prime Minister at the Wagah border on 20th February 1999. A banquet in honour of the Indian Prime Minister and his delegation was hosted by the Prime Minister of Pakistan at Lahore Fort, on the same 
 evening. Prime Minister, Atal Behari Vajpayee, visited Minar-e- Pakistan, Mausoleum of Allama Iqabal, Gurudawara Dera Sahib and Samadhi of Maharaja Ranjeet Singh. On 21st February, a civic reception was held in honour of the visiting Prime Minister at the Governor's House. 

 3. The two leaders held discussions on the entire range of bilateral relations, regional cooperation within SAARC, and issues of international concern. They decided that: 

      (a) The two Foreign Ministers will meet periodically to discuss all issues of mutual concern, including nuclear related issues. 

      (b) The two sides shall undertake consultations on WTO related issues with a view to coordinating their respective positions. 

      (c) The two sides shall determine areas of cooperation in Information Technology, in particular for tackling the problems of Y2K. 

      (d) The two sides will hold consultations with a view to further liberalising the visa and travel regime. 

      (e) The two sides shall appoint a two member committee at ministerial level to examine humanitarian issues relating to Civilian detainees and missing POWs. 

 4. They expressed satisfaction on the commencement of a Bus Service between Lahore and New Delhi, the release of fishermen and civilian detainees and the renewal of contacts in the field of sports. 

 5. Pursuant to the directive given by the two Prime Ministers, the Foreign Secretaries of Pakistan and India signed a Memorandum of Understanding on 21st February 1999, identifying measures aimed at promoting an environment of peace and security between the two countries. 

 6. The two Prime Ministers signed the Lahore Declaration embodying their shared vision of peace and stability between their countries and of progress and prosperity for their peoples. 

 7. Prime Minister, Atal Behari Vajpayee extended an invitation to Prime Minister, Muhammad Nawaz Sharif, to visit India on mutually convenient dates. 

 8. Prime Minister, Atal Behari Vajpayee, thanked Prime Minister, Muhammad Nawaz Sharif, for the warm welcome and gracious hospitality extended to him and members of his delegation and for the excellent arrangements made for his visit. 

 Lahore, 

 February 21, 1999. 


Memorandum of Understanding

 The following is the text of the Memorandum of Understanding signed by the Foreign Secretary, Mr. K. Raghunath, and the Pakistan Foreign Secretary, Mr. Shamshad Ahmad, in Lahore on Sunday: 

 The Foreign Secretaries of India and Pakistan:- 

 Reaffirming the continued commitment of their respective governments to the principles and purposes of the U.N. Charter; 

 Reiterating the determination of both countries to implementing the Shimla Agreement in letter and spirit; 

 Guided by the agreement between their Prime Ministers of 23rd September 1998 that an environment of peace and security is in the supreme national interest of both sides and that resolution of all outstanding issues, including Jammu and Kashmir, is 
 essential for this purpose; 

 Pursuant to the directive given by their respective Prime Ministers in Lahore, to adopt measures for promoting a stable environment of peace, and security between the two countries; 

 Have on this day, agreed to the following:- 

 1. The two sides shall engage in bilateral consultations on security concepts, and nuclear doctrines, with a view to developing measures for confidence building in the nuclear and coventional fields, aimed at avoidance of conflict. 

 2. The two sides undertake to provide each other with advance notification in respect of ballistic missile flight tests, and shall conclude a bilateral agreement in this regard. 

 3. The two sides are fully committed to undertaking national measures to reducing the risks of accidential or unauthorised use of nuclear weapons under their respective control. The two sides further undertake to notify each, other immediately in the event of 
 any accidential, unauthorised or unexplained incident that could create the risk of a fallout with adverse consequences for both sides, or an outbreak of a nuclear war between the two countries, as well as to adopt measures aimed at diminishing the 
 possibility of such actions, or such incidents being misinterpreted by the other. The two side shall identify/establish the appropriate communication mechanism for this purpose. 

 4. The two sides shall continue to abide by their respective unilateral moratorium on conducting further nuclear test explosions unless either side, in exercise of its national sovereignty decides that extraordinary events have jeopardised its supreme interests. 

 5. The two sides shall conclude an agreement on prevention of incidents at sea in order to ensure safety of navigation by naval vessels, and aircraft belonging to the two sides. 

 6. The two sides shall periodically review the implementation of existing Confidence Building Measures (CBMs) and where necessary, set up appropriate consultative mechanisms to monitor and ensure effective implementation of these CBMs. 

 7. The two sides shall undertake a review of the existing communication links (e.g. between the respective Directors- General, Military Operations) with a view to upgrading and improving these links, and to provide for fail-safe and secure communications. 

 8. The two sides shall engage in bilateral consultations on security, disarmament and non-proliferation issues within the context of negotiations on these issues in multilateral fora. 

 Where required, the technical details of the above measures will be worked out by experts of the two sides in meetings to be held on mutually agreed dates, before mid 1999, with a view to reaching bilateral agreements. 

 Done at Lahore on 21st February 1999 in the presence of Prime Minister of India, Mr. Atal Behari Vajpayee, and Prime Minister of Pakistan, Mr. Muhammad Nawaz Sharif. 

 (K. Raghunath) 
 Foreign Secretary of the Republic of India 

 (Shamshad Ahmad) 
 Foreign Secretary of the Islamic Republic of Pakistan 



Posted by USIP Library on: February 23 1999 
Source URL : http://www.usip.org/library/pa/ip/ip_lahore19990221.html#js

Source Name: Ministry of External Relations, Republic of India 
Source URL: http://www.meadev.gov.in/govt/lahore.htm

Additional Source Name: Ministry of Foreign Affairs, Islamic Republic of Pakistan 
Addional Source URL:http://www.pak.gov.pk/govt/indiapak-talks.html#3