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Relations internationales

Premier entretien "très bon" entre Jiang Zemin et George W. Bush (Reuters, 21/2/02)
Le président chinois Jiang Zemin a qualifié de très bon l'entretien qu'il a eu avec son homologue américain George W. Bush sur des sujets d'intérêt commun.
"Nous venons d'avoir une très bonne discussion sur des sujets du plus grand intérêt commun", a dit Jiang.
Bush a pour sa part remercié Jiang pour son "soutien solide dans notre guerre contre la terreur" et a ajouté qu'ils allaient discuter de la coopération en matière de renseignement - l'un des éléments importants de la lutte contre le terrorisme.
Bush a ajouté qu'il espérait que la Chine s'opposerait "fermement à la prolifération des missiles et d'autres technologies mortelles".
Par le passé, les Etats-Unis ont accusé la Chine de transférer de la technologie à la Corée du Nord et l'Iran dans le domaine de l'armement. Bush a récemment déclaré que ces deux pays faisaient partie d'un "axe du mal" cherchant à mettre au point des armes de destruction massive.
Concernant la Corée du Nord proprement dite, Bush a demandé à Jiang de transmettre au dirigeant nord-coréen Kim Jong-il le message que les Etats-Unis souhaitent le rencontrer.
Jiang a répondu qu'il espérait que les contacts entre Washington et Pyongyang pourraient être rétablis.
Le président américain a ensuite déclaré que Washington n'avait pas changé de position concernant Taïwan, mais a ajouté que le peuple chinois "devrait être libre de choisir son mode de vie, sa religion et son mode de travail."

JIANG AUX ETATS-UNIS EN OCTOBRE
Les deux chefs d'Etat s'exprimaient après une première entrevue privée et juste avant une réunion élargie, en présence de responsables américains et chinois, à Pékin.
Bush est arrivé jeudi en Chine, 30 ans jour pour jour après la visite historique à Pékin de son prédécesseur Richard Nixon.
La Maison blanche a précisé que Bush espérait conclure un accord avec la Chine, pour que Pékin respecte un traité de novembre 2000 sur la réduction des exportations de technologies servant à la mise au point de missiles balistiques.
En dépit de profonds désaccords sur des questions comme les droits de l'homme, la prolifération des armes, Taïwan et le bouclier anti-missiles, des responsables américains ont suggéré que les entretiens entre Bush et son homologue seraient plus cordiaux que tendus.
D'ailleurs, Bush a invité Jiang à se rendre aux Etats-Unis à l'automne.
Jiang a répondu qu'il acceptait "avec plaisir et reconnaissance" l'invitation du chef de l'Etat américain. Il a précisé que la visite aurait lieu en octobre avant la réunion du Forum de coopération économique Asie-pacifique (Apec) au Mexique.
Le président chinois a ajouté qu'il serait accompagné aux Etats-Unis de son vice-président Hu Jintao.
La dernière visite du chef de l'Etat et chef du Parti communiste chinois aux Etats-Unis remonte à octobre 1997. Le prédécesseur de Bush, Bill Clinton, y avait répondu en se rendant en Chine en juin et juillet 1998.
Après le Japon et la Corée du Sud, la Chine est la troisième et dernière étape de la tournée asiatique du chef de l'Etat américain.

Bush défend les valeurs occidentales à Pékin (Le Figaro, 22/2/02)
Perdus dans une étrange végétation tropicale propre à réchauffer le très stalinien « Palais du Peuple » place Tiananmen, George W. Bush et son hôte, le président Jiang Zemin, ont donné une conférence de presse commune. Le résultat le plus concret de cette visite, avant que le chef de l'exécutif américain ne retourne cet après-midi à Washington, est que son homologue chinois se rendra aux Etats-Unis en octobre et que le successeur désigné de M. Jiang Zemin, Hu Jintao, l'y précédera.
Pour le reste, les Chinois ont suggéré aux Américains, qui leur demandaient de limiter leurs exportations d'armements, de s'occuper de régler la crise israélo-palestinienne au Proche-Orient. « La Chine espère que les Etats-Unis vont appeler Israël et la Palestine à reprendre leur dialogue le plus tôt possible », a déclaré M. Kong, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères citant M. Jiang Zemin, avant d'ajouter : « Nous pensons que la clé de la question du Proche-Orient est la question palestinienne. Les Israéliens doivent rendre les territoires occupés. »
Ce n'est pas la seule pierre déposée par les Chinois dans le jardin des Américains.
L'ambition de cette visite, du point de vue américain, consistait à demander aux Chinois de limiter leurs exportations de technologies militaires et surtout balistiques à des Etats comme l'Iran et l'Irak. « Ce dont la Chine a besoin, a jugé Mme Rice, c'est d'une législation sur le contrôle des exportations », afin d'éviter que « des sociétés chinoises vendent (du matériel sensible) en violation du régime des contrôles des technologies sur les missiles ». Et d'ajouter : « Les discussions vont dans un sens un peu meilleur, mais cela prendra un moment. »
Pour les Chinois, ce sont les ventes d'armements américains à Taïwan qui posent un problème. En avril 2001, George W. Bush avait donné son feu vert à la plus grande livraison d'armes à Taïwan, et cela avait créé un climat épouvantable entre les deux puissances, qui s'était cristallisé par la crise de l'avion espion américain. Celui-ci, après avoir envoyé un chasseur chinois à la mer, avait su se poser en catastrophe sur l'île de Hainan.
 La confiance entre les deux administrations a été restaurée après le 11 septembre et la lutte commune contre le terrorisme. Mais, sur Taïwan, les positions demeurent tranchées : George W. Bush rappelait hier son soutien au Taiwan Relations Act, stipulant que les Etats-Unis apporteront leur aide à Taïpeh pour que « l'île rebelle » puisse se défendre contre la Chine communiste.
Jiang Zemin, pour sa part, s'en est tenu à la position théologique de son pays sur ce dossier : « J'ai expliqué la position de principe du gouvernement chinois sur la réunification pacifique et (la doctrine) un pays deux systèmes pour la solution taïwanaise », a-t-il dit. L'impasse sur ce dossier est flagrante, George Bush devant se contenter de promettre : « Nous lancerons un appel pour qu'il n'y ait pas de provocation. »
Le discours américain sur « l'axe du mal » ne passe pas davantage en Chine qu'en Europe, aussi bien en ce qui concerne l'Irak (voir l'encadré) que la Corée du Nord, un pays satellite de Pékin.
 Paradoxalement, les déclarations belliqueuses de George Bush, qui ont effrayé la Corée du Sud, fragilisent la position américaine. Les Etats-Unis n'ont pas dans cette affaire leur allié sud-coréen derrière eux, alors que la Chine peut incarner désormais une voix plus modérée pour les deux Etats de la péninsule.
 Pékin veut rester maître du calendrier du rapprochement, et a désormais les cartes en main. Bush hier à Pékin a déclaré : « L'offre (de dialogue avec la Corée du Nord) que j'ai faite hier à Séoul était une véritable proposition », avant de préciser qu'il avait demandé à Jiang Zemin de « transmettre ce message ».
C'est sur le sujet des libertés religieuses que la conversation entre les deux présidents semble avoir été la plus formelle : « Ils ont eu une discussion approfondie sur la liberté de culte, a affirmé Mme Rice, un échange vraiment long, et le président (Bush) a encouragé le président Jiang à envisager sérieusement d'engager un dialogue avec les communautés religieuses et avec des personnalités des différents clergés. Il a mentionné spécifiquement l'importance d'un dialogue avec le Vatican et avec le dalaï-lama. » Sur ces affaires, Jiang Zemin, en véritable apparatchik du parti, ne discute jamais, opposant une passivité exaspérante à tous ses interlocuteurs internationaux. «Quelle que soit la religion à laquelle ils appartiennent, les croyants doivent respecter les lois chinoises », s'est-il contenté de répondre aux journalistes, en éludant les questions sur le sujet.

Bush à Pékin consacre l'amélioration des relations sino-américaines (AFP, 21/2/2002)
Le président américain George W. Bush a entamé jeudi une visite de travail de deux jours en Chine qui a consacré la spectaculaire amélioration des relations entre les deux pays, en dépit de la persistance de désaccords, notamment sur la question de la prolifération des armements.
Arrivé à Pékin 30 ans jour pour jour après la rencontre historique entre son prédécesseur Richard Nixon et Mao Tsétoung, M. Bush a immédiatement donné le ton, s'efforçant de convaincre ses interlocuteurs, sans jamais les heurter de front publiquement.
Dès son arrivée au Grand palais du peuple où il a été reçu par le président chinois Jiang Zemin, le président américain a remercié son hôte pour son "fort soutien à notre guerre contre la terreur".
M. Jiang a pour sa part souligné être "parvenu à des points de vue communs et à des résultats positifs dans beaucoup de domaines" dans ses entretiens avec M. Bush, alors que les rapports entre l'administration Bush et Pékin se sont nettement améliorés depuis les attentats du 11 septembre. Le président chinois a annoncé avoir accepté une invitation de M. Bush à se rendre à l'automne aux Etats-Unis, où son successeur désigné, le vice-président Hu Jintao, doit également aller "dans un proche avenir".
Les deux hommes ont décidé d'intensifier leur coopération, dans les secteurs de l'énergie, de la santé, notamment dans la lutte contre le sida, et "de conduire un dialogue sur des questions économiques et financières régionales", a encore dit M. Jiang. La Chine cherche à obtenir de Washington la levée des restrictions sur des exportations de haute technologie.
De son côté, les Etats-Unis veulent que Pékin lutte plus efficacement contre la prolifération d'armes de destruction de massive. "Ce dont la Chine a besoin, c'est d'une législation sur le contrôle des exportations" pour éviter que, comme cela c'est produit par le passé, "des sociétés chinoises vendent (du matériel sensible) en violation du régime des contrôle des technologies sur les missiles", a expliqué la conseillère de M. Bush à la sécurité nationale, Condoleezza Rice. Selon elle, les discussions avec les Chinois sur ce sujet "vont mieux mais il n'y a pas d'accord" sur ce sujet.
Les deux pays ont évité de s'affronter sur la question taïwanaise, en dépit des récentes promesses de ventes d'armes américaines à l'île, les plus importantes depuis une décennie et qui ont beaucoup irrité Pékin. "Nous lancerons un appel pour qu'il n'y a ait pas de provocation", dans le détroit de Taïwan, a déclaré le président américain tout en rappelant l'engagement américain à assurer à l'île les moyens de se défendre.
Les deux pays ont également décidé de créer un groupe de travail sur la protection de l'environnement et les changements climatiques, a annoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kong Quan.
M. Bush avait récemment appelé la Chine et l'Inde à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre alors que Pékin a critiqué Washington pour son refus de signer le protocole de Kyoto.
George W. Bush n'a en revanche pas évoqué publiquement la question des violations de droits de l'Homme, se contenant de défendre la liberté de religion dans des termes généraux. Mme Rice, a toutefois déclaré à des journalistes que la Chine "doit libérer" les personnalités religieuses tels que les évêques de l'église catholiques du silence, détenus dans des prisons chinoises.
La sécurité avait été considérablement renforcée dans le centre de Pékin pour la venue du président américain. La place Tiananmen avait été fermée au public ainsi que la Cité interdite pour faire place à la première dame des Etats-Unis, Laura Bush.
 

La Chine cherche à regagner une influence régionale fragilisée par la guerre en Afghanistan (Le Monde, 9/1/02)
En l'espace d'à peine dix jours, Pervez Moucharraf aura effectué deux visites à Pékin. Un record de fréquence dans les annales diplomatiques sino-pakistanaises. Le second déplacement, le 4 janvier, est certes un peu particulier puisqu'il ne s'agissait officiellement que d'un simple "transit" sur la route de Katmandou, le président pakistanais ayant souhaité éviter le survol de l'espace aérien indien.

Mais de ce "transit" M. Moucharraf aura obtenu la réaffirmation expresse que "la Chine se rangera du côté pakistanais quelque soit le cas de figure", si l'on croit du moins un porte-parole de la présidence pakistanaise.

Officiellement, les Chinois restent pourtant infiniment plus prudents. Ils se contentent d'appeler l'Inde et le Pakistan à la "retenue". Pékin joue au modérateur, sauf que cette posture n'impressionne guère les Indiens. Ces derniers récusent en effet la neutralité de la Chine dans le contentieux, eu égard à son long passé d'intimité politique et militaire (et nucléaire) avec le Pakistan. A New Delhi, on estime donc que les appels chinois à la "retenue" doivent avant tout s'adresser à Islamabad.

RENOUER SES CONTACTS

En réalité, la position de Pékin dans cette affaire repose sur deux impératifs. D'un côté, l'actuelle poussée de fièvre autour du Cachemire lui permet de renouer un contact étroit avec le Pakistan, un pays où les Etats-Unis se sont de nouveau massivement investis. La réaffirmation du lien privilégié avec Islamabad lui permet de reprendre la main sur un dossier afghan qui lui a largement échappé. Mais, simultanément, Pékin doit conserver suffisamment de crédit aux yeux de New Delhi pour espérer jouer un rôle dans un éventuel règlement de la crise du Cachemire. Et là encore, éviter que l'initiative ne revienne exclusivement qu'à Washington ou à Londres.

Car il est devenu de la première importance pour la Chine de reprendre des positions en Asie du Sud à un moment où le nouvel activisme militaire et diplomatique américain à ses frontières inquiète, voire alarme, experts et dirigeants à Pékin. Le bilan de la guerre en Afghanistan malmène en effet ses intérêts. Certes, la Chine se réjouit du tarissement de la source afghane d'un panislamisme radical aux confins de sa province musulmane du Xinjiang, située dans l'extrême ouest de l'empire. Mais cet acquis est plus qu'oblitéré par la per- cée stratégique des Américains au cur de l'Asie centrale ainsi que par leur retour au Pakistan.

Déjà endiguée sur son flanc Pacifique par l'arc stratégique déployé par Washington, la Chine voit aujourd'hui hypothéquée sur son flanc occidental une décennie d'offensive de charme auprès des Etats d'Asie centrale nés des débris de l'empire soviétique. Ce revers est d'autant plus inquiétant que l'offensive chinoise en Asie centrale, qui s'est intensifiée après la "crise des missiles" de Taïwan du printemps 1996, était largement d'inspiration antiaméricaine. Il s'agissait de desserrer l'étau américain.

Or voilà que resurgit le spectre de l'encerclement par l'Est et par l'Ouest, un vieux fantasme des stratèges chinois. Plus grave, le "tournant proaméricain" de Vladimir Poutine a brutalement révélé combien était fragile le partenariat stratégique noué avec la Russie. En quelques mois, la Chine a goûté à un amer sentiment de solitude, renforcé par l'absence d'une contrepartie substantielle à son engagement dans la coalition antiterroriste. Qu'il s'agisse du manque d'enthousiasme de Washington à entériner sa répression antiséparatiste au Xinjiang ou du maintien du projet américain de bouclier anti-missiles auquel elle est farouchement hostile (parce que s'estimant visée), la Chine n'a pu que constater son isolement.

Son quasi-silence après le retrait unilatéral de Washington du traité de l'ABM - qui suscitait des propos enflammés il y a encore quelques mois - est révélateur de cette impuissance. Pékin s'est contenté d'exprimer sa "préoccupation", tout en appelant à un "dialogue" avec les Etats-Unis afin de limiter les dégâts. Alors même qu'elle survient à un moment où s'approfondit l'internationalisation de son économie (adhésion à l'OMC), la nouvelle donne issue des attentats du 11 septembre aura fragilisé l'assise stratégique de la Chine. D'où la nécessité de regagner des positions où elle peut. A commencer par le plus facile, le Pakistan.


Scientifique et Technique

Social, Culture et Religion

Politique intérieure

Zhu se pose en garant de la stabilité sociale de la Chine (Reuters, 5/3/02)
Le Premier ministre Zhu Rongji s'est posé en garant de la stabilité sociale de la Chine en 2002, année de transition économique et politique capitale pour le pays, à l'ouverture de la session annuelle du parlement ce mardi.
Sur le plan économique, la Chine découvre cette année les arcanes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qu'elle a rejointe en décembre dernier.
Sur le plan politique, elle prépare une transition politique historique, avec le départ de Zhu, du président Jiang Zemin, et de l'ancien premier ministre Li Peng programmé l'an prochain.
Evoquant ces deux enjeux, Zhu Rongji a insisté sur le besoin de stabilité sur tous les fronts et il a adopté un ton conciliant à l'égard de Taiwan, s'engageant à accroître les liens économiques et politiques avec l'île.
Il s'est également fait l'avocat d'une proposition de Jiang Zemin d'autoriser les entrepreneurs privés à rejoindre le Parti communiste afin de rendre ce dernier plus au fait des réalités de la Chine moderne.
"L'année 2002 est une année très importante dans le développement de notre parti et de notre pays", a déclaré Zhu devant les quelque 3.000 délégués réunis pour la cinquième session de la neuvième Assemblée nationale populaire, le parlement chinois.
"L'adhésion de la Chine à l'OMC profitera à sa politique de réformes et d'ouverture et au développement économique dans son ensemble, mais à court terme, des industries et entreprises moins compétitives seront confrontées à des défis importants."

STIMULER LA DEMANDE

Selon les analystes, le gouvernement doit parvenir à un taux de croissance annuel d'environ 7% afin de créer suffisamment d'emplois pour contre-balancer les pertes d'emplois consécutives à l'adhésion à l'OMC, qui signifie davantage de concurrence étrangère.
Une des clés de cette croissance, selon Zhu, sera de stimuler la demande en augmentant les revenus des paysans et des chômeurs. "La tâche la plus urgente" est de garantir que les allocations chômage et les retraites soient payées en temps et en heure, a-t-il dit. "Nous ne tolèrerons plus, nulle part, des retards de paiement", a-t-il ajouté.
Zhu a également promis de débarrasser le pays de la corruption étatique pendant sa dernière année à la tête du gouvernement.
Selon un sondage paru la semaine dernière dans le Quotidien du peuple, cette question s'inscrit en tête des préoccupations des Chinois.
Zhu a égrené une longue liste de pratiques préjuciables à la société, mentionnant des projets d'infrastructures creux et criblés de dettes ou des cérémonies superflues et extravagantes.
"Des officiels utilisent les fonds publics pour boire et dîner, pour des distractions extravagantes et des voyages privés à l'étranger", a martelé le Premier ministre chinois.
"Certaines autorités locales aiment construire des projets ostentatoires afin de faire bonne impression ou d'afficher leurs réalisations. Certaines autorités locales lancent des projets de construction qui ne sont pas viables alors qu'elles ne sont même pas en mesure de payer les salaires à temps."
Zhu Rongji, parfois surnommé le "patron" en raison de son langage direct et de son approche pragmatique des réformes économiques, a la réputation d'être le chef du gouvernement le plus honnête de Chine.
Agé de 73 ans, il nourrit une aversion pour les dépenses superflues et l'on raconte qu'il limogea un jour un collaborateur qui venait de brandir un briquet tape-à-l'oeil que son maigre salaire ne permettait pas d'acheter.
Dans son discours, il s'en est pris également à la bureaucratie qui empile "des montagnes de documents et des océans de réunions". A son arrivée au pouvoir en 1998, il avait promis de licencier quatre millions de fonctionnaires.
Zhu, comme Jiang Zemin et Li Peng, qui préside cette réunion à laquelle participent 2.987 délégués, abandonnera ses fonctions au sein du Parti cet automne. Il achèvera son mandat de Premier ministre lors de la prochaine session du parlement en mars 2003.

Session cruciale pour l'Assemblée nationale populaire chinoise (Reuters, 4/3/02)
Lorsque le rideau se lèvera mardi sur la nouvelle session annuelle de l'Assemblée nationale populaire chinoise, une partie se jouera dans la coulisse en vue de la succession, au sein du Parti, des trois plus importantes figures de la politique nationale.
La cinquième session de la neuvième Assemblée nationale populaire, le parlement national, se déroulera du 5 au 15 mars, en présence de 2.987 délégués, sous la présidence de l'ancien Premier ministre Li Peng.
Cette année, la réunion est très particulière. Le président Jiang Zemin, le Premier ministre Zhu Rongji et Li Peng doivent tous abandonner leurs hautes fonctions au sein du PC cet automne, et feront de même avec leurs fonctions étatiques lors de la prochaine session de l'Assemblée nationale populaire en mars 2002.
Aussi, lorsque ces trois personnalités apparaîtront à la tribune, ce qu'elles diront aura moins d'importance que ce qui se chuchotera et se passera autour de leur succession.
"L'ordre du jour politique sera dominé par la transition au sein de la direction", a déclaré Wengfang Tang, professeur de sciences politiques à l'université de Pittsburgh. "Ils feront preuve de prudence. Ils veulent donner le ton de ce que sera le Congrès du parti (à l'automne) et s'occuper de la question de la corruption, parce qu'elle menace la légitimité du parti", ajoute-t-il.
Cinq des sept membres permanents du Bureau politique doivent prendre leur retraite lors du prochain congrès du parti, qui se réunit tous les cinq ans.
L'Assemblée nationale populaire ne va pas choisir les nouveaux dirigeants du parti, mais elle décidera qui occupera, l'an prochain, les postes gouvernementaux qui deviendront vacants. Et nombre de délégués de l'Assemblée pourraient également obtenir, à terme, des sièges au sein du futur Comité central (235 membres) et bureau politique (23 membres au total).
Parmi les quatorze nouveaux gouverneurs de provinces et secrétaires du PC, bon nombre ont des chances d'obtenir une place au sein de la future direction. Aussi, pour la nouvelle garde, l'Assemblée est-elle la tribune idéale pour faire son entrée en scène ; c'est là aussi que la vieille garde cherche à consolider sa légitimité ou préserver ses arrières en cas de mise à la retraite...

WEN JIABAO POUR LE GOUVERNEMENT
Jiang Zemin, chef de l'Etat et secrétaire général du PC, âgé de 75 ans, ne devrait pas prendre la parole, mais lors de réunions à huis clos, il devrait vanter les mérites de son projet de restructurer le PC en autorisant qu'y adhèrent des entrepreneurs privés, déclarent les analystes.
Il devrait aussi défendre son poulain, Zeng Qinghong, chef du puissant département Organisation au sein du Parti, et obtenir qu'il siège désormais au comité permanent de l'Assemblée nationale, ajoutent-ils.

Quoi qu'il en soit, le dauphin de Jiang Zemin tant pour le poste de dirigeant du Parti et de chef de l'Etat reste l'actuel vice-président, Hu Jintao, personnage énigmatique qui n'occupe que le 5e rang dans la hiérarchie du Parti.
Li Peng, à 73 ans, va tenter de garder son influence après sa retraite, ne serait-ce que pour protéger sa famille après les accusations de corruption dont il a fait l'objet ces derniers mois. La rumeur a couru aussi qu'il serait à l'origine des micros retrouvés sur le tout nouveau jet présidentiel acheté aux Etats-Unis, même s'il a opposé un démenti catégorique.
Conservateur, Li Peng est respecté pour ses talents de gestionnaire mais célèbre pour avoir dirigé la répression du Printemps de Pékin, en juin 1989.
Son successeur probable à la présidence de l'Assemblée est Li Ruihuan, qui dirige actuellement un organisme consultatif, la Conférence politique consultative de Chine populaire, et est considéré comme un "libéral".
"L'Assemblée dirigée par Li Ruihan l'an prochain serait bien plus intéressante. Sous Li Peng, l'Assemblée a subi des revers. Elle n'a pas fait de progrès en termes d'indépendance à l'égard du gouvernement", a déclaré un cadre d'une banque d'investissement de Pékin.Agé de 73 ans, le Premier ministre, lui, devrait faire en sorte de garantir que le vice-Premier ministre Wen Jiabao lui succède bel et bien lorsqu'il se retirera l'an prochain.
Le tiercé politique gagnant de la politique chinoise devrait donc être, si rien ne bouge en coulisse lors de cette session, Wen Jiabao (comme futur chef du gouvernement), Hu Jintao (tête de l'Etat et du Parti) et le protégé de Jiang Zemin, Zeng Qinghong.
L'Assemblée nationale populaire se réunit une fois par an. Lorsqu'elle n'est pas en session, son comité permanent, fort de 134 membres, exerce le pouvoir législatif. Ce comité se réunit une fois tous les deux mois et est présidé par Li Peng.

Le numéro 2 chinois déstabilisé-Un des fils de Li Peng serait impliqué dans un scandale financier. (Libération, 19/2/02)
Li Peng, rends-nous notre argent»... Le slogan, repris par plusieurs dizaines de manifestants, intrigue les passants que les nombreux policiers présents empêchent de s'arrêter. Il n'est effectivement pas banal, en Chine communiste, de manifester contre le numéro deux du régime, président de l'Assemblée nationale populaire, Li Peng, ou contre tout autre dignitaire. Ce mercredi-là, le rassemblement, sur Chang'An, la plus grande artère de Pékin, s'est déroulé sans encombre, jusqu'à la nuit tombée.
Spoliation. Plus tard ce soir-là, l'un des manifestants de l'après-midi, qui se fera simplement appeler «M. Wang», nous donnera un discret rendez-vous dans un quartier très fréquenté de la capitale. Ce retraité aux cheveux gris, bien habillé, explique, documents à l'appui, que les manifestants sont des investisseurs spoliés qui ont perdu près de 500 millions de yuans (80 millions d'euros). Il affirme que le responsable du scandale est le propre fils du président de l'Assemblée, Li Xiaoyong, qui était à l'époque des faits à l'état-major de la Police armée du peuple (PAP). Pourquoi attaquer le père pour les turpitudes du fils? «Un magistrat de la plus haute juridiction chinoise nous a dit que, quand un fils doit de l'argent, il faut le demander au père», répond M. Wang...
Cette affaire n'est pas la seule à empoisonner Li Peng et sa famille actuellement. Récemment, un magazine financier a été retiré de la circulation et un de ses rédacteurs en chef remplacé après la publication d'un article mettant en cause la richesse de la famille Li. L'article visait la propre épouse du président de l'Assemblée, Zhu Lin, et leur autre fils, Li Xiaopeng, un des pontes du secteur énergétique. La femme de Li Peng s'est défendue de toute implication dans des «affaires», au cours d'une interview sans précédent accordée à un magazine nommé Elite de Chine. Pour illustrer un article sur ce dossier, un quotidien hongkongais a choisi de publier une photo de la femme de Li Peng en compagnie de... Bernadette Chirac!
Affaiblissement. Ce climat sulfureux tombe à un mauvais moment pour Li Peng, au point que beaucoup y voient une opération de déstabilisation de politique intérieure. A l'automne prochain, le XVIe congrès du Parti communiste chinois (PCC) doit en effet procéder à un profond renouvellement de la direction politique, avec le remplacement des trois premiers personnages de l'Etat et du Parti: le président de la République et secrétaire général du PCC, Jiang Zemin, le président de l'Assemblée, Li Peng, et le Premier ministre, Zhu Rongji. Chacun manoeuvre en coulisse pour placer ses hommes aux postes clés, en particulier au sein du comité permanent du Bureau politique, véritable coeur du pouvoir. Avec ces attaques, Li Peng, dont il a été dit qu'il espérait devenir président de la République après Jiang, est aujourd'hui le plus affaibli des trois.

Réclamant justice depuis plus de trois ans, M. Wang et les manifestants se défendent de toute arrière-pensée politicienne. Les investisseurs avaient placé leurs économies ­ 600 000 yuans (plus de 90 000 euros) dans le cas de M. Wang ­ dans une société d'achat à terme de matières premières agricoles, Xinguoda Futures. Un placement sans risque, les actionnaires de la société étant, selon lui, la Police armée du peuple (5 %) et un fabricant d'armement lié à l'armée chinoise... Garantie supplémentaire, M. Wang présente les photos d'une partie de tennis entre les dirigeants de la société et plusieurs leaders politiques, un vice-Premier ministre, un membre du Bureau politique, et surtout Luo Gan, le responsable de la lutte contre la criminalité et la corruption au sein de la direction chinoise, un protégé de Li Peng, qui tente de le promouvoir au prochain congrès du PCC... En 1998, toutefois, la société est brutalement déclarée illégale et fermée: son président, Cao Yufei, un Taïwanais, est arrêté, condamné à mort et exécuté en mai 2001. L'argent a pour l'essentiel disparu, les investisseurs ne récupérant que 10 % de leur mise de fonds initiale. «Nous avons cherché à porter plainte, mais aucun magistrat n'a voulu enregistrer notre déclaration», affirme M. Wang, qui se plaint que les investisseurs n'ont même pas pu avoir accès au dossier du procès de Cao Yufei. «Où est l'argent, nous ne le savons pas», dit-il, accusant, sans toutefois en détenir la preuve formelle, Li Xiaoyong d'être au coeur de ce scandale.
Clan. Li Peng, tenu pour responsable de la répression sanglante de la place Tiananmen en juin 1989, se bat aujourd'hui pour préserver l'influence de son «clan» après le XVIe congrès. Afin d'éviter toute révision du jugement du Parti sur les «événements» de 1989, qui délégitimerait son action, mais aussi pour préserver les intérêts de sa famille, et en particulier de son autre fils, Xiaopeng («le petit Peng»), appelé à jouer un rôle clé dans la prochaine dérégulation du secteur énergétique. Mais que, dans les rues de Pékin, on laisse des manifestants d'allure respectable crier «Li Peng, rends-nous notre argent», a assurément de quoi inquiéter le numéro deux du régime. 

Une campagne vise le clan de Li Peng, le numéro deux chinois (Le Monde 17/1/02)

Une centaine de manifestants scandant au cur de la capitale chinoise le nom de Li Peng, numéro deux du régime, en termes peu amènes : la scène est lourde de symbole. Le rassemblement s'est bel et bien produit, mercredi 16 janvier, devant l'Assemblée populaire de la municipalité de Pékin. Les protestataires interpellaient le père pour les turpitudes prêtées au fils : Li Xiaoyong, qui est mis en cause dans la faillite frauduleuse d'un fonds d'investissement dont les 320 millions de dollars (près de 355 millions d'euros) ont disparu.
Les petits investisseurs floués se regroupent régulièrement devant le siège du "parlement" municipal, mais leur défi prend une tournure très particulière à l'aube d'une année politique cruciale en Chine, qui verra, à l'automne, une relève de grande envergure à la direction du Parti communiste.


Economie, Industries et R&D
Environnement/Santé
 «L'affaire des seringues» ou l'histoire d'une rumeur qui sème la psychose en Chine (Le Temps, 11/2/2002, http://www.letemps.ch/)
Dans les rues du centre de Tianjin, on préfère ne plus s'étendre sur le sujet, comme saisi par la honte. «Ce ne sont que des rumeurs, assure un restaurateur. Il n'y a pas de danger.» «C'est une vieille histoire», renchérit un hôtelier. «Tout est normal», martèle une vendeuse comme pour s'en convaincre elle-même. C'est vrai, la rue piétonne de Binjiang, le cur commercial de cette ville de 10 millions d'âmes, à une centaine de kilomètres à l'est de Pékin, est à nouveau noire de monde. Mais le mois dernier, elle était déserte. Saisis d'une psychose collective, ses habitants n'osaient plus se plonger dans une foule.
La raison de cette panique? Des paysans contaminés par le virus HIV, venus de la province du Henan, un peu plus au sud, auraient pris d'assaut Tianjin. Armés de seringues contenant du sang contaminé, ils attaqueraient au hasard des passants pour les piquer et ainsi se venger de la société. L'histoire a surgi à Noël, et s'est propagée comme une traînée de poudre dans toute la ville en quelques semaines. Les «témoignages» presque toujours indirects se sont multipliés et pas moins de 46 personnes, de sources officielles, se sont rendues à l'hôpital persuadées d'être victimes de ce gang de séropositifs.
Alarmées, les autorités ont finalement dû appeler la population à «ne pas écouter les rumeurs et à ne pas avoir peur». La police a accusé des «criminels mal intentionnés» de vouloir «créer le désordre social» et de «saboter la stabilité de la ville» pour profiter de la situation. Dans le même temps, la télévision de Tianjin a diffusé les propos de médecins expliquant qu'une simple piqûre ne suffit pas à transmettre le sida. Le message a toutefois été brouillé lorsque la police a reconnu que quatre personnes au moins ont été arrêtées après avoir piqué des passantes: la rumeur a donc un fond de vérité. Qui sont les assaillants? Sont-ils porteurs du virus HIV? Sur ce point, les autorités se murent dans le silence.
Mais alors que la fièvre semble retombée à Tianjin, c'est au tour de Pékin d'être gagnée par la rumeur. Des grands-mères interdisent à leurs petits-enfants de jouer dehors après la tombée de la nuit. Une étudiante aurait été piquée à l'épaule la semaine dernière. L'«affaire des seringues» est de toutes les conversations. Un chauffeur de taxi raconte: «Une passagère a expliqué à mon ami conducteur de bus qu'elle a vu un homme sortir une seringue et piquer une autre voyageuse durant le transport. Elle n'a d'abord rien osé dire de peur d'être piquée à son tour.» On parle de plusieurs personnes qui auraient été interpellées.
Jusqu'ici, la presse locale est restée muette sur l'affaire qui alimente en revanche les forums Internet. Questionnée par un journal électronique, la police de la capitale explique que la situation, à la veille du Nouvel An chinois, «est excellente»: «Inutile d'avoir peur, assure son porte-parole. D'ailleurs aucune des personnes arrêtées (à Tianjin) n'était séropositive.» Selon une journaliste pékinoise, toutefois, l'Hôpital Tongren a déjà «confirmé quatre ou cinq cas de personnes victimes de piqûres».
En attendant, la rumeur court et prend de nouvelles formes. On parle à présent de chômeurs armés de simples punaises qui tentent de semer le trouble dans les grands magasins en affirmant qu'ils viennent du Henan. «C'est tout l'intérêt de cette rumeur, elle relaye la colère de certaines catégories de gens, analyse un chercheur du Centre d'information sur la population qui préfère rester anonyme. Les inégalités sociales s'approfondissent et une partie de la population veut exprimer son mécontentement à l'égard du gouvernement. La rumeur devient un outil.»
La rumeur est surtout un puissant révélateur des nouvelles peurs de la Chine des réformes. Ainsi, après avoir nié durant des années les ravages du sida, le gouvernement a reconnu, il y a quelques mois seulement, l'ampleur du problème et a enfin lancé une campagne d'information. Officiellement, il n'y aurait toujours «que» 29 000 séropositifs confirmés. Les spécialistes parlent toutefois de 600 000 cas et l'ONU estime à 10 millions le nombre de porteurs du sida d'ici à 2010 si rien n'est fait.
La population découvre le virus alors même qu'un scandale du sang contaminé sans précédent prend des proportions inquiétantes. Des centaines de milliers de paysans du Henan (peut-être plusieurs millions) ont été infectés à la suite d'un odieux commerce de sang organisé par les autorités sanitaires de la province (Le Temps du 1er juin 2001). Aujourd'hui confrontées à la mort, ces personnes tentent d'obtenir réparation et un traitement. En vain jusqu'à présent.
Parmi les différentes versions de la rumeur circulant à Tianjin, l'une affirme que certains véhicules venus collecter le sang des paysans portaient des plaques de cette ville. Il s'agirait donc d'une vengeance. Selon une autre version, ils ne cherchent qu'à attirer l'attention sur eux pour que justice leur soit enfin rendue. A Pékin, dans le doute, on se répète qu'il n'y a pas de fumée sans feu. 

Mise à jour : mars 2002
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