Inde - Pakistan
Actualités| Archives :  1998 | 1999
Accords de paix : India-Pakistan  (21/2/99): Lahore Declaration
Point de vue indien
     * site du ministère des Affaires étrangères indien
     * Information on Nuclear Tests (Amb. Inde aux Etats-Unis)
     * The truth about Kashmir. Des militaires indiens basés à
       Srinagar (capitale du Cachemire) proposent, entre autres, des
       détails très précis sur leurs dernières opérations.
     * Jammu and Kashmir (1). Site pro-indien de Kashmiris (natifs du
       Cachemire) vivant en Inde, à Londres et aux Etats-Unis. Très
       pédagogique, il propose notamment un historique de la région
       depuis 1947 et plusieurs documents historiques (résolutions de
       l'ONU, accords de paix...).
     * Press information Bureau. Communiqués officiels du gouvernement
       indien sur les relations indo-pakistanaises.
    * Kashmir information network. Ce réseau dénonce le terrorisme
       pakistanais de manière à choquer, photos à l'appui. Carte en
       couleur.
    * The Times of India. Le site du quotidien propose les archives
       du mois précédent, ainsi qu'un moteur de recherche très
       performant.
     * The Hindu. Journal national dont le site donne accès à tous
       les articles du jour et aux archives de Frontline, un bi-mensuel.

Point de vue pakistanais
     * Site officiel du gouvernement pakistanais. Propose notamment
       un dossier spécial; "Kashmir : no end to Indian repression" et les
       accords adoptés par les gouvernements pakistanais et indiens en
       févier 1999. Le site présente également les accords adoptés par
       les gouvernements pakistanais et indiens en février 1999.
     * Jammu and Kashmir (2). A vocation d'abord touristique, ce site
       présente aussi des informations historiques, économiques,
       politiques, etc.
     * The Dawn, un quotidien pakistanais de langue anglaise très
       nourri.
     * The Frontier Post. Ce quotidien pakistanais propose, en
       archive, les articles du mois précédent.
     * News network international. La plus grande agence de presse
       indépendante du Pakistan propose sur son site les dépêches des         sept derniers jours et un moteur de recherche.
Point de vue américain

* South Asia: Nuclear Threat  (Site US Information Agency, U.S.Dept. of State)
* Prolifération - Asie du Sud (US-DoD)
* Commerce Dep't On India Sanctions
* Defense Dep't: Regional Proliferation Challenge
* USTR On 1999 National Trade Barriers
* State Department Bureau of South Asian Affairs
Pages web sur le Cachemire

Partis  politiques pro-indépandentistes
JKLF
JKLF home page
Another JKLF site
La presse du Cachemire
Kashmir journal
Kashmir News Reports
Culture et société
Kashmir information page
Kashmir-Holocaust revisited!
Kashmir Overseas Association
Jammu & Kashmir : the complete knowledge base
Kashmir information network
Kashmir Americain Council
Kashmiri - Canadian Council
Kashmir Online
KasmirNet
Kashmir-History
Kashmir info page
India Forum
The beauty of India
The Gujjars of the Himalaya
Droit de l'homme
Droit de l'homme au Kashmir
Kashmir home page

  • Atrocities in Kashmir
  • Rape and molestation of women in Kashmir
  • Torture and custodial deaths
  • United Nation Documents
  • Kashmir -A spare thought for humanity 
  • Pakistan tells committee draft on human rights situation in Jammu & Kashmir

  • Kashmir: Paradise Lost
    Tourisme
    Tourisme dans la région
    Analyses en France
    * Cachemire (Chronologie
    * De la partition à la menace nucléaire, chronologie (Le Monde Diplomatique)
    * Inde-nucléaire : 1 an après" (F.Gautier, 5/99)
    * "Situation de guerre au Cachemire"  (F.Gautier, 5/99)
    * Nouvelle donne en Asie du Sud  (Alain Lamballe, 17/12/98)
    * la situation nucléaire en Asie (Samuel P. Huntington, 16/9/98)
    * Paysage asiatique après la bombe, par Paul-Marie de La Gorce  (9/98) 
    * La politique nucléaire du Pakistan (A.Lamballe, 6/98)
    * L'Inde entre les mains du nationalisme hindou, par C.Jaffrelot (6/98)
    * Situation géostratégique en Asie du Sud(A.Lamballe, 4/98)
    * Une pomme de discorde avec le Pakistan, le Cachemire, par J.Saksena (7/97)
    * L'Inde à la recherche d'alliés en Asie, par Jyotsna Saksena  (7/97) 
    * Les relations Inde-Pakistan , par Christophe Jafrelot (Les conflits dans le monde, Cahiers Français n° 290, mars-avril 99, Documentation Française)

    Essais nucléaires
    * Center for Nonproliferation Studies, Monterey Institute of International Studies USA : chronologies, cartes, photos,réactions dans le monde, articles, publications sur les tests nucléaires indiens et pakistanais : installations nucléaires au Pakistan
    * Federation of American Scientists : India Special Weapons News
    * Carnegie Endowment for International Peace : South Asia Nuclear Crisis
    *South Asia citizen Web. Opposé à l'arme nucléaire, à la guerre et au fondamentalisme religieux, ce site propose un important dossier, incluant de nombreux liens, sur les essais nucléaires  indiens et pakistanais.
     * Nuclear age peace foundation. Cette ONG offre une page très bien faite, avec de nombreux liens, sur l'historique des tests  nucléaires en Inde et au Pakistan.
     * The acronym institute. Propose, entre autres, des liens vers les communiqués de presse officiels des gouvernements (indiens, pakistanais, canadien, français, américain, etc.) émis lors des  essais nucléaires indiens et pakistanais.
     * Nuclear Testing in India and Pakistan : Une page de l'université de Californie à Berkeley, qui propose de nombreux liens sur, notamment, le développement de  l'arme nucléaire en Inde et au Pakistan et les opinions des  populations (sondages).
     * Site du Nuclear Control Institute (NCI) 
    * Dr. A. Q. Khan Research Laboratories, Kahutta. programme nucléaire pakistanais
    * Rapport de "Asia Society" : South Asia After the Tests : Where Do We Go From Here?
     * Toute l'actualité du CTBT (Traité d'interdiction des essais nucléaires)
     * Autres sites sur les essais nucléaires indiens (presse, ONG...)

    Voir également
     * Index des sites sur la défense pakistanaise
     * De la politique nucléaire indienne
     * Brookings Institution : Research on South Asia
     * Tritium Breakthrough Brings India Closer To An H-Bomb Arsenal (Janes Intelligence Review, Jan, 1998)
     * Regional Arms Control (15/8/97 Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons de l'U.S. Arms Control and Disarmament Agency
     * Bulletin of the Atomic Scientists
     * Kashmirnet Site dédié aux Kashmiris qui présente l'histoire   de la province, les dates clé du conflit, les résolutions de l'ONU visant à y mettre fin, etc.
     * Information Times Propose plusieurs forums de discussion, des  brèves sur les derniers développements du conflit et quelques articles.
     * Kashmiri-Canadian Council est une association a but non-lucratif qui soutient l'autodétermination des Kashmiris. Son site présente des cartes, le texte intégral des accords signés par  l'Inde et le Pakistan et quelques articles sur les droits humains au Cachemire.
      * Amnesty InternationalRapport publié en février 1999, sur les" disparitions " dans la province indienne de Jammu Cachemire. Pratiques policières, droits constitutionnels, témoignages, etc.

    Articles, dossiers, rapports
     *UN Military Observer Group in India and Pakistan - located on the ceasefire line between India and Pakistan in the State of Jammu and Kashmir. Charged with observing developments pertaining to the strict observance of the ceasefire of December 1971 and to report these to the Secretary-General.
    *Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité - Inde-Pakistan : le jeu du balancier nucléaire 12 juin 1998 
    *Indian Armed Forces Kargil Update - includes detailed summary of operations *India's Secret Army in Kashmir - May, 1996 Human Rights Watch report.
    * BBC News: Conflict in Kashmir
    * CNN: India-Pakistan relations
    * Yahoo (BBC, Reuters, CNN,  ...)
    * "Le champ de bataille le plus haut du monde" (1/7/99, L'Humanité)
    * « Au Cachemire, les Indiens voulaient vivre et nous voulons mourir » (22/7/99, Libération)
    * "Le Pakistan envoie des émissaires expliquer sa position sur le Cachemire" (24 /6/99, Le Monde)
    * "Cachemire : l'ombre du nucléaire" (4/6/99, Le Monde diplomatique)
    * "La psychose de la guerre s'empare du Cachemire" (27/5/99, Le Soir)

     
    Actualités

    L'Asie du Sud, nouveau foyer du terrorisme, selon Washington (AP, 1/5/2000)
    Le berceau du terrorisme international s'est déplacé du Moyen-Orient à l'Asie du Sud, selon un nouveau rapport du département d'Etat américain publié lundi, qui met notamment sur la sellette l'Afghanistan et le Pakistan.
    Le rapport annuel du département d'Etat sur le terrorisme dans le monde souligne que la nouvelle tendance est à des ''réseaux internationaux de terroristes peu structurés'', alors qu'elle était jusque-là à des groupes localisés bien organisés soutenus par des Etats.
    Selon le document, intitulé ''Tendances du terrorisme mondial 1999'', le déplacement vers l'Asie du centre de gravité du terrorisme fait suite au renforcement de la lutte antiterroriste dans les pays du Moyen-Orient. Autre constat, les activités terroristes sont désormais plus susceptibles d'être liées à des motifs religieux ou idéologiques que politiques.
    ''En Asie du Sud, la principale menace terroriste vient de l'Afghanistan, qui continue à être le havre de paix essentiel pour les terroristes''. Le gouvernemnt des Talibans, continuent ''à héberger Oussama Ben Laden et une foule d'autres terroristes liés à Ben Laden, qui menacent directement les Etats-Unis et d'autres (pays).''
    Le Pakistan est également montré du doigt. ''Malgré une coopération importante dans certains domaines, en particulier des arrestations et des extraditions, le gouvernement pakistanais a également toléré que des terroristes vivent et se déplacent librement sur son territoire.''
    Le rapport dénonce le soutien de l'Etat pakistanais à des ''groupes militants cachemiris'' impliqués dans le terrorisme. Islamabad n'a pas apprécié sa mise en cause. ''Le terrorisme est un problème mondial qui devrait préoccuper tout le monde et qui préoccupe particulièrement le chef de l'exécutif du Pakistan'', a répondu Javed Jabbar, un conseiller du général Pervez Musharraf, l'actuel homme fort du pays.
    Malgré tout, le Pakistan ne figure pas sur la liste noire des Etats impliqués dans le terrorisme international, document dressé par le département d'Etat et entraînant des sanctions économiques. La liste épingle sept pays: la Syrie, le Soudan, l'Iran, l'Irak, la Corée du Nord, Cuba et la Libye. L'Afghanistan n'est pas mentionnée car Washington ne reconnaît pas le régime des Talibans.
    Par ailleurs, le rapport accuse l'Iran et la Syrie de continuer à soutenir les groupes terroristes qui cherchent à détruire le processus de paix au Proche-Orient.

    Le fossé entre l'Inde et le Pakistan s'accroît dangereusement (AFP, 7/2/2000)
    Le fossé entre l'Inde et le Pakistan s'accroît dangereusement avec des échanges de menaces et des conditions inacceptables posées de part et d'autre pour une reprise d'un dialogue, soulignaient les analystes lundi à New Delhi. Si ce durcissement rhétorique entre les deux pays voisins et rivaux semble être dû en partie à la prochaine visite dans la région du président américain Bill Clinton, il démontre aussi l'impasse totale dans laquelle se trouvent ces deux puissances nucléaires, selon ces analystes.
    Tout en professant leur désir de paix, l'homme fort du Pakistan, le général Pervez Musharraf, et le Premier ministre indien Atal
    Behari Vajpayee se sont distingués au cours du week-end par des déclarations sans aucun compromis et soulignant le danger d'un conflit nucléaire. Marquant une journée de solidarité avec la guérilla musulmane au Cachemire indien, le général Musharraf a appelé les rebelles à s'unir pour renforcer leur combat contre New Delhi et a réaffirmé que tout dialogue avec l'Inde devait porter sur le "droit du peuple cachemiri".De son côté, M. Vajpayee a marqué une cérémonie en l'honneur de soldats indiens tués au Cachemire lors d'un conflit meurtrier l'an dernier en affirmant que tout dialogue devait porter sur les modalités d'une récupération par l'Inde du Cachemire sous contrôle pakistanais. Le général Musharraf a dénoncé le caractère "extrêmement offensif" de la stratégie nucléaire indienne, alors que M. Vajpayee affirmait qu'Islamabad menaçait l'Inde d'une attaque nucléaire et que celle-ci n'hésiterait pas à répliquer.
    "C'est vrai que les deux pays sont plus éloignés l'un de l'autre que jamais", a estimé Pran Chopra, analyste au Centre de recherche politique de New Delhi. "Nous avons déjà eu des relations hostiles, mais je n'ai jamais connu un tel sentiment d'amertume vis-à-vis du Pakistan".
    Il y a un an, les deux ennemis s'étaient retrouvés à Lahore pour un sommet qui avait fait naître un sentiment d'optimisme après un
    demi-siècle d'hostilité. "L'esprit de Lahore" fut enterré l'été dernier dans la montagne du Cachemire indien où avaient fait irruption des centaines de guérilleros islamistes soutenus par l'armée pakistanaise.
    Les relations se sont encore détériorées après le détournement en décembre d'un avion indien dont New Delhi a accusé le Pakistan. Sous le titre "Le caractère inévitable de la guerre", le commentateur indien Prem Shankar Jha a estimé dans le magazine Outlook que "Musharraf ne peut reculer et survivre (politiquement), et c'est triste, l'Inde non plus. La scène est donc prête pour une nouvelle escalade du conflit". C'est un tel conflit que les Etats-Unis se disent désireux de prévenir. M. Clinton sera en Inde du 20 au 25 mars et n'a pas encore exclu une étape au Pakistan malgré le régime militaire dans ce pays. Islamabad, désireux d'internationaliser la question du Cachemire et de la maintenir sous les feux de l'actualité, a souligné que les chances de paix seraient amoindries si M. Clinton n'allait pas au Pakistan.

    Pakistan - L'armée se retire de la frontière, l'Inde dubitative (Reuters, 18/10/99)
    L'armée pakistanaise a amorcé lundi son retrait des positions avancées le long de la frontière avec l'Inde. A New Delhi, le chef de l'armée, dubitatif, a estimé que la "désescalade militaire unilatérale" annoncée par le Pakistan  n'équivaut pas à grand-chose. "Il ne faut pas s'attendre à grand-chose de cette annonce pakistanaise", a déclaré le chef d'état-major indien, Ved Prakash Malik, à l'agence PTI. Selon un porte-parole de l'état-major pakistanais, le retrait concerne des unités dépêchées en renfort à la frontière lors des violents accrochages du printemps et de l'été dans le secteur de Kargil entre séparatistes musulmans cachemiris et l'armée indienne. Ce retrait unilatéral s'inscrit dans le droit fil de la promesse faite en ce sens par le nouvel "homme fort" du Pakistan, le général Pervez Musharraf. "Le processus de désescalade a débuté", a dit le porte-parole, qui n'a pas précisé combien de temps l'opération durerait. 

    Des soldats pakistanais se sont introduits au Cachemire, selon le ministre indien de la Défense (AP, 20/9/99)
    Des soldats pakistanais se sont introduits au Cachemire pour y soutenir les séparatistes musulmans, a affirmé le ministre indien de la Défense dans un entretien publié mardi par un journal arabe. ``Depuis neuf ans, nous sommes confrontés à une guerre par procuration au Cachemire et au Jammu'', a déclaré George Fernandes à ``Al Hayat'', journal en langue arabe basé à Londres. ``Nous avons dernièrement constaté que des soldats pakistanais se sont introduits au Cachemire aux côtés'' des rebelles musulmans. Des séparatistes pro-pakistanais s'étaient emparés en mai dernier de sommets stratégiques au Cachemire, provoquant des affrontements avec l'armée indienne qui ont duré deux mois.  ``Ils vont essayer de trouver un point faible pour créer autant de problèmes que possible. La guerre n'est pas finie'', a déploré M.Fernandes. 

    Reprise des violences au Cachemire (21/7/99, Reuters)
    Une centaine de combattants musulmans ont violé le plan de retrait de la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde et 16 personnes ont été tuées dans l'état indien du Jammu en proie à l'agitation séparatiste, ont déclaré mercredi les autorités de New Delhi. L'armée indienne a repris ses tirs d'artillerie pour déloger 100 à 150 séparatites qui se retranchent toujours dans trois zones du
    secteur de Kargil. L'Inde avait annoncé le 17 juillet dernier que les combattants infiltrés de son côté de la "ligne de contrôle" divisant le Cachemire s'était totalement retirés. Ce plan de retrait signé avec Islamabad devait mettre fin à deux mois de violentes opérations militaires. Le chef d'Al-Badar, l'un des groupes séparatistes, a déclaré que son mouvement était toujours en guerre et qu'il continuerait à se battre contre la présence indienne au Cachemire. En marge des combats, l'agitation séparatiste semble se poursuivre dans l'Etat indien du Jammu-Cachemire, faisant 16 morts selon les autorités indiennes. La police rapporte notamment que deux personnes ont été tuées et 21 blessées par une grenade dans la zone de Baramulla. A Srinagar, capitale de l'Etat, quatre personnes sont mortes dans des échanges de tirs. Dans le sud, les forces paramilitaires ont affirmé avoir tué cinq militants séparatistes. A Islamabad, le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Sartaj Aziz, a demandé à l'Inde, afin de restaurer la confiance entre les deux pays, de restituer des territoires situés du côté pakistanais de la Ligne de contrôle dont elle s'est emparée depuis 1972.  De son côté, le ministre indien de la Défense, George Fernandes a averti le Pakistan que son pays ne tolérerait aucun acte de "terrorisme frontalier", rapporte l'agence PTI.

    L'Inde reprend le contrôle des zones évacuées par les combattants séparatistes au Cachemire (18/7/99, AP)
    Des milliers de soldats indiens se sont déployés dimanche sur les sommets himalayens du nord du Cachemire pour s'y assurer du retrait des combattants séparatistes musulmans, alors que le ministre indien de la Défense annonçait officiellement la fin des hostilités dans la région. L'armée indienne a confirmé avoir repris le contrôle de trois des quatres zones d'affrontements au Cachemire. Ses soldats devaient réoccuper la vallée Mushkoh, la dernière zone, dès les premières heures de lundi.  Des unités d'infanterie ont cependant signalé dimanche la présence dans cette région de quinze séparatistes. Mais le commandement sur place a minimisé l'information, estimant qu'il s'agissait d'hommes venus récupérer leurs affaires. L'Inde avait donné au Pakistan jusqu'à vendredi, puis jusqu'à samedi, pour faire évacuer le Cachemire par les combattants séparatistes. Les deux parties avaient accepté de cesser les hostilités lors de ce retrait. Le ministre de la Défense George Fernandes a déclaré tard samedi que les troupes indiennes avaient ``expulsé les intrus avec succès''. ``Cela a été une victoire coûteuse'', a-t-il ajouté. ``Une victoire qui a répandu le sang de nos courageux jawans (soldats, ndlr)''. Les deux mois de conflit au Cachemire ont fait 1.250 morts. Depuis le début, l'Inde accuse le Pakistan voisin d'avoir organisé l'intrusion de séparatistes musulmans sur son territoire. Des accusations toujours démenties par le Pakistan.

    KASHMIR : 'BACK FROM THE BRINK', BUT 'TOO SOON TO SPEAK OF PEACE' (Foreign media reaction, US Information Agency, 13/7/99)
    Analysts overseas kept a wary watch on developments in Kashmir over the past few days following the de facto cease-fire agreed to by India and Pakistan on Sunday. Observers generally credited President Clinton's personal intervention--via his talks with Pakistani Prime Minister Nawaz Sharif in Washington July 4th--with having eased the two rivals away from the brink of a third Indo-Pakistani war over the disputed territory of Kashmir. Most writers, however, cautioned that it was "still too soon to speak of peace, much less a permanent one" for Kashmir. Among the "obstacles" ahead, some analysts emphasized, was the difficulty the Pakistani premier would have in "selling" the withdrawal of the mujahideen forces from Kashmir--one of the elements of the agreement between Islamabad and New Delhi--to "extremists and fundamentalists" in his country. Others put the onus on India to alter its stance toward Kashmir, arguing that "as long as India does not give up plans to rule Kashmir like an occupied country, and as long as human rights violations in Kashmir do not stop, this trouble spot will continue to exist." A writer for Munich's centrist Sueddeutsche Zeitung held that "the Kashmir question" might well be "unresolvable, because it touches on the self-understanding of Muslim Pakistan and secular India." If so, that paper concluded, "all sides involved should try to live with it." 

    Pakistan et Inde conviennent d'un plan de retrait (11/7/99, Reuters)
    Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Sartaj Aziz, a annoncé dimanche que l'Inde et le Pakistan s'étaient mis d'accord sur un plan de retrait des combattants musulmans qui s'étaient infiltrés au Cachemire. Il a précisé lors d'une conférence de presse que les moudjahiddine (combattants de la guerre sainte) avaient commencé à se retirer d'un secteur de la région de Kargil et qu'ils évacueraient dimanche soir un autre secteur dans le cadre d'un accord de désengagement conclu entre responsables militaires. 
    "Nous avons été informés de ce que le désengagement du secteur de Kaksar, entamé hier, s'était déroulé de manière satisfaisante", a dit Aziz lors d'une conférence de presse convoquée à la hâte. 
    "Le désengagement du secteur de Mushkoh débutera ce soir. Progressivement, le désengagement se fera dans l'ensemble de la
    région". Un responsable militaire a déclaré que le processus prendrait une à deux semaines. L'accord, qui devrait mettre fin à deux mois d'hostilités, a été conclu dimanche lors d'une réunion des directeur généraux des opérations militaires des deux pays, près de Lahore, du côté indien de la frontière. A New Delhi, un porte-parole du Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a déclaré que l'armée indienne n'avait pas accepté le  terme "cessez-le-feu" dans l'accord. Il a ajouté que, selon certains renseignements restant à confirmer, les infiltrateurs pourraient avoir commencé à se retirer de la zone de Mushkoh. Interrogé sur la conclusion éventuelle d'un cessez-le-feu, Brajesh Mishra, conseiller national indien à la sécurité, a répondu que l'armée indienne n'avait "pas l'habitude de tirer dans le dos des gens". 

    Diminution des bombardements 

    Aziz et les autres responsables pakistanais n'ont pas voulu dire si les moudjahiddine se retireraient du côté pakistanais de la Ligne de contrôle divisant le Cachemire ou s'ils se redéploieraient dans d'autres zones. "Ils se disperseront", s'est contenté de dire un responsable du ministère des Affaires étrangères. "Des dispositions pour leur dispersion ont été prises". Islamabad dément que, ainsi que l'affirme New Delhi, des soldats pakistanais figurent parmi les moudjahiddine, et il assure ne donner qu'un soutien moral et politique à ceux qu'il appelle les combattants cachemiri de la liberté. L'armée indienne a multiplié les offensives au sol pour refouler les infiltrateurs musulmans et elle affirme avoir presque terminé cette tâche. Des responsables de la Défense de l'Etat indien du Jammu et Cachemire ont fait état dimanche d'une diminution d'intensité des bombardements en provenance du côté pakistanais de la ligne de contrôle. L'accord intervient une semaine après la visite à Washington du Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, où il s'était mis d'accord avec Bill Clinton pour mettre prendre "des mesures concrètes" afin de faire cesser les combats. Clinton a promis de s'impliquer personnellement pour amener l'Inde à reprendre les discussions de paix avec le Pakistan dans le cadre de la "Déclaration de Lahore" signée en février. L'Inde renâcle face à ce qu'elle ressent comme une médiation, initiative qu'elle a toujours rejetée car pour elle, le Cachemire est un problème indo-pakistanais qui doit être réglé par des discussions bilatérales. Le Conseil unifié du Djihad, alliance regroupant 15 groupes de moudjahiddine, qui a publiquement refusé d'évacuer ce qu'il considère comme la mère patrie et a promis de se battre "jusqu'à la dernière goutte de sang", n'a pas réagi dans l'immédiat à l'annonce de l'accord.

    Le Pakistan a entamé des discussions avec la guerilla islamiste (10/7/99, AFP)
    Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a eu vendredi des discussions directes avec les combattants islamistes afin de tenter de les persuader de se retirer des zones contestées au Cachemire indien pour mettre un terme aux combats, a-t-on appris samedi de sources des combattants islamistes. "Des contacts initiaux ont eu lieu et plusieurs dirigeants des moudjahidine ont rencontré le Premier ministre", a indiqué à l'AFP un commandant de la guerilla, qui a souhaité ne pas être nommé. Selon une autre source de la guerilla, la rencontre a eu lieu vendredi à Islamabad. Aucun commentaire officiel pakistanais n'a pu être obtenu dans l'immédiat. Les responsables politiques et militaires pakistanais avaient appelé vendredi les maquisards islamistes dans la partie indienne du Cachemire à aider à résoudre le conflit avec l'Inde. Cet appel, le premier du genre pour mettre fin aux combats qui font rage depuis plus de deux mois près de la Ligne de démarcation (LoC) entre l'Inde et le Pakistan au Cachemire, implique une évacuation des sommets dont les islamistes armés ont pris le contrôle en avril dans le secteur de Kargil. Un important commandant du groupe combattant Tehreek-i-Jehad a précisé à l'AFP samedi que le commandement conjoint de la guerilla se réunirait prochainement pour discuter de l'appel. Les rebelles avaient réaffirmé vendredi qu'ils rejetteraient toute demande
    de retrait. Samedi, les combats continuaient, et aucun début de retrait des combattants musulmans n'était visible, selon New Delhi. La décision d'intervenir auprès des rebelles musulmans du Cachemire fait suite aux entretiens à Washington cette semaine entre le Premier ministre pakistanais et le président Bill Clinton. Les combats au Cachemire ont commencé en mai par une vaste offensive indienne destinée à déloger les islamistes infiltrés depuis le Pakistan. Ces combattants ont établi de solides positions fortifiées du côté indien de la ligne de démarcation partageant cette région à majorité musulmane. L'Inde et le Pakistan se disputent le Cachemire depuis leur partition et leur indépendance il y a 51 ans. Selon des responsables à Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais, 13 civils ont été tués et 19 blessés vendredi et samedi près de la frontière par des tirs de mortier. Le dernier bilan pakistanais était de 96 civils tués et 265 blessés en deux mois, selon les responsables. Un porte-parole militaire pakistanais a par ailleurs affirmé que l'armée pakistanaise a repoussé deux "importantes" attaques de l'armée indienne sur la Ligne de contrôle dans le secteur de Batalik. 67 soldats indiens ont été tués, a-t-il dit. De même, a-t-il ajouté, 13 soldats pakistanais ont été tués, 17 sont blessés et 5 sont portés disparus. Des responsables militaires indiens à Kargil ont de leur côté fait état de la poursuite de bombardements par les troupes pakistanaises à la frontière. Ils ont ajouté qu'aucun signe de retrait organisé n'était visible chez les combattants islamistes. Cependant l'opposition pakistanaise continue de protester contre les discussions américano-pakistanaises du 4 juillet. Des centaines d'ouvrières du parti fondamentaliste Jamaat-i-Islami ont manifesté samedi à Islamabad, affirmant que seule la "guerre sainte" doit être utilisée contre l'Inde et que M. Sharif a "trahi".
    La principale dirigeante de l'opposition Benazir Bhutto a de son côté affirmé depuis Londres, dans un communiqué, que la gestion
    de la crise par M. Sharif était "nuisible aux intérêts pakistanais". Elle a cependant appelé à une solution négociée, avec l'aide de
    l'ONU. L'Inde aussi doit faire face à une opposition. Le chef du gouvernement du Cachemire indien Farooq Abdullah (parti pro-indien de la Conférence nationale) a ainsi demandé samedi au gouvernement de New Delhi de déclarer la guerre au Pakistan pour "complicité de terrorisme".

    Offensive indienne imminente sur le Tiger Hills au nord Cachemire
    DRASS, Inde, 2 juil 99 (AFP) - L'aviation et l'artillerie indienne ont déclenché vendredi d'intenses bombardements sur
    le nord du Cachemire, ce qui semble annoncer une offensive d'envergure contre les combattants islamistes.Ces bombardements, selon des sources militaires, sont la première étape d'une offensive terrestre programmée pour le weekend contre les positions des guerilleros dans la règion du Tiger Hills, près de la ligne de contrôle (LoC), frontière de fait entre l'Inde et le Pakistan au Cachemire.
    Cette attaque devrait, selon les mêmes sources, être décisive après sept semaines d'opérations de l'armée indienne. Le Tiger Hills domine la route stratégique entre Srinagar et Ley, point de passage obligé des troupes indiennes. Au moins 140 canons de 155 ont bombardé vendredi le pic. Des raids aèriens ont suivi, qui ont duré toute la nuit et devraient se poursuivre jusqu'au déclenchement des opérations terrestres samedi, par des appareils basés dans la règion de Drass. Quelque 200 guerilleros fortement armés seraient encore retranchés dans des bunkers sur le sommet enneigé du Tiger Hills. Selon l'Inde, des troupes pakistanaises combattraient à leurs côtés, ce qu'Islamabad a démenti. L'assaut terrestre, selon des sources militaires indiennes, devraient engager au moins trois bataillons soit quelque 3.000 hommes, dont des commandos spécialisés dans les combats en altitude.
    L'attaque principale devrait être menée à partir d'une montagne voisine, le pic 5100, repris par l'armée indienne jeudi. La nature du terrain fait craindre de lourdes pertes aux responsables indiens, qui fait état pour le moemnt de 212 morts dans ses rangs depuis le début des combats en mai dernier. Les guerilleros auraient quant à eux perdu 439 hommes au cours de la même pèriode. Au cours des derniers jours, New Delhi a rappelé que tous les guerilleros infiltrés devraient s'être retirés de l'autre côté de la LoC, avant l'ouverture de toute négociation. Les hostilités ont débuté le 9 mai, l'Inde accusant le Pakistan d'avoir infiltré les combattants islamistes et des soldats pakistanais dans le but de s'emparer du glacier du Siachen disputé par les deux pays, plus haut champ de bataille du monde à près de 7.000 m d'altitude.

    L’ARMEE INDIENNE, HERITIERE DE LA TRADITION BRITANNIQUE (2/7/99)

    La scène se passe en 1948, quelque part sur la ligne de Contrôle qui sépare le Cachemire indien du Cachemire pakistanais. Six mois plus tôt, les Pakistanais ont envahi le Cachemire, quand ils ont compris que le maharaja hindou allait rattacher cet état à l’Inde, alors que sa vallée avait une majorité musulmane, qui aurait dû lui revenir dans la folle logique de la partition du sous-continent. Depuis, l’armée indienne a repris du terrain et il ne reste plus au Pakistan qu’un tiers du Cachemire. Les Nations Unies viennent péniblement d’obtenir un cessez-le-feu entre les deux frères ennemis qui se disputent cet état idyllique qu’on a
    quelquefois appelé "la Suisse des Himalaya". Le major indien Zoru et ses hommes, ont d’ailleurs repris la veille une crête aux Pakistanais. La bataille a été âpre, sanglante, sans pitié; et le Colonel de l’ONU qui doit superviser le cessez-le-feu dans cette zone
    particulière, appréhende la rencontre traditionnelle entre les officiers indiens et pakistanais. Mais sous les yeux ébahis du colonel finlandais, le major Zoru et son homologue pakistanais, qui viennent de se battre à mort pendant des mois, se tombent dans les bras l’un de l’autre en pleurant. "Nous avons fait Sandhurst (école militaire anglaise) ensemble", expliquera laconiquement plus tard le Major Zoru au colonel.

    Les armées indienne et pakistanaise, qui se sont fait trois fois la guerre depuis leur indépendance de 1947, et seraient sur le point d’en entreprendre une quatrième - nucléaire peut-être - et toujours au sujet du Cachemire, partagent en effet la même tradition martiale britannique. Et cinquante et un ans plus tard, au poste frontière de Wagah, seul point de passage terrestre entre l’Inde et  le Pakistan, les deux traditionnels adversaires rejouent tous les soirs, pour le plus grand plaisir des badauds, le spectacle de leur grande pompe martiale. Au pas de l’oie, en grand uniforme, médaillés, sanglés, bardés de cartouches, les soldats des deux pays s’affrontent du regard de chaque côté de leurs barrières, et hurlent à qui mieux-mieux, avant de baisser les couleurs pour la nuit.

    Pour le Lieutenant Général Bakshi, l’officier le plus décoré de l’armée indienne, le plus précieux héritage de l’armée anglaise en Inde, c’est la laïcité. "Lorsque nous nous sommes battus aux côtés des Anglais contre les Japonais en Birmanie pendant la deuxième guerre mondiale, on trouvait aussi bien des officiers indiens qui commandaient à des Anglais, que le contraire. Aujourd’hui, continue-t-il, cette tradition dans notre armée a perduré, car quelles que soient la caste, la race ou la religion de nos soldats, il sont tous égaux et ont chacun accès aux mêmes postes". Autre legs britannique : la discipline, dans le pays le plus
    indiscipliné du monde ! "L’armée indienne a toujours été subordonnée au pouvoir politique, explique toujours le Général Bakshi et nous n’avons jamais discuté les ordres. Durant la guerre indo-pakistanaise de 1965, par exemple, nous avons eu rapidement le dessus et nous étions au portes de Lahore, lorsque le traité de Tashkent nous obligea à rendre tout le territoire conquis… Nous l’avons fait la mort dans l’âme, mais nous l’avons fait". Le Général pense que cette esprit de discipline existe toujours : "aujourd’hui,  nous devons nous battre à Kargil une main liée dans le dos, car le gouvernement indien ne nous autorise pas à franchir la Ligne de Contrôle du côté pakistanais, afin de pouvoir couper les militants de leurs arrières. Encore une fois nous ne bronchons pas, même si cela nous coûte très cher en vies humaines, car l’ennemi nous surplombe".
    En est-il de même du côté pakistanais ? Le Général Bakshi hésite… "Pendant longtemps, je suis resté en contact avec les officiers pakistanais avec qui j’avais servi sous les Anglais; mais depuis quelque temps, les relations se sont taries. Je crois que l’armée pakistanaise s’est malheureusement islamisée, ce qui explique son fanatisme d’aujourd’hui, qui l’a poussée à concocter l’intrusion de Kargil pendant que notre Premier Ministre allait serrer la main au leur à Lahore. J’en veux également pour preuve les corps de nos soldats qui nous ont été rendus par les Pakistanais : on leur avait arraché les yeux, coupé le nez et les oreilles, on les avait châtrés. Nous avons d’ailleurs montré les corps à la Croix Rouge". Le Général se tait et s’enferme dans ses souvenirs.

    "Kshatriya". Ce mot était magique dans l’Inde d’antan. Il voulait dire: "guerrier", de la caste des guerriers. La caste des kshatriyas était la plus prestigieuse, plus même que celle des brahmanes, car c’était celle dont était issus les maharajas et les princes, qui avaient tâche de défendre les intérêts de leurs royaumes contre l’envahisseur. Elle a donné à l’Inde de prestigieux guerriers : Shivaji, qui au 17ème siècle combattit seul contre les moghols; les fiers Rajputs du Rajasthan, qui à Chittor se jetèrent avec femmes et enfants dans un immense brasier, plutôt que de se faire vivants prendre par les musulmans; la maharani de Jhansi, Jeanne d’Arc des Indes, qui combattit à cheval contre les Anglais et mourut l’épée à la main. Les kshatriyas  représentaient ce qu’il y avait de plus noble, de plus désintéressé dans les Indes prébritanniques. Mais que reste-t-il de cet esprit-là dans l’Inde moderne?
    Le jeune capitaine Ranjeev, qui s’occupe de relations avec la Presse à Kargil, la ville qui se situe à mi-chemin de Leh à quelques kilomètres de la Ligne de Contrôle, et est bombardée jour et nuit par les Pakistanais, appartient justement à  la caste des Kshatriyas. Il est sûr de lui, parle Anglais couramment, et répond à plusieurs téléphones à la fois, pendant que de l’autre main il surfe le Net. "L’armée indienne est la seule aujourd’hui à incarner les vertus désintéressées des kshatriyas, affirme-t-il - d’ailleurs, regardez le nombre officiers indiens qui sont tués en ce moment dans la bataille pour la ligne de Contrôle, car lors des
    assauts, il sont toujours devant leurs hommes"

    FRANCOIS GAUTIER

    L’ARMEE INDIENNE AU CACHEMIRE, LE POINT DE VUE DES SOCIALISTES (2/7/99)

    Jaya Jaitley, 45 ans, est Secrétaire Générale du Samata Party, le parti socialiste qui fait partie de la coalition au pouvoir et dont George Fernandes, le Ministre de la Défense est le Président. Mme Jaitley a fait des études de littérature française, aime Camus et Proust et son fils est marié à une Française. Elle a passé 15 ans au Cachemire, où son mari, Ashok Jaitley était le numéro un de l’administration indienne (et l’est toujours), mais contrairement aux autres Indiens, Jaya (et "George") ne mâchent pas leurs mots quant à la responsabilité de l’armée indienne dans l’imbroglio kashmiri.

    Q.  Vous accusez l’armée indienne d’avoir eu la main lourde au Cachemire…
    R.   Pendant longtemps, les soldats indiens, qui sont arrivés en 1947 pour repousser les Pakistanais, se sont conduits là-bas comme une armée d’occupation. Ils entraient dans les maisons des Kashmiris, emmenaient les hommes, violaient quelquefois leurs femmes... Ce n’est qu’à partir du début des années 80 qu’il y eut un réel effort de meilleure conduite. Je dois ajouter que sous la pression de l’armée, le parti du Congrès a constamment truqué les élections au Cachemire. Quant aux gouverneurs indiens, tel M. Jagmohan, ils étaient souvent haïs des musulmans
    Q. Et les Kashmiris Pandits, c’est à dire les Hindous du Cachemire ?
    R.  Il est vrai qu’il y en avait un million au début du siècle et à peine quelques centaines aujourd’hui - des villages entiers ont été massacrés… mais je dois dire qu’ils n’avaient rien fait pour s’attirer l’affection des Musulmans. Car avant l’avènement des militants, les Hindous du Cachemire détenaient tous les postes-clé de cet état, possédaient toutes les industries et ils faisaient montre d’une arrogance souvent impardonnable envers leurs frères musulmans.
    S.  Comment cela se faisait-il que les Musulmans n’avaient pas accès aux postes importants ?
    T.  (Elle hésite)… Du temps des Anglais, leurs mollahs ne les encourageaient pas à étudier… et il est vrai que le Cachemire est un état si beau, si fertile, où tout pousse si facilement, que cela engendré une certaine paresse, un laisser-aller de la part des
    autochtones, alors que les Indiens non-kashmiris, qui viennent souvent des plaines, ont étudié dans des écoles anglaises - souvent catholiques - depuis plusieurs générations.
    Q. Alors quelle est la solution au Cachemire ?
    R. Le musulman du cachemire est spontanément quelqu’un de doux, de non-violent - c’est de notre faute si certains ont fini par prendre les armes. Il est indéniable cependant que le mouvement a été radicalisé par la présence du Pakistan et des moudjahidin afghans. Mais si l’Inde est capable de restaurer l’influx du tourisme, vital pour le Cachemire et d’y organiser des élections libres, je suis sûre que la paix pourra revenir dans cet état où j’ai laissé un peu de mon coeur.

    Propos recueillis à New Delhi par François Gautier

    L’AFFAIRE DES MIRAGE (François Gautier, correspondant au Figaro, 2/7/99)

    L’affaire des Mirage continue à faire du bruit en Inde. L’interview du Ministre de la Défense indien, M. George Fernandes, demandant à la France de ne pas livrer les huit Mirage et le sous-marin Agusta au Pakistan dans la conjoncture actuelle, a été publié par le Figaro alors que le Secrétaire d’Etat indien aux Affaires Etrangères, M. Ragunathan, se trouvait à Paris pour convaincre la France de l’agression pakistanaise. Il existe un monde en Inde entre les top bureaucrates suaves et cravatés de l’Indian Civil Service, l’équivalent de l’ENA, et George Fernandes, un Ministre de la Défense, pas très orthodoxe, toujours en "pyjama-kurta"(pantalon et  tunique) de coton froissé et qui n’a pas peur des mots. Bref, la France est semble-t-il offensée par le franc parler de M. Fernandes (et par celui du Figaro, puisque l’ambassade de France à New Delhi a refusé de répondre aux coups de fils de son correspondant) et les diplomates indiens se sont efforcés hier de minimiser l’incident, en affirmant "qu’effectivement le contrat signé avec le Pakistan était ancien et que l’Inde n’y attachait pas une importance démesurée". Il n’en reste pas moins que certains observateurs
    politiques de la capitale se demandaient pourquoi la France n’a pas attendu deux semaines de plus, sous quelque prétexte technique, avant d’annoncer qu’elle allait livrer les Mirage au Pakistan. C’est ce qu’explique  Anil Monga, un analyste de la capitale: "Non seulement la France arme une nation connue pour son intégrisme, mais en plus, ce n’est pas du bon business, car le Pakistan est un tout petit pays, alors que l’Inde est potentiellement un énorme client pour la France. Le marché des Airbus, par exemple, n’est pas négligeable, car Air India et Indian  Airlines sont sur le point de renouveler toute leur flotte."
    F. G.

    CACHEMIRE : LA GUERRE DES MOTS (François Gautier, correspondant au Figaro, 27/6/99)

    On se prépare de plus en plus en Inde à une éventuelle guerre avec le Pakistan au sujet du Cachemire. Les journaux ne parlent que de cela : "nous pouvons quand nous le voulons pénétrer au Cachemire pakistanais " titrait hier le quotidien ‘Hindu’. Tous les généraux à la retraite de l’armée indienne y vont de leurs conseils : "une frappe nucléaire préventive n’est pas exclue", déclarait avant hier le Général Sharma, ancien Chef d’Etat Major de l’armée. Et une ferveur patriotique s’est saisie du pays : la télévision retransmet en direct les crémations des ‘héros’, morts au Front; l’armée refuse des dizaines milliers de litres de sang donnés
    par des volontaires; et des compagnies, telle Aiwa, font du marketing intelligent en contribuant cent roupies à l’armée pour chaque télévision vendue.
    Rappelons que le mois dernier, des séparatistes, qui revendiquent l’indépendance du Cachemire indien, dont la vallée est à majorité musulmane, se saisissaient à la faveur de la fonte des neiges, des hauteurs du côté indien qui surplombent la route stratégique qui relie Srinagar à Leh, seul axe indien pour approvisionner le front du glacier du Siachen plus au nord, le plus
    haut champ de bataille du monde à près de 7.000 m,. Surpris les Indiens déclenchaient une offensive à tout azimut, qui n’a pas encore porté tous ses fruits.
    Sur le front, l’armée indienne, semble cependant progresser après plus de six semaines de combats : elle a repris plusieurs pics situés à près de 5000 mètres d’altitude, où s’étaient retranchés les militants; et les soldats indiens se rapprochent de plus en plus de la Ligne de Contrôle, derrière laquelle l’armée pakistanaise aurait, selon des sources russes, amassé plus de 20.000 hommes. Mais c’est une guerre laborieuse et sanglante, qui aurait fait officiellement 165 morts et 322 blessés du côté indien (et le double officieusement); les soldats indiens doivent grimper dans la neige sous le feu ennemi, qui s’est retranché dans des bunkers et est extrêmement bien armé; les tirs d’artillerie sont souvent aveugles et font plus de bruit que de mal; et après plus d’un mois de bombardements des Mig indiens, les ‘terroristes’ n’ont pas tous été délogés. 
    Mais en dehors de cette guerre très limitée, car elle se passe à des milliers de kilomètres de Madras, par exemple, la capitale du Sud, on se fait surtout  la guerre des mots. Lors du dernier sommet G-8, les deux frères ennemis ont rivalisé d’effort pour démontrer qu’ils avaient reçu l’approbation des Grands Sages Blancs : "l’Occident nous a donné raison, car il a demandé aux militants de se retirer au delà de la Ligne de Contrôle pakistanaise", a claironné l’Inde; ""nous avons gagné, car le G-8 a exigé que l’Inde négocie avec nous", a rétorqué le Pakistan ! Et pourtant il semble bien que l’Inde soit en train de gagner cette guerre de l’Information.  En effet, New Delhi, qui n’a cessé d’affirmer depuis le début des hostilités que la majorité des séparatistes étaient des soldats pakistanais et des moudjahidin afghans… semblerait avoir raison. Ceci a été confirmé par de nombreux services
    secrets étrangers - dont celui des Américains - et c’est pourquoi le Président Clinton, lors d’une conversation téléphonique avec le Premier Ministre pakistanais, Nawaz Sharif, lui a spécifiquement demandé d’ordonner le retrait des ‘infiltrés’ au Cachemire indien. Du coup, New Delhi joue à fond la carte de l’intégrisme musulman en Asie du Sud et la lutte contre une "extension du syndrome afghan".. "Le Pakistan sponsorise le terrorisme international", accuse le Gouverneur du cachemire (voir interview); et Le ministre indien de l'Intérieur L.K. Advani a qualifié le Pakistan "d’Etat malfaisant et irresponsable", affirmant ne pouvoir exclure une
    quatrième guerre indo-pakistanaise.
    Ce qui inquiète de surcroît les Aémricains, c’est que le Pakistan serait au bord de la faillite et ne disposerait plus que d’un mois de réserves de devises. Le chef du Commandement central américain, le général Anthony Zinni, et un haut responsable du département d'Etat, Gibson Lanpher étaient hier à Islamabad pour rencontrer les dirigeants pakistanais (et se rendront aujourd’hui en Inde). On ne doute pas que des prêts du F.M.I. et une aide du Fonds Monétaire International serviront de carotte pour tenter de faire entendre raison aux Pakistanais. Mais Islamabad écoutera-t-il ? "Durant les 50 ans de son indépendance, tous les hommes politiques du Pakistan ont fait du rattachement du Cachemire leur cheval de bataille et le peuple ne pardonnerait pas à Nawaz
    Sharif de faire marche arrière", estime un observateur politique. Reste alors la possibilité d’une guerre. Mais un conflit conventionnel avec l’Inde ruinerait rapidement le Pakistan. D’où la tentation d’une guerre nucléaire - le ministre pakistanais des Affaires Etrangères n’a-t-il pas averti "que nous utiliserons TOUTES les armes nécessaires en cas de conflit avec
    l’Inde"...
    FRANCOIS GAUTIER

    UNE INTERVIEW DU GOUVERNEUR DU CACHEMIRE (FRANCOIS GAUTIER, 24/6/99)

    Dans son palais de Srinagar, qui surplombe le merveilleux lac Dal, Girish Chandra Saxena, gouverneur du Cachemire, qui fut Chef des Services secrets indiens (RAW), a reçu le Figaro pour une interview exclusive. 
    Q.  Vous accusez le Pakistan d’avoir créé et nourri l’intégrisme musulman au Cachemire…
    R.  C’est Markaz Dawat ul Irshad, un Pakistanais, qui a fondé le mouvement Harkat  ul Ansar, qui fut responsable de l’enlèvement de cinq touristes étrangers au Cachemire, qui sont aujourd’hui présumés morts. Depuis, les Etats Unis ont mis ce groupuscule sur la listes de organisation terroristes, mais cela ne l’a pas empêché de renaître sous le nom de Al Faran, qui a des liens étroits avec l’ISI, les services secrets de l’armée pakistanaise, les Taliban, ainsi qu’avec Bin Laden. D’ailleurs, lorsque les Américains bombardèrent les camps de Bin Laden en Afghanistan, de nombreux militants d’Al Faran y trouvèrent la mort. Les groupuscules pakistanais qui nous combattent au Cachemire:  le Hizb-ul Mujahideen, le Tehrik-ul Mujahideen, le Tehrik-i-Jihad, le Lashkar-i-Tayyaba,  l’Al-Badar, ou le Harkat-ul Ansar, envoient également de nombreux mercenaires au Kosovo, en Palestine, ou même aux Etats Unis, témoin l’attenat du World Trade Center, pour des opérations terroristes. Ces groupuscules sont non seulement soutenus par le Pakistan, mais ils reçoivent aussi des fonds de l’Arabie Saoudite et des expatriés musulmans de par le monde.
    Q.  Ne nous dites pas que le séparatisme kashmiri est uniquement composé d’étrangers…
    R.  Non, mais les premiers mouvements séparatistes du Cachemire, tel le Front de Libération du Cachemire (JKLF), ont été complètement marginalisés par les groupuscules sponsorisés par le Pakistan. Aujourd’hui, seulement 40% des militants séparatistes sont kahmiris - et en plus, ils jouent des rôles secondaires: courriers, ravitaillements etc. Par contre, ils sont
    encadrés par des moudjahidin afghans et des soldats pakistanais, pour qui le Cachemire constitue la dernière djihad. D’ailleurs, les pertes ennemies confirment ces chiffres: sur les 1000 militants que nous avons tués l’année dernière, 320 étaient des étrangers.
     Q. Vous dites que ces groupuscules sont antiaméricains. Pourtant les Etats Unis ne soutiennent-ils pas le Pakistan ?
    R. Les Américains font l’erreur de diviser le monde musulman en deux : les états musulmans ‘durs’ - l’Irak, l’Iran, le Soudan etc. Et les ‘bons’ états musulmans - le Pakistan, l’Egypte, l’Arabie Saoudite… C’est une stratégie très simpliste, car dans des pays comme le Pakistan ou l’Egypte, l’antiaméricanisme est à fleur de peau et à la moindre étincelle, il éclate ! De plus, l’US se désintéresse du fondamentalisme musulman quand il est loin : au Sinkiang ou au Cachemire, par exemple. Grossière erreur : aujourd’hui les Stinger distribués par les Américains aux Afghans pour se débarrasser des Soviétiques, sont utilisés contre nous
    au Cachemire et ont descendu trois de nos appareils.
    Q. On accuse votre gouvernement d’être antimusulman…
    R. L’Inde est un pays démocratique depuis 50 ans  et il y a 130 millions de musulmans ici -plus qu’au Pakistan -  qui ont choisi de rester à l’indépendance et qui vivent en paix. On ne peut pas en dire autant de pays islamiques voisins, où les Hindous sont toujours persécutés. Il y avait d’ailleurs un million d’Hindous au Cachemire au début du siècle - et aujourd’hui à peine quelques centaines - car comme en Algérie, des villages entiers ont été massacrés par les intégristes. Nous avons eu deux Présidents musulmans, un Chef de l’Armée de l’Air musulman, un Secrétaire d’Etat musulman; et l’architecte de notre programme nucléaire et balistique, Abdul Kalam, est un musulman - c’est lui qui connaît tous nos secrets ! Pourquoi ne comprenez vous donc pas que l’Inde est un rempart démocratique proccidental en Asie, et que nous sommes entourés de nations islamiques hostiles : ’Afghanistan, le Pakistan, certaines ex républiques d’URSS, le Sinkiang chinois, un jour peut-être. Voulez vous donc que
    le Cachemire se joigne à eux ? Nous sommes si seuls dans notre lutte !
    PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOIS GAUTIER A SRINAGAR
     


     
    Le Cachemire
    (source : AFP 16/3/2000)

    Longtemps considéré comme un paradis touristique pour son climat et la beauté de ses paysages, le Cachemire enclavé au coeur de l'Asie du sud, constitue un foyer de tensions quasi-permanent entre l'Inde et le Pakistan qui se sont déjà livré deux guerres pour ce petit Etat himalayen.

    Etat princier inclus dans l'empire britannique jusqu'à l'indépendance et la partition en 1947, il a été divisé entre l'Inde qui en administre les deux tiers, les plus prospères, et le Pakistan le tiers montagneux. La Chine contrôle le district d'Aksai Chin, au nord-est (37.555 km2), et l'Afghanistan en borde l'extrémité nord. 

    POPULATION: quelque treize millions sur 222.000 km2: environ huit millions dans la partie indienne (100.000 km2) et cinq millions du côté pakistanais (79. 000 km2).

    RELIGION: 64% de musulmans dans la partie indienne et 100% de musulmans, sunnites pour la plupart, du côté pakistanais. 

    LANGUE: Surtout le cachemiri. La langue officielle est l'ourdou.

    CAPITALES: au Jammu-et-Cachemire indien, Srinagar en été, et Jammu en hiver. Au cachemire pakistanais: Muzaffarabad.

     Depuis 1989, la partie indienne du Cachemire est le théâtre d'une insurrection séparatiste musulmane qui a fait au moins 25.000 morts (60.000, selon les séparatistes). En 1999, une nouvelle guerre formelle est évitée de justesse mais la lutte indienne contre les islamistes "infiltrés" dans le nord fait plus de mille morts en deux mois (mai-juillet). Delhi dénonce un soutien militaire et financier d'Islamabad à la guerilla et exige son retrait pour reprendre le dialogue. Le Pakistan ne reconnaît qu'un appui "moral, politique et diplomatique".

     A quelques jours de l'arrivée, lundi, du président Clinton dans la région, la situation est particulièrement tendue et les risques d'escalade d'autant plus sérieux que les frères ennemis ont prouvé leur puissance nucléaire, en mai 1998.

    HISTOIRE: terre hindoue et bouddhiste depuis le 3ème siècle avant JC, le Cachemire se convertit majoritairement à l'Islam au XIV ème siècle et tombe sous la coupe des Mogols (XVIème siècle), des Afghans (XVIII ème), des Sikhs puis des Britanniques (XIXème). Au début du XIXème siècle, le Sikh Gulab Singh fonde une dynastie de maharadjahs hindous qui, aux termes d'un traité avec les Britanniques en 1846, gouvernent de façon relativement autonome sur 218.000 km2. Cet ensemble relativement hétérogène a pour coeur la vallée du Cachemire.

     En 1947, confronté à l'incursion de tribus pathanes soutenues par le Pakistan, le maharadjah Hari Singh doit faire appel aux troupes de Delhi et, en octobre, signe avec Lord Mountbatten, dernier vice-roi des Indes, son adhésion à l'union indienne.

     Une première guerre entre le Pakistan et l'Inde s'achève le 1er janvier 1949 par un cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU, qui divise le Cachemire en deux parties: 37% pour le Pakistan (l'Azad Cachemire, Cachemire libre) et 63% pour l'Inde (le Jammu-et-Cachemire, la région la plus prospère). Des résolutions de l'ONU prévoient un référendum, jamais organisé.

     En août 1965, le Cachemire donne lieu à une seconde guerre indo-pakistanaise jusqu'à un cessez-le-feu négocié par l'URSS.

     En septembre 1996, les premières élections provinciales depuis sept ans, ont donné la victoire à la Conférence Nationale, favorable au maintien du Cachemire au sein de l'union indienne.

    Cachemire: La rivalité indo-pakistanaise (CHRONOLOGIE)
       NEW DELHI, 26 mai 99(AFP) - Le Cachemire, où l'aviation indienne est entrée en action mercredi alors que s'y déroulent de violents affrontements, est un foyer de tension permanent entre l'Inde et le Pakistan.   Cette région himalayenne divisée entre les deux pays depuis leur partition il y a 52 ans, est en proie à une insurrection séparatiste musulmane, qui a fait plus de 25.000 morts depuis fin 1989. L'Inde accuse le Pakistan d'entraîner et de financer la rébellion.

       - 1947: L'Inde britannique s'émancipe de la domination coloniale et donne naissance à deux Etats: L'Inde majoritairement hindoue et le Pakistan majoritairement musulman.

       - 1947/48: Première guerre indo-pakistanaise à l'automne 1947 à propos du Cachemire où une dynastie hindoue régnait sur une majorité musulmane. Elle s'achève le 1er janvier 1949 par un cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU, et la division du Cachemire en deux parties: l'Azad-Cachemire, sous contrôle pakistanais, et le Jammu-et-Cachemire sous celui de New Delhi.   Des résolutions de l'ONU prévoient un référendum d'autodétermination qui n'aura pas lieu.

       - août 1965: Seconde guerre entre l'Inde et le Pakistan à propos du Cachemire.

       - juillet 1972: Après une 3ème guerre en 1971 (scission du Pakistan et création du Bangladesh), les deux pays signent un accord prévoyant qu'ils règleront leurs différends, dont celui du Cachemire, sans intervention de tierces parties.

      - décembre 1989: Couvre-feu dans 14 villes du Jammu-et-Cachemire, où des troubles marquent le début de l'insurrection musulmane.

       - 1990-
       - 19 janvier: Le Jammu-et-Cachemire est placé sous administration directe de New Delhi.
       - 21 mai: Une centaine de morts lors de manifestations provoquées par l'assassinat à Srinagar, capitale d'été du Cachemire, d'un religieux musulman.
       - 1991-
       - 2 septembre: Cessez-le-feu après des affrontements ayant fait plus de 50 morts en une semaine.
       - 1992-
       - 3 septembre: L'Inde et le Pakistan, réunis au sommet des non-alignés à Jakarta, s'engagent à "régler par la voie des
    négociations" le contentieux du Cachemire.

       - 1993-
       - 22 octobre: Plus de 50 morts à Bijbihara lorsque les forces de sécurité indiennes tirent sur des manifestants qui tentaient de marcher sur la mosquée d'Hazratbal (principal lieu saint islamique du Cachemire), à Srinagar, où sont retranchés des militants musulmans. Ces derniers se rendront le 16 novembre après un mois de siège.

       - 1996-
       - septembre: Premières élections régionales en sept ans au Cachemire: victoire d'un parti favorable au maintien de cet état au sein de l'Union indienne.

       -1997-
       - 28 mars: Premiers pourparlers officiels indo-pakistanais à New Delhi depuis trois ans.

       -1998-
       - mai: Le Pakistan répond à cinq essais nucléaires indiens en effectuant six explosions atomiques.
       - 31 juillet: Echec d'une rencontre indo-pakistanaise à Colombo sur la question du Cachemire.
       - début août: Des affrontements au Cachemire font près de 100 morts en cinq jours.

       -1999-
       20/21 février: Le Premier ministre nationaliste indien (hindou), Atal Behari Vajpayee, et son homologue pakistanais, Nawaz Sharif, affirment leur volonté de réduire le risque de conflit nucléaire et décident d'intensifier leurs efforts pour résoudre la crise du Cachemire, lors d'un sommet à Lahore.
       11/16 avril: L'Inde procède à deux tirs de missiles balistiques auxquels le Pakistan répond par deux essais de même type.
       - 26 mai: L'aviation indienne entre en action au Cachemire après plus de deux semaines d'affrontements.

    Peace Agreements : India-Pakistan 
        Lahore Declaration | Joint Statement | Memorandum of Understanding

    THE LAHORE DECLARATION

     The following is the text of the Lahore Declaration signed by the Prime Minister, Mr. A. B. Vajpayee, and the Pakistan Prime Minister, Mr. Nawaz Sharif, in Lahore on Sunday:

     The Prime Ministers of the Republic of India and the Islamic Republic of Pakistan: 

     Sharing a vision of peace and stability between their countries, and of progress and  prosperity for their peoples; 

     Convinced that durable peace and development of harmonious relations and friendly cooperation will serve the vital interests of the peoples of the two countries, enabling  them to devote their energies for a better future; 

     Recognising that the nuclear dimension of the security environment of the two countries adds to their responsibility for avoidance of conflict between the two countries; 

     Committed to the principles and purposes of the Charter of the United Nations, and the universally accepted principles of peaceful co- existence; 

     Reiterating the determination of both countries to implementing the Simla Agreement in letter and spirit; 

     Committed to the objective of universal nuclear disarmament and non-proliferartion; 

     Convinced of the importance of mutually agreed confidence building measures for improving the security environment; 

     Recalling their agreement of 23rd September, 1998, that an environment of peace and security is in the supreme national interest of both sides and that the resolution of all outstanding issues, including Jammu and Kashmir, is essential for this purpose;

     Have agreed that their respective Governments: 

     shall intensify their efforts to resolve all issues, including the issue of Jammu and Kashmir. 

     shall refrain from intervention and interference in each other's internal affairs. 

     shall intensify their composite and integrated dialogue process for an early and positive outcome of the agreed bilateral agenda. 

     shall take immediate steps for reducing the risk of accidental or unauthorised use of nuclear weapons and discuss concepts and doctrines with a view to elaborating measures for confidence building in the nuclear and conventional fields, aimed at prevention of conflict. 

     reaffirm their commitment to the goals and objectives of SAARC and to concert their efforts towards the realisation of the SAARC vision for the year 2000 and beyond with a view to promoting the welfare of the peoples of South Asia and to improve their quality of life through accelerated economic growth, social progress and cultural development. 

     reaffirm their condemnation of terrorism in all its forms and manifestations and their determination to combat this menace. 

     shall promote and protect all human rights and fundamental freedoms. 

     Signed at Lahore on the 21st day of February 1999. 

     Atal Behari Vajpayee - Prime Minister of the Republic of India 

     Muhammad Nawaz Sharif - Prime Minister of the Islamic Republic of Pakistan 


    Joint statement

     The following is the text of the Joint Statement issued at the end of the Prime Minister, Mr. A. B. Vajpayee's visit to Lahore:

     In response to an invitation by the Prime Minister of Pakistan, Mr. Muhammad Nawaz Sharif, the Prime Minister of India, Shri Atal Behari Vajpayee, visited Pakistan from 20-21 February, 1999, on the inaugural run of the Delhi-Lahore bus service. 

     2. The Prime Minister of Pakistan received the Indian Prime Minister at the Wagah border on 20th February 1999. A banquet in honour of the Indian Prime Minister and his delegation was hosted by the Prime Minister of Pakistan at Lahore Fort, on the same
     evening. Prime Minister, Atal Behari Vajpayee, visited Minar-e- Pakistan, Mausoleum of Allama Iqabal, Gurudawara Dera Sahib and Samadhi of Maharaja Ranjeet Singh. On 21st February, a civic reception was held in honour of the visiting Prime Minister at the Governor's House. 

     3. The two leaders held discussions on the entire range of bilateral relations, regional cooperation within SAARC, and issues of international concern. They decided that: 

          (a) The two Foreign Ministers will meet periodically to discuss all issues of mutual concern, including nuclear related issues.

          (b) The two sides shall undertake consultations on WTO related issues with a view to coordinating their respective positions. 

          (c) The two sides shall determine areas of cooperation in Information Technology, in particular for tackling the problems of Y2K. 

          (d) The two sides will hold consultations with a view to further liberalising the visa and travel regime.

          (e) The two sides shall appoint a two member committee at ministerial level to examine humanitarian issues relating to Civilian detainees and missing POWs. 

     4. They expressed satisfaction on the commencement of a Bus Service between Lahore and New Delhi, the release of fishermen and civilian detainees and the renewal of contacts in the field of sports. 

     5. Pursuant to the directive given by the two Prime Ministers, the Foreign Secretaries of Pakistan and India signed a Memorandum of Understanding on 21st February 1999, identifying measures aimed at promoting an environment of peace and security between the two countries. 

     6. The two Prime Ministers signed the Lahore Declaration embodying their shared vision of peace and stability between their countries and of progress and prosperity for their peoples. 

     7. Prime Minister, Atal Behari Vajpayee extended an invitation to Prime Minister, Muhammad Nawaz Sharif, to visit India on mutually convenient dates. 

     8. Prime Minister, Atal Behari Vajpayee, thanked Prime Minister, Muhammad Nawaz Sharif, for the warm welcome and gracious hospitality extended to him and members of his delegation and for the excellent arrangements made for his visit. 

     Lahore, 

     February 21, 1999. 


    Memorandum of Understanding

     The following is the text of the Memorandum of Understanding signed by the Foreign Secretary, Mr. K. Raghunath, and the Pakistan Foreign Secretary, Mr. Shamshad Ahmad, in Lahore on Sunday: 

     The Foreign Secretaries of India and Pakistan:- 

     Reaffirming the continued commitment of their respective governments to the principles and purposes of the U.N. Charter; 

     Reiterating the determination of both countries to implementing the Shimla Agreement in letter and spirit; 

     Guided by the agreement between their Prime Ministers of 23rd September 1998 that an environment of peace and security is in the supreme national interest of both sides and that resolution of all outstanding issues, including Jammu and Kashmir, is
     essential for this purpose; 

     Pursuant to the directive given by their respective Prime Ministers in Lahore, to adopt measures for promoting a stable environment of peace, and security between the two countries;

     Have on this day, agreed to the following:- 

     1. The two sides shall engage in bilateral consultations on security concepts, and nuclear doctrines, with a view to developing measures for confidence building in the nuclear and coventional fields, aimed at avoidance of conflict. 

     2. The two sides undertake to provide each other with advance notification in respect of ballistic missile flight tests, and shall conclude a bilateral agreement in this regard. 

     3. The two sides are fully committed to undertaking national measures to reducing the risks of accidential or unauthorised use of nuclear weapons under their respective control. The two sides further undertake to notify each, other immediately in the event of
     any accidential, unauthorised or unexplained incident that could create the risk of a fallout with adverse consequences for both sides, or an outbreak of a nuclear war between the two countries, as well as to adopt measures aimed at diminishing the
     possibility of such actions, or such incidents being misinterpreted by the other. The two side shall identify/establish the appropriate communication mechanism for this purpose. 

     4. The two sides shall continue to abide by their respective unilateral moratorium on conducting further nuclear test explosions unless either side, in exercise of its national sovereignty decides that extraordinary events have jeopardised its supreme interests. 

     5. The two sides shall conclude an agreement on prevention of incidents at sea in order to ensure safety of navigation by naval vessels, and aircraft belonging to the two sides. 

     6. The two sides shall periodically review the implementation of existing Confidence Building Measures (CBMs) and where necessary, set up appropriate consultative mechanisms to monitor and ensure effective implementation of these CBMs. 

     7. The two sides shall undertake a review of the existing communication links (e.g. between the respective Directors- General, Military Operations) with a view to upgrading and improving these links, and to provide for fail-safe and secure communications. 

     8. The two sides shall engage in bilateral consultations on security, disarmament and non-proliferation issues within the context of negotiations on these issues in multilateral fora. 

     Where required, the technical details of the above measures will be worked out by experts of the two sides in meetings to be held on mutually agreed dates, before mid 1999, with a view to reaching bilateral agreements. 

     Done at Lahore on 21st February 1999 in the presence of Prime Minister of India, Mr. Atal Behari Vajpayee, and Prime Minister of Pakistan, Mr. Muhammad Nawaz Sharif. 

     (K. Raghunath) 
     Foreign Secretary of the Republic of India 

     (Shamshad Ahmad) 
     Foreign Secretary of the Islamic Republic of Pakistan



    Posted by USIP Library on: February 23 1999
    Source URL : http://www.usip.org/library/pa/ip/ip_lahore19990221.html#js

    Source Name: Ministry of External Relations, Republic of India
    Source URL: http://www.meadev.gov.in/govt/lahore.htm

    Additional Source Name: Ministry of Foreign Affairs, Islamic Republic of Pakistan
    Addional Source URL:http://www.pak.gov.pk/govt/indiapak-talks.html#3